Kosovo: vers un accord avec la Serbie selon Pristina

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La haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité‎, Catherine Asthon, a reçu, ce lundi, à Bruxelles, le président serbe, Tomislav Nikolic, son Premier ministre, Ivica Dacic, et le vice-Premier ministre, Aleksandar Vucic (Photo: Union Européenne)
La haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité‎, Catherine Asthon, a reçu, ce lundi, à Bruxelles, le président serbe, Tomislav Nikolic, son Premier ministre, Ivica Dacic, et le vice-Premier ministre, Aleksandar Vucic (Photo: Union Européenne)

Les négociations se poursuivent entre Pristina et Belgrade. Face aux différends tenaces sur la question des revendications serbes dans le nord-Kosovo, le Premier ministre kosovar, Hashim Thaci, s’est dit «optimiste», ce jeudi, quant à la conclusion d’un accord entre les deux pays.

«Nous sommes dans la dernière étape avant d’atteindre un accord sur la normalisation des relations entre l’État du Kosovo et la Serbie, et sur la pleine normalisation de la situation dans le nord», a déclaré M. Thaci, à l’issue d’une entrevue avec la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

Quelques jours après sa rencontre à Bruxelles avec les dirigeants serbes, Mme Ashton a donc poursuivi, ce jeudi, son rôle de médiation face au désaccord chronique entre le Kosovo et la Serbie. Rappelant sa volonté d’avancer dans les négociations, elle a assuré que les discussions concernaient «l’implémentation des accords déjà atteints ainsi que la nécessité de finaliser les discussions et d’atteindre des accords sur les questions en suspens, notamment sur le nord du Kosovo, le plus rapidement possible».

Alors que le pays reste à majorité albanaise, Belgrade réclame la formation, dans le nord du pays, à majorité serbe, d’une association de municipalités disposant de pouvoirs exécutifs, notamment dans les domaines immobilier et financier.

Après avoir proclamé son indépendance en 2008, le Kosovo n’est toujours pas reconnu par la Serbie, cette dernière le considérant comme sa province méridionale. Mais la multiplication récente des rencontres entre les dirigeants des deux pays laisse espérer une avancée certaine dans les prochains mois.

Une résolution du conflit est indispensable pour Belgrade

Une septième réunion depuis octobre dernier est ainsi prévu, le 20 mars prochain, en compagnie de Catherine Ashton. Un premier accord avait déjà été mis en place, en décembre dernier, concernant les points de passage entre les deux pays.

L’enjeu est aussi important qu’urgent pour Belgrade. Un rapport sur l’état des pourparlers doit en effet être remis le 16 avril prochain, indiquant si le bloc des 27 acceptera d’ouvrir des négociations d’adhésion à l’Union européenne avec la Serbie, lors du sommet européen de juin prochain.

Mais les discussions restent néanmoins délicates. «Je suis prêt au compromis, mais, pour l’instant, je ne vois pas que Pristina soit prête à modifier ses positions, car elle jouit du soutien des États-Unis», déclarait ainsi le Premier ministre serbe, Ivica Dacic, lundi dernier, en marge de sa rencontre avec Catherine Ashton.

Car si Belgrade évoque un compromis pour céder aux pressions des dirigeants européens et reconnaître l’indépendance du Kosovo, elle réclame avant tout une autonomie élargie de ses ressortissants présents dans le nord du pays. Une vision que ne partage pas Pristina, laissant ainsi les négociations avancer à pas comptés.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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