La Corée du Nord déclare qu’elle renforcera son programme nucléaire

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La Corée du Sud a mis  en janvier dernier son premier satellite en orbite, (Photo: Archives/Youtube)
La Corée du Sud a mis en janvier dernier son premier satellite en orbite, (Photo: Archives/Youtube)

La Corée du Nord de a déclaré samedi 9 mars que les nouvelles sanctions décrétées par le Conseil de sécurité de l’ONU ne feront que renforcer son programme nucléaire et son programme de missiles, laissant entendre que d’autres essais nucléaires pourraient être à venir.

«La résolution, dit un communiqué de KCNA, l’agence officielle nord-coréenne, est une preuve claire que le Conseil de sécurité a été trompé par la mise en œuvre de la politique hostile des États-Unis pour faire tomber l’idéologie et le système choisi par le peuple de la [Corée du Nord] par le désarmement et l’étouffer économiquement.»

Le communiué poursuit en affirmant que la Corée du Nord montrera bientôt au monde comment «la manipulation» américaine du Conseil de sécurité a renforcé e statut permanent de Pyongyang en tant que puissance nucléaire.

Les dernières sanctions de l’ONU, au lieu d’affaiblir les moyens de dissuasion nucléaire de la Corée du Nord augmenteront ses capacités «un millier de fois», poursuit KCNA.

La série de sanctions «concoctées» par l’ONU depuis ces huit dernières années n’ont eu comme résultat en Corée du Nord que «de renforcer ses moyens de dissuasion en qualité et en quantité», ajoute le communiqué de l’agence oficielle nord-coréenne.

Dans une déclaration sans précédent, la Corée du Nord avait annoncé vendredi 8 mars qu’elle abrogeait les accords de non agression avec la Corée du Sud et qu’elle coupait le téléphone rouge mis en place entre les deux pays.

La source des tensions

Les tensions provoquées par le récent essai nucléaire de la Corée du Nord, condamné par toute la communauté internationale, même la Chine, principale alliée des Nord-Coréens, et les manœuvres militaires communes entre Sud-Coréens et Américains sont à l’origine de cette escalade.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté jeudi 6 mars une nouvelle série de sanctions contre la Corée du Nord en réponse au troisième essai nucléaire mené le 12 février par Pyongyang.

Les nouvelles sanctions visent, notamment, les dignitaires du régime communiste, ses diplomates et responsables politiques contribuant, de par leurs « activités illégales », au développement des programmes nucléaire ou balistique de la Corée du Nord.

En outre, malgré les critiques de la Corée du Nord, la Corée du Sud et les États-Unis n’ont pas renoncé à mener les exercices annuels conjoints Key Resolve et Foal Eagle du 28 février au 10 mars, qui sont destinés à se préparer à une guerre totale dans la péninsule coréenne. Parmi les scénarios de ces exercices, on retrouve la simulation d’un changement de régime à Pyongyang, et des scénarios d’utilisation, par l’ennemi, d’armes nucléaires ou d’autres armes de destruction massive. Ces scénarios catastrophes sont beaucoup présents cette année qu’ils ne l’étaient les années précédentes.

La Corée du Nord a donc annoncé vendredi qu’elle abrogeait les accords d’armistice avec la Corée du Sud et qu’elle coupait le téléphone rouge mis en place entre les deux pays.Cette mesure intervenait quelques heures après que les nouvelles sanctions aient été décrétées par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

L’escalade qui a précédé la rupture de l’armistice

Ce geste sans précédant survient après une escalade de menaces et d’investives entre les deux Corées.

La Corée du Nord a menacé de prendre les armes :«Une fois que le Maréchal Kim Jong Un l’aura ordonné, nous allons impitoyablement punir les ennemis avec les armes du Mont Paektu et réaliser enfin la réunification nationale», peut-on lire dans un communiqué de l’agence officielle KCNA.

La Corée du Sud a répliqué fermement pour exprimer son intention de riposter en cas d’intervention de Pyongyang. «Nous sommes prêts à frapper fort et de façon décisive non seulement sur ​​le plan opérationnel, mais aussi au niveau du commandement, si la Corée du Nord provoque et menace la vie et la sécurité de nos résidents», avait déclaré le major-général Kim Yong-hyun au Comité des chefs d’état-major interarmées, mercredi dernier.

Lisant un communiqué du ministère de la Défense sud-coréen, le major-général avait également ajouté que «si le Nord [RPDC, ndlr] procède à des provocations qui menaceraient la vie et la stabilité de notre nation, notre armée punira sévèrement la source, les supporters et les leaders de ces provocations».

La Corée du Nord se redit prête à la guerre

Le communiqué de l’agence officielle nord-coréenne se termine en affirmant que le pays est prêt à la guerre: «La République populaire démocratique de Corée (RPDC) a déjà clarifié sa position ferme qu’il faudra renforcer les contre-mesures […] et les amener à une grande guerre pour la réunification nationale au cas où les États-Unis finalement pour le conflit. La RPDC se battra et remportera la victoire finale sans échec par ses propres efforts. Le monde va voir clairement comment la RPDC se renforcera en tant que puissance nucléaire et lanceur de satellites.»

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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