La Corée du Nord fait maintenant des menaces de guerre

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La Corée du Sud a mis  en janvier dernier son premier satellite en orbite, (Photo: Youtube)
La Corée du Sud a mis en janvier dernier son premier satellite en orbite (Photo: Youtube)

La Corée du Nord a menacé ce mardi 5 mars de dénoncer l’accord d’armistice de 1953 qui mettait fin à guerre entre les forces de la Corée du Nord communiste, soutenues par la République populaire de Chine et l’Union soviétique, et celles de la Corée du Sud non communiste, soutenues par les États-Unis, les autres puissances occidentales et les Nations-Unies.

L’armistice signé le 27 juillet 1953 entre la Corée du Nord et la Chine d’une part, et l’Organisation des Nations unies d’autre part, mettait fin officiellement à la guerre de Corée, bien que la Corée du Sud ne l’ait jamais signé et que les deux Corée soient toujours techniquement en guerre, aucun traité de paix n’ayant été ratifié.

Les tensions provoquées par le récent essai nucléaire de la Corée du Nord, condamné par toute la communauté internationale, même la Chine, principale alliée des Nord-Coréens, et les manœuvres militaires communes entre Sud-Coréens et Américains sont à l’origine des ces menaces de mettre fin à l’armistice.

En effet, malgré les critiques de la Corée du Nord, la Corée du Sud et les États-Unis n’ont pas renoncé à mener les exercices annuels conjoints Key Resolve et Foal Eagle du 28 février au 10 mars, des exercices qui sont destinés à se préparer à une guerre totale dans la péninsule coréenne. Parmi les scénarios de ces exercices, on retrouve la simulation d’un changement de régime à Pyongyang, et des scénarios d’utilisation, par l’ennemi, d’armes nucléaires ou d’autres armes de destruction massive. Ces scénarios catastrophes sont beaucoup présents cette année qu’ils ne l’étaient les années précédentes.

Le quotidien Rodong Sinmun (Journal des Travailleurs), l’organe officiel du parti au pouvoir en Corée du Nord, dans son édition du lundi 4 mars, désignait comme sources des tensions «les actes hostiles des États-Unis et de ses alliés vicieux [contre la Corée du Nord]depuis le lancement d’un satellite à des fins pacifiques et les mesures prises par [la Corée du Nord]pour améliorer sa force de dissuasion nucléaire afin de défendre sa souveraineté contre les manœuvres de guerre loufoques [des États-Unis et de la Corée du Sud].»

Pour sa par, l’agence officielle nord-coréenne, KCNA, citant un officier de l’Armée populaire nord-coréenne Ri Chol Hak, écrivait le même jour que Foal Eagle était «un exercice d’invasion de la Corée du Nord et un exercice de guerre nucléaire», ajoutant que «cette répétition en vue de la guerre menée par les ennemis [de la Corée du Nord]et leurs actes hostiles constituaient une déclaration de guerre.»

En outre, toujours par la voix de l’agence officielle, Pyongyang a fait part de son intention de couper le téléphone rouge mis en place dans le village de Panmunjom, situé sur la ligne de démarcation et menacé de prendre des contre-mesures fermes en réponse à ce qu’elle qualifie d’actes hostiles des Américains à son égard.

Le Conseil de sécurité des Nations-Unies doit quant à lui se réunir mardi pour discuter de nouvelles sanctions à imposer à la Corée du Nord après son essai nucléaire du 12 février.

La Corée du Nord avait, lancé une fusée en décembre, soi-disant pour mettre en orbite un satellite de surveillance, affirmait Pyongyang. La communauté internationale, elle, était plutôt persuadée qu’il s’agissait en réalité au tir d’essai d’un missile de longue portée et avait renforcé les sanctions contre la Corée du Nord en réponse à ce lancement. Pourtant, deux mois plus tard, le régime nord-coréen passait à une vitesse supérieure en matière de provocation et a réalisait cette fois un essai nucléaire souterrain, provoquant la la colère de la communauté internationale.

Réuni d’urgence, le Conseil de sécurité de l’ONU avait alors «fermement condamné» ce nouvel essai nucléaire et annoncé qu’il allait s’efforcer de prendre les mesures adéquates par l’adoption d’une nouvelle résolution, plus sévère encore.

La Chine, principal, voire même seul allié de la Corée du Nord, s’était jusqu’à présent refusée à l’adoption de mesures trop sévères envers le régime de Pyongyang, mais elle avait toutefois critiqué ouvertement pour la première fois son allié nord-coréen lors du nouvel essai nucléaire.

Pendant ce temps, sans toutefois préciser les menaces, les communiqués de la Corée du Nord ont un ton encore plus belliqueux que d’habitude: «Une fois que le Maréchal Kim Jong Un l’aura ordonné, peut-on lire dans un communiqué de l’agence officiel KCNA, nous allons impitoyablement punir les ennemis avec les armes du Mont Paektu et réaliser enfin la réunification nationale (lire, la réunification des deux Corée).»(NDLR: le Mont Paektu, dans la «mythologie» du régime, est le lieu sacré où serait né Kim Jong Il, le prédécesseur de Kim Jong Un).

À force de jouer à «jusqu’où aller trop loin», Pyongyang va peut-être un jour se prendre à son propre jeu!

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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