JOAX: le 3e RCR à Fort Bragg avec la 82nd Airborne américaine (PHOTOS/VIDÉOS)

0

Plus de 400 soldats canadiens s’entraînent jusqu’au 4 mars aux États-Unis, à Fort Bragg, en Caroline du Nord, dans le cadre de l’exercice Joint Operational Access, JOAX ( accès opérationnel interarmées).

Cet exercice est organisé par la 82e Division aéroportée des États-Unis. Le Canada y envoie le 3e Bataillon du Royal Canadian Regiment, (3e RCR) des soldats du 2e Groupe-brigade mécanisé du Canada et des ressources et du matériel de mobilité aérienne de l’Aviation royale canadienne issus de la 8e Escadre/BFC Trenton.

Les escadrons de la 8e Escadre qui participent à l’exercice sont le 436e Escadron de transport, qui y envoie donc le CC-130J Hercules, et le 429e Escadron de transport, qui y envoie le CC-177 Globemaster III. Ces avions seront accompagnés du personnel naviguant, des techniciens de maintenance, des arrimeurs, des techniciens des mouvements et d’autre personnel de soutien.

Même si depuis longtemps des soldats canadiens ou britanniques participent à cet exercice, c’est la toute première fois que l’aviation d’un autre pays que les États-Unis y participe. Cet exercice permettra aux aviateurs canadiens de perfectionner leurs compétences pour la planification et l’exécution d’opérations aériennes dans un environnement multinational.

Plus de 50 hommes et femmes de la force aérienne de la 8e Escadre/BFC Trenton participent donc eux aussi à l’exercice d’accès opérationnel interarmées (JOAX).

L’un d’eux est le capitaine Eric Illrich, pilote du CC-177  avec qui 45eNord.ca s’est entretenu alors qu’il était à Fort Bragg.

Pour la toute première fois cette année que des aéronefs n’appartenant pas aux forces américaines participent à l’exercice, le capitaine Ilrich a le privilège d’être des pilotes des géants de l’air que sont les CC-177 Globemaster III. Le Canada possèdent quatre de ces avions, dont un a été envoyé en soutien à l’intervention militaire française au Mali. Le Royaume-Uni en possède sept ou huit, nous dit le capitaine et les États-Unis… 220.

On se prend à rêver au nombre de Globemaster que pourrait se payer le canada pour le prix d’un F-35. Prudent, le capitaine Illrich admet qu’il faut des chasseurs pour les opérations de protection de souveraineté mais, pour tout le reste, il faudrait aussi plus d’avions de transport comme le CC-177.

Aux yeux du capitaine Illrich, le CC-177, trois fois plus grand qu’un Hercule et d’une beaucoup plus grande capacité de charge, est la bête de somme des forces canadiennes. De plus, nous apprend le capitaine, la «bête» se révèle étonnamment «manœuvrable» et mobile, capable de voler à plus de 300 miles l’heure à 300 pieds du sol à peine et d’éviter les tirs de l’ennemi, ce qui est particulièrement important à notre époque alors que souvent les avions de transport doivent amener troupes ou matériel dans des zones où des insurgés peuvent disposer de lance-missiles individuels.

Pendant l’exercice, les pilotes canadiens, qui ont procédé non seulement au largage de parachutistes mais de centaines de palettes de marchandises, semblent avoir suscité l’admiration des Américains, nous révélaient le capitaine Illrich: alors que les canadiens faisaient des «touch and go» ( atterrissage et décollage rapide), le capitaine n’a pu s’empêcher d’entendre les commentaires élogieux du personnel américain de la tour de contrôle.


Des paras américains sautent d’un Hercules CC-130 Hercules canadiens lors de l’exercice JOAX (Vidéo: 82nd Airborne)

Le 3e RCR

45eNord.ca a pu aussi s’entretenir avec le major Oscar Summerfield, qui commande une des unités du 3e Royal Canadian Regiment lors de cet exercice.

Pour le major Summerfield, de pareils exercices sont de toute première importance. Comme, de plus en plus, le Canada participent à des opérations avec ses alliés, il est important d’identifier et réduire d’avance les frictions qu’il pourrait y avoir en matière de commandement et contrôle et en matière de logistique. De plus, comme il y a sans cesse du personnel nouveau au sein des Forces canadiennes, il faut s’assurer que les nouveaux membres des Forcs canadiennes aient, grâce à ces exercices interalliés, l’occasion de travailler avec d’autres armées puisque c’est là la réalité à laquelle ils seront de plus en plus souvent confrontés.

En outre, le major Summerfied ne cache pas le plaisir qu’il y a à s’entraîner dans des conditions qu’il ne pourrait pas retrouver au Canada. Fort Bragg, en Caroline du Nord, est une base géante qui abrite 50 000 hommes et dont la superficie est, nous disait le major, de quatre à cinq fois celle de l’île de Montréal. Mais le Canada a lui aussi des bases géantes, comme Gagetown, pour n’en nommer qu’une. Toutefois, de l’aveu du major, aucune n’est aussi bien équipée et n’a des infrastructures comparables à Fort Bragg. S’entraîner à Fort Bragg permet, dit-il,  la réalisation de scénarios d’un réalisme surprenant qui ne pourraient se faire au Canada.

Outre découvrir leurs capacités complémentaires, les soldats américains, britanniques et canadiens ont aussi lors de ces exercices interalliés l’occasion d’apprendre l’un de l’autre, se préparant ainsi encore mieux à travailler ensemble.

Les francophones font partie de l’aventure

45eNord.ca ne s’attendait certes pas à trouver des francophones avec les soldats du 3 Royal Canadian Regiment, s’entraînant à Fort Bragg avec la 82nd Airborne américaine. Et bien, il faudra oublier les préjugés car les soldats canadiens français font bel et  bien partie de l’aventure.

Interrogée au sujet de la présence francophone au sein du 3 RCR, l’officier d’affaires publiques, Sally Anne Cole,  nous a appris qu’il y a effectivement une représentation de la culture francophone au 3 RCR. En plus des soldats du Québec, on y retrouve des soldats acadiens et franco-ontariens. Il y a aussi beaucoup de soldats, comme Sally Anne Cole elle-même, qui sont moitié  francophones avec l’un des parents qui est de langue française. (sa mère était une Pelletier de Montréal-Nord).

Et, surprise, dans le cadre d’un échange avec le 3 RCR, des gars du 22e Régiment comme le caporal Guy Drapeau se retrouvent eux aussi à Fort Bragg.

Les voyages forment la jeunesse, ils forment aussi les soldats!


Entraînement conjoint de nuit des soldats canadiens du 3e RCR et du 82nd Airborne américain (Vidéo: 2nd Brigade Combat Team, 82nd Airborne Division 82nd Airborne Division)

À lire aussi:

Des centaines de paras canadiens s’entraînent à Fort Bragg (PHOTOS/VIDÉO) >>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.