Les rebelles syriens s’emparent d’une position clé près de la frontière jordanienne

0
 La mosquée Zeinab, à Saïda, en Syrie (Photo: Odilia, WikiCommons)

La mosquée Zeinab, à Saïda, en Syrie (Photo: Archives /  Odilia, WikiCommons)

Les rebelles syriens se sont emparés d’une importante base aérienne de la province de Deraa (sud), près de la frontière jordanienne, après deux semaines de combats, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Ce samedi 23 mars donc, après 16 jours de combats, «Les combattants de l’opposition appartenant [au groupe djihadiste]du Front al-Nousra, à la Brigade Yarmouk [de l’Armée syrienne libre]et à d’autres groupes se sont emparés de la base aérienne 38 près de la ville de Saïda, sur la route reliant Damas à Amman», rapporte l’organisme basé en Grande-Bretagne, mais qui s’appuie sur un réseau de militants, de médecins et de travailleurs sur le terrain, en Syrie.

Toujours selon l’OSDH, au moins sept insurgés et huit soldats ont été tués durant l’assaut final au cours duquel des dizaines de prisonniers qui étaient détenus sur cette base ont été libérés, bien que trois détenus aient été tués lors de l’assaut.

Une vidéo mise en ligne par l’OSDH, que nous ne pouvons diffuser parce que les images sont trop crues, montre le corps ensanglanté et mutilé d’un officier des forces du régime, le colonel Mahmoud Darweesh, de la 38th brigade.

La Commission générale de la révolution syrienne (CGRS), un réseau de militants extrémistes qui ne reconnaît pas l’autorité de la Coalition de l’opposition syrienne, a fait état pour sa part de la prise d’un poste de contrôle à Sahem al-Golan, dans la province de Deraa, là aussi.

Par ailleurs, toujours dans le sud de la Syrie, selon l’OSDH, les troupes d’Al-Assad ont tué au moins 35 rebelles, mercredi et jeudi 20 et 21 mars, à Qouneitra, dans la partie syrienne du Golan, et une vingtaine d’autres combattants ont été tués dans des affrontements dans des villages à majorité druze près de la ligne de cessez-le-feu avec Israël.

Plus au nord, des bombardement ont eu lieu aussi dans la province de Homs (centre), selon l’Observatoire, dont le bilan provisoire aujourd’hui fait état d’au moins 100 morts : 33 civils, dont 8 enfants, 26 rebelles, 11 «rebelles non-identifiés», 3 déserteurs et 33 soldats de l’armée régulière.

En outre, une femme de la ville de Habit, dans la province de Idlib, dans le nord-ouest, près de la Turquie, aurait été tuée lorsqu’elle tentait de passer la frontière près de la ville d’Eqeirabat.

Pendant ce temps, les funérailles du cheik al-Bouti, à Damas

Pendant ce temps, avaient lieu les funérailles du haut dignitaire religieux sunnite pro-régime, Mohammad Saïd al-Bouti, et de son petits-fils dans l’historique mosquée des Omeyyades, à Damas.

Tous deux sont morts lors de l’ attentat suicide dans la capitale syrienne, jeudi 21 mars, qui a fait plus de 50 morts, et après lequel le président syrien Bachar al-Assad a déclaré s’engager à nettoyer le pays des extrémistes.

Ahmed Moaz al-Khatib, le chef de l’opposition syrienne, avait condamné l’attaque en disant pour sa part soupçonner le régime d’être derrière l’attentat. Lui-même un dignitaire religieux, il avait dit que sa religion et ses valeurs «ne permettent pas de traiter les divergences d’opinion par le meurtre».

La cérémonie des funérailles,  ce samedi à Damas,  était conduite par le fils du défunt, Toufic Bouti, en présence de représentants de Bachar al-Assad, ainsi que de l’Iran et du mouvement chiite libanais Hezbollah, tous deux alliés du régime. Lors de ces funérailles, le mufti de la République syrienne, proche lui aussi du régime, cheikh Ahmad Badreddine Hassoune,  a appelé dans son sermon «le monde islamique et arabe à sauver la Syrie, qui fait face à une guerre mondiale contre elle», ajoutant, «Si la Syrie tombe aujourd’hui, vous allez tous suivre.»

À lire aussi:

Bachar al-Assad promet de «nettoyer la Syrie» >>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.