Irak: 17 morts dans une vague d’attentats anti-chiites

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Cinq attentats à la voiture piégée ont touché des mosquées chiites, ce vendredi, en Irak (Photo: Archives/U.S. Navy photo by Mass Communication Specialist 2nd Class Eli J. Medellin)
Cinq attentats à la voiture piégée ont touché des mosquées chiites, ce vendredi, en Irak (Photo: Archives/U.S. Navy photo by Mass Communication Specialist 2nd Class Eli J. Medellin)

Au moins 17 personnes ont trouvé la mort, ce vendredi, lors de cinq attentats à la voiture piégée perpétrés à Bagdad et à Kirkouk contre des mosquées chiites. Une nouvelle preuve de l’insécurité régnant dans le pays à quelques semaines des élections régionales.

Des sources médicales et de sécurité ont constaté la présence d’une centaine de blessés dans ces multiples attaques, commises à l’heure de la prière du vendredi. En l’espace d’une heure, quatre attentats ont ainsi eu lieu dans les rues de Bagdad, au sein des quartiers de Jihad, Qahira, Zafraniyah et Binouk.

Menacé d’être arrêté en se rendant sur les lieux d’une de ces attaques, un journaliste de l’AFP a constaté que le quartier de la mosquée chiite visée à Qahira, au nord-est de Bagdad, était bouclé par l’armée.

Dans le même temps, Kirkouk, à 240 km au nord de la capitale, a également été le théâtre d’un attentat. Dans cette ville située dans une région disputée entre le Kurdistan irakien et le gouvernement chiite de Nouri al-Maliki, trois personnes ont péri alors que 70 autres ont été blessées, selon Sadiq Omar Rassoul, directeur des services médicaux de la province de Kirkouk.

Ces cinq nouvelles attaques quasi-simultanées portent ainsi le nombre de victimes à 256 pour le simple mois de mars, d’après des données communiquées par des responsables médicaux et des forces de sécurité.

Onze candidats aux élections tués depuis fin février

Mis à mal par ces nombreux attentats, le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, doit faire face à la révolte régulière d’insurgés sunnites. Plus encore, la contestation à l’égard du gouvernement d’obédience chiite s’étend à l’ensemble de la minorité sunnite, se jugeant «marginalisée» par la politique actuelle du pays.

Si ces actes successifs de violence n’atteignent pas les sommets du conflit religieux de 2006 à 2008, ils remettent un peu plus en cause la sécurité intérieure d’un pays qui tente vainement de se reconstruire après l’intervention américaine clôturée en 2011.

Pour preuve, l’incertitude et l’insécurité règnent en maître sur le prochain scrutin régional. Initialement prévues le 20 avril prochain, ces élections ont dû être reportées dans deux provinces du pays, celles d’Anbar et de Ninive, pour un délai qui pourrait aller jusqu’à six mois. Un porte-parole du gouvernement a justifié cette décision suite aux menaces pesant sur le personnel en charge du scrutin et aux violences dans la région. L’AFP affirme, de son côté, que, depuis fin février, onze candidats au scrutin régional ont péri dans ces violences.

En Irak, le conflit politico-religieux n’en finit donc plus de freiner l’éventuelle reconstruction du pays. Entre une majorité chiite, une minorité sunnite et des territoires kurdes, la mosaïque fragile peine à se stabiliser. Comme un symbole des divergences récurrentes aperçues dans le reste de la région et notamment au sein du conflit syrien.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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