Le général rebelle Bosco Ntaganda est maintenant détenu

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Des membres du M23, à bord d'un véhicule, en train de se retirer de Goma, capitale du Nord-Kivu. Des exactions sont également reprochées à ce groupe rebelle au Sud-Kivu (Photo: Sylvain Liechti, ONU)
Des membres du M23, à bord d’un véhicule, en train de se retirer de Goma, capitale du Nord-Kivu. Des exactions sont également reprochées à ce groupe rebelle au Sud-Kivu (Photo: Sylvain Liechti, ONU)

La Cour pénale internationale (CPI) a confirmé, vendredi 22 mars, que Bosco Ntaganda, qui doit répondre des charges de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité qui sont portées à son encontre pour les atrocités commises dans la région de l’Ituri, lui a été remis.

Ntaganda s’est rendu volontairement et est actuellement en route vers le quartier pénitentiaire de la CPI à La Haye, au Pays-Bas, accompagné par une délégation de la CPI. Il s’était livré lundi à l’ambassade des États-Unis au Rwanda.

Bosco Ntaganda, surnommé «Terminator», est accusé par la CPI de divers crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, commis entre septembre 2002 et septembre 2003 dans l’Ituri (nord-est de la RDC), ainsi que de crimes dans la province orientale du Nord-Kivu, où il était présumé être le chef militaire de la rébellion du M23, qui s’est depuis scindé en deux factions rivales.

Avant de se livrer à l’ambassade américaine à Kigali, lundi 18 mars, le chef rebelle, mis en déroute par la faction ennemie, avait traversé la frontière rwandaise la veille avec ses hommes.

Dans un communiqué publié vendredi soir, le le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon « […] se félicite de ce développement et se dit fermement convaincu qu’il fera avancer la cause de la paix en République démocratique du Congo (RDC) ainsi que la lutte contre l’impunité dans la région.»

«Le Secrétaire général», poursuit le communiqué, «félicite les Gouvernements des États-Unis, du Rwanda et de la République démocratique du Congo pour les mesures qu’ils ont prises afin d’assister la Cour pénale internationale à assurer le transfert rapide de M. Ntaganda à La Haye.»

Et, finalement, «Le Secrétaire général affirme que, conformément à l’Accord sur les relations entre les deux institutions, les Nations Unies coopéreront avec la Cour pénale internationale en vue de s’assurer que M. Ntaganda bénéficie d’un procès juste, équitable et rapide.»

La Cour pénale internationale, la CPI, a émis elle aussi un communiqué le 22 mars pour dire que «À son arrivée, M. Ntaganda recevra une visite médicale et comparaîtra, le plus tôt possible, devant les juges en présence d’un avocat de la défense. La date de l’audience de première comparution sera annoncée prochainement.»

La CPI, dans son communiqué, souligne que c’est la première fois qu’un suspect se rend de façon volontaire pour être détenu à la CPI.

Cette opération, ajoute la Cour n’aurait pas été possible sans le soutien des autorités du Rwanda.

La Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Mme Fatou Bensouda, s’est félicitée elle aussi du transfèrement de Bosco Ntaganda au siège de la Cour à La Haye.

« C’est un grand jour pour les victimes de RDC et pour la justice internationale. Aujourd’hui, ceux qui auraient longtemps souffert à cause de Bosco Ntaganda peuvent regarder vers l’avenir et la perspective d’une justice en marche », s’est réjoui la Procureur.

En tant qu’ancien chef adjoint présumé de l’état-major général des Forces Patriotiques pour la Libération du Congo (FPLC), Bosco Ntaganda est suspecté de sept chefs de crimes de guerre, dont l’enrôlement et la conscription d’enfants de moins de quinze ans, des viols et esclavage sexuel, et meurtres, ainsi que trois chefs de crime contre l’humanité qui auraient été commis en Ituri en RDC entre septembre 2002 et septembre 2003.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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