Grève de la faim à Guantànamo: le mouvement prend de l’ampleur

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Le camp de détention Delta de Guantanamo Bay (Photo: US Department of Defense)
Le camp de détention Delta de Guantanamo Bay (Photo: US Department of Defense)

La grève de la faim des détenus de la prison militaire de Guantànamo, malgré les dénégations de la semaine dernière de l’armée américaine, toucherait un nombre croissant de détenus qui protestent contre leur incarcération illimitée, selon leurs avocats.

Cette grève de la faim, qui en est à sa septième semaine, serait sans précédent par son ampleur, par sa durée et par sa détermination a déclaré David Remes, l’avocat de 15 détenus de Guantànamo, tous grévistes de la faim, rapporte l’AFP.

Les autorités militaires ont finalement reconnu vendredi 22 mars l’ampleur du mouvement: «Vendredi, nous avons 26 grévistes de la faim, dont 8 sont alimentés par des tubes.», a reconnu un porte-parole de l’armée américaine, le capitaine Robert Durand, qui reconnaît en outre dans un communiqué que «Deux détenus sont hospitalisés pour réhydratation, observation, et alimentation par des tubes.»

Si on en croît les avocats des détenus, depuis début février, plusieurs détenus de Guantanamo seraient en grève de la faim pour protester de la confiscation d’effets personnels, dont des Corans: «Plusieurs de nos clients ont rapporté que la plupart des détenus du camp 6 étaient en grève de la faim», avait déclaré l’avocat newyorkais Pardiss Kebriaei, qui défend le Yéménite Gualeb Al-Bihani.

Pour Omar Farah, du Centre pour les droits constitutionnels (CCR), c’est le désespoir qui pousse ainsi les détenus à la grève.« Le président américain, malgré ses promesses, “n’a aucun projet de fermer Guantanamo et n’a aucune idée sur comment s’y prendre.», dit-il, en prenant pour preuve la demande de fonds présentée au Congrès pour réhabiliter la base militaire de Cuba.

En effet, le général John Kelly, le commandant du commandement d’Amérique latine (Southcom) dont dépend Guantànamo, a demandé 170 millions de dollars pour améliorer les équipements de ses troupes sur place et mentionné la nécessité de remplacer le camp des détenus «spéciaux».

Les détenus, qui ont perdu jusqu‘à 20 kilos, sont déterminés à aller jusqu’au bout de leur grève de la faim, si on en croît Omar Farah. «Ils se voient vieillir et mourir dans une prison rigoureuse, sans avoir jamais été inculpés ou traduits en justice.»

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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