Il y aurait maintenant 21 grévistes de la faim à Guantànamo

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La prison américaine de Guantanamo, sur l'île de Cuba (Photo: Zesham)
La prison américaine de Guantanamo, sur l’île de Cuba (Photo: Zesham)

Le mouvement de grève de la faim des prisonniers à Guantànamo aurait pris de l’ampleur. De neuf, on serait maintenant passé à 21 hommes détenus ayant cessé de s’alimenter, rapporte l’Associated Press.

Un porte-parole de la base militaire située sur l’île de Cuba, le capitaine Robert Durand, a toutefois déclaré pour sa part que ces informations relayées par les avocats des détenus à l’effet que des vies seraient en danger ne sont cependant pas véridiques.

Le capitaine Durand soutient que qu’ucun prisonnier ne serait confronté à des problèmes de santé qui auraient été provoqués par cette grève de la faim, même si deux d’entre eux ont été admis au centre hospitalier de la base militaire puisqu’ils souffraient de déshydratation.

Toutefois, si on en croît les avocats des détenus, depuis début février, plusieurs détenus de Guantanamo seraient en grève de la faim pour protester de la confiscation d’effets personnels, dont des Corans: «Plusieurs de nos clients ont rapporté que la plupart des détenus du camp 6 étaient en grève de la faim», a expliqué à une agence de presse européenne l’avocat newyorkais Pardiss Kebriaei, qui défend le Yéménite Gualeb Al-Bihani.

Un autre détenu Yémenite, Yasein Esmail, a affirmé à son avocat, David Reines, lors d,une visite le 5 mars dernier, qu’il avait perdu environ 35 livres après 29 jours de grève, et qu’il avait de la difficulté à rester en équilibre,

Alors que les avocats des détenus dénonçaient le piètre état de santé de leurs clients en raison de carences alimentaires, l’armée maitenait sa version que seule une poignée de détenus avait entamé une grève de la faim au sens strict du terme qui considère qu’une personne fait la gève de la faim seulement après qu’elle eu refusé de manger pendant au moins neuf repas consécutifs.

Au début de la semaine dernière, le directeur de communication de Guantanamo aurait tout de même admis qu’il y avait une dizaine de grévistes de la faim, dont cinq qui sont nourris par des tubes insérés dans l’estomac.

Puis, le nombre de grévistes de la faim serait passé à 14 vendredi, et aurait continué à grimper au cours de la fin de semaine et, aujourd’hui, en est à 21, alors que se dessinerait, si ces faits sont avérés, un mouvement inquiétant à l’échelle de toute la population carcérale des 166 détenus sur la base de Guantànamo

Le capitaine Durand a cependant encore une fois insisté pour dire que rien ne prouvait qu’une majorité des 166 personnes toujours détenues sur l’île faisaient la grève de la faim, ajoutant «Les détenus ont certainement le soutien de leurs camarades, a-t-il exposé. Mais si c’était 166, je vous dirais que c’est 166. Je n’ai aucune raison de minimiser ou de cacher les données.»

Quoi qu’il en soit, les avocats des détenus ont demandé à ce que des membres de la Commission inter-américaine des droits de l’homme soient autorisés à se rendre dans la prison et à rencontrer des détenus.

La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) est l’un des deux organismes de protection des droits de l’homme de l’Organisation des États américains (OEA).Organe consultatif en matière des droits de l’homme pour l’OEA, elle recueille aussi des pétitions, première étape vers un dépôt de plainte devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme, et vérifie l’accord du droit de chaque État avec la Convention.

Pour l’instant, bien sûr, aucune des deux versions, ni celle de l’Armée, ni celle des détenus, n’a pu être confirmée ou infirmée de façon indépendante.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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