Égypte: le commissariat central et le siège du gouvernorat de Port-Saïd incendiés

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Funérailles, lundi 4 mars des manifestants tués lors des affrontements de dimanche 3 mars à Port Saïd (Photo: facebook.com/RevSoc.PTS)
Funérailles des manifestants tués lors des affrontements de dimanche 3 mars à Port Saïd (Photo: RevSoc.PTS/Facebook)

À Port-Saïd, une partie du bâtiment abritant les forces de sécurité, ainsi que le siège du gouvernorat ont été incendiés dans la nuit de dimanche à lundi par des manifestants qui ont lancé des cocktails Molotov contre les deux bâtiments.

Des milliers de personnes ont aussi participé lundi 4 mars aux funérailles de trois manifestants, tués la veille à Port-Saïd, lançant des slogans hostiles aux autorités et au président islamiste Mohamed Morsi, comme le désormais célèbre « dégage! dégage! », rapporte le quotidien égyptien Al-Arham.

Un manifestant a reçu une balle dans la tête ce lundi 4 mars lors de la manifestation qui a suivi les funérailles. Selon ce qu’a déclaré à la presse égyptienne Ayman Gaber, un responsable des urgences à la Direction de la santé de Port-Saïd, l’homme qui a reçu une balle dans la tête est dans un état critique et a été transféré dans un hôpital à Ismaïlia.

Gaber a aussi précisé qu’il y avait plusieurs autres blessés, tant du côté des forces de sécurité que des manifestants.


Les manifestants lancent des cocktails Molotov aux abords du siège des forces de sécurité à Port-Saïd dans la nuit du 4 au 5 mars (Vidéo: RevSoc.PTS)

Les affrontements de dimanche

Dimanche 3 mars, au moins cinq personnes, avaient été tuées, dont deux policiers, et 400 autres blessées dans des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre à Port-Saïd, dans le nord de l’Égypte, qui est le théâtre de manifestations et d’une grève générale depuis maintenant un plus de deux semaines.

Le trafic des navires sur le canal de Suez, à l’extrémité nord duquel est situés Port-Saïd, n’aurait toutefois pas été affecté par ces évènements Ce passage stratégique entre la Méditerranée et la mer Rouge est de la plus haute importance pour le commerce mondial et pour l’économie égyptienne.

Les récents affrontements dans cette ville ont éclaté entre manifestants et policiers après que le ministère de l’Intérieur eut annoncé sa décision de transférer dans une autre prison les 39 détenus qui attendent leur verdict dans le procès qui fait suite à l’émeute qui a fait plus de 70 morts à l’issue d’un match de football en février 2012.

En janvier dernier, 21 personnes, en majorité des « Bérets Verts », les supporteurs les plus ardents de Al-Masry, l’équipe de foot de Port-Saïd, avaient été condamnées à la peine capitale dans un premier procès pour les violences survenues après le match il y un an. Ce verdict avait alors provoqué des heurts au cours desquels au moins 40 personnes avaient été tuées.

Le transfert des prisonniers devait permettre d’éviter de nouveaux troubles, mais, tout au contraire, environ 200 personnes, pour la plupart des membres des familles des détenus, se sont massés devant les locaux de la police de Port-Saïd, ont lancé des cocktails Molotov en direction du bâtiment et mis le feu à un véhicule de police. La police, pour sa part, a eu recours au gaz lacrymogène pour disperser la foule.

Au Caire, pendant ce temps

Des affrontements ont aussi eu lieu entre manifestants et policiers au Caire dans la nuit de dimanche à lundi, près de la place Tahrir.

La police a là aussi fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule qui menaçait de s’en prendre un hôtel de luxe sur la corniche du Nil, déjà vandalisé. L’AFP, pour sa part, rapportait que des dizaines de jeunes sont revenus ensuite dans le secteur lundi après-midi, lançant des pierres contre les autobus de la ville.

Par ailleurs, à Mansoura, au nord de la capitale égyptienne, une personne a été tuée au cours du weekend et des dizaines d’autres blessées lors d’affrontements, là aussi, entre policiers et manifestants.


Dans les rues de Port-Saïd, lundi 4 mars, les manifestants s’en prennent à un blindé des forces de sécurité (Vidéo: 100VT)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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