Kosovo: la Serbie veut des garanties

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La haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité‎, Catherine Asthon, a reçu, ce lundi, à Bruxelles, le président serbe, Tomislav Nikolic, son Premier ministre, Ivica Dacic, et le vice-Premier ministre, Aleksandar Vucic (Photo: Union Européenne)
La haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité‎, Catherine Asthon, a reçu, ce lundi, à Bruxelles, le président serbe, Tomislav Nikolic, son Premier ministre, Ivica Dacic, et le vice-Premier ministre, Aleksandar Vucic (Photo: Union Européenne)

Les négociations se poursuivent entre Belgrade et Pristina sur la situation du nord-Kosovo. Reçus, ce lundi, par la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, le président et le Premier ministre serbes se sont dit ouverts au dialogue malgré les réticences actuelles des autorités kosovares.

«La Serbie est prête à un accord politique assorti de garanties internationales, car cela écarterait la possibilité d’un conflit armé dans la région», a ainsi déclaré le chef du gouvernement serbe, Ivica Dacic.

Présent à Bruxelles, ce lundi, le Premier ministre a pu s’entretenir avec la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité‎, Catherine Asthon. L’occasion de discuter à nouveau des revendications serbes à l’égard du nord-Kosovo.

Au cœur de cette région à majorité serbe, Belgrade réclame ainsi la formation d’une association de municipalités disposant de pouvoirs exécutifs, notamment dans les domaines immobilier et financier.

Une proposition que réfutent les dirigeants kosovars, au grand dam d’Ivica Dacic. «Je suis prêt au compromis, mais, pour l’instant, je ne vois pas que Pristina soit prête à modifier ses positions, car elle jouit du soutien des États-Unis», a-t-il ajouté.

«Le dialogue est dans une phase clé»

Si Catherine Ashton a noté une discussion «solide et ouverte», le président de la République serbe, Tomislav Nikolic, s’est montré plus mesuré sur l’avancée des négociations. «Si on nous offre un document qui est actuellement une copie des lois adoptées à Pristina et si ce document indique clairement qu’ils [les dirigeants européens, ndlr]reconnaissent pratiquement le Kosovo comme un État ne nous accordant aucune considération, cela veut dire que l’Union européenne ne veut pas de nous», a-t-il déclaré.

Pour la chef de la diplomatie britannique, la réunion organisée, ce lundi, était avant tout une manière d’évoquer «la mise en œuvre des accords déjà conclus» et «la nécessité de finaliser les discussions sur les questions en suspens, notamment sur le nord du Kosovo, en vue de la prochaine réunion du dialogue pour la normalisation des relations, le 20 mars à Bruxelles».

Des discussions qui se poursuivent dans de bonnes dispositions, à en croire la porte-parole de la diplomatie européenne, Maja Kocijancic. «Le dialogue est dans une phase clé et il est important pour la Serbie qu’un progrès soit réalisé. C’est dans cette direction que nos consultations avancent», a-t-elle assuré en marge de cette visite serbe à Bruxelles.

Proclamé indépendant depuis le 17 février 2008, le Kosovo n’est toujours pas parvenu à résoudre le problème de la présence serbe dans ses régions du nord du pays. Si l’Union européenne tente de se positionner en médiateur du conflit, les négociations avancent à pas comptés. Sans pour autant entrevoir l’issue d’un désaccord persistant.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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