Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon craint la dissolution de la Syrie

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Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon (Photo: World economic forum)
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon (Photo: World economic forum)

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a déclaré ce vendredi 1er mars à Genève qu’une solution militaire en Syrie conduisait à une dissolution du pays où le conflit a fait près de 70.000 morts en 23 mois, selon les estimations de l’ONU.

«Je continue à exhorter les parties syriennes à trouver le chemin de la table des négociations. Les horreurs de ces derniers mois et années ne laissent aucun doute : la solution militaire en Syrie conduit à la dissolution de la Syrie», a-t-il déclaré à l’occasion d’une point de presse à l’issue de conférence du Conseil des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme à Genève.

La conférence d’aujourd’hui marquait aussi le 10e anniversaire de l’attentat tragique de Bagdad contre l’ONU et porte le nom du chef de mission de l’ONU qui y perdit la vie, Sergio Vieira de Mello.

Le secrétaire général a déclaré que son organisation, ces dernières années, intégrait lentement mais sûrement les droits de l’homme dans ses travaux aux niveaux politique et opérationnel, soulignant qu’à sa demande « […] le Groupe des Nations Unies pour le développement a établi un mécanisme de coordination de haut niveau consacré à la transversalisation des droits de l’homme, qui font désormais partie des éléments standard des missions de paix et des missions politiques des Nations Unies et s’intègrent de plus en plus à l’action humanitaire.»

La Syrie a occupé la première place dans l’allocution qu’a prononcé Ban Ki-moon à la conférence.

«Permettez-moi de commencer par la Syrie», a commencé par dire le chef des Nations-Unies.«J’ai visité des camps de réfugiés syriens en Jordanie et en Turquie. J’ai vu tant d’enfants et d’adolescents dont les vies ont été déracinés, et dont les rêves, comme les communautés qu’ils ont laissés derrière, se trouvent en morceaux.», a-t-il poursuivi.

«Je continue d’exhorter les parties syriennes à trouver leur chemin vers la table des négociations. Les horreurs des derniers mois et des dernières années prouvent hors de tout doute quea solution militaire en Syrie conduit à la dissolution de la Syrie.», a déclaré le sedrétaire général, ajoutant «Comme un étudiant syrien a récemment déclaré: «Mon pays est détruit … et le monde regarde [le spectacle de sa destruction]comme un film».
Ban-Ki Moon a estimé que le Conseil de sécurité de l’ONU ne devait plus être un témoin silencieux face à cette crise.« Quelle atrocité doit encore se produire pour que le monde bouge?» s’est demandé le chef des Nations-Unies, exrpimant le voeu que le monde se réunisse pour «établir les paramètres d’une transition démocratique qui pourrait être le dernier espoir pour sauver la Syrie».

Ban Ki-moon a par ailleurs annoncé qu’il rencontrerait samedi en Suiss l’envoyé de l’ONU pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, à l’occasion de la réunion annuelle entre le chef des Nations unies et les représentants et envoyés spéciaux qui dirigent les 30 missions de maintien de la paix et missions politiques de l’organisation internationale.

Pendant ce temps…

Le régime syrien et la Russie ont dénoncé de leur côté ce  vendredi 1er mars l’aide directe annoncée par les Américains et les Européens à l’opposition syrienne qui, pour sa part, s’est déclarée déçue de l’absence d’engagements à fournir des armes aux forces rebelles.

À l’issue de la réunion le 28 février à Rome des Amis de la Syrie, le secrétaire d’État américain avait en effet annoncé que les États-Unis vont donner 60 millions de dollars de plus à l’opposition syrienne et fournir aide médicale et nourriture aux rebelles syriens, a-t-il annoncé jeudi 28 février à la conférence des «Amis du peuple syrien» à Rome.

«Les États-Unis vont fournir 60 millions de dollars d’aide non létale pour soutenir les efforts de la Coalition de l’opposition syrienne dans les prochains mois», avait déclaré le chef de la diplomatie américaine. «Il y aura une aide directe aux rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) sous forme d’«aide médicale et de nourriture».

Pendant ce temps, les combats se poursuivent sur le terrain, l’opposition dénonçant aujourd’hui un nouveau massacre de dizaines de personnes dans le nord de la Syrie, et des combattants djihadistes du front Al-Nousra s’emparant d’un poste-frontalier avec l’Irak après d’intenses combats.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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