L’Iran aura l’arme nucléaire dans «un peu plus d’un an» selon Obama

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(Photo: Pete Souza/White House)
Le président américain, Barack Obama, lors de son entrevue pour la chaîne israélienne Channel 2 (Photo: Pete Souza/White House)

La menace iranienne est bien réelle. Téhéran pourrait en effet se doter de l’arme nucléaire d’ici «un peu plus d’un an», selon Barack Obama. Le président américain a néanmoins assuré qu’il agirait avant cela, prévenant que «toutes les options» étaient envisageables.

À quelques jours de son voyage en Israël, Barack Obama a donné le ton. Interrogé sur la chaîne de télévision israélienne Channel 2, le chef d’État américain a d’ores et déjà évoqué plusieurs dossiers brûlants. Parmi ceux-ci, l’Iran reste au cœur des attentions.

Pour le président américain, les accusations portées à Téhéran sur sa stratégie d’enrichissement d’uranium à des fins nucléaires sont avérées. «Nous pensons que cela prendra un peu plus d’un an ou à peu près avant que l’Iran ne développe une arme nucléaire, mais évidemment nous ne voulons pas attendre le dernier moment», a-t-il prévenu.

Alors qu’il doit se rendre en Israël du 20 au 22 mars prochain pour la première fois en tant que président, Barack Obama a tenu à affirmer la volonté commune des États-Unis et d’Israël de lutter contre le développement des ambitions iraniennes.

«Notre objectif est de s’assurer que l’Iran ne possède pas une arme nucléaire susceptible de menacer Israël ou de déclencher une course aux armements dans la région qui serait extraordinairement dangereuse au moment où il y a déjà beaucoup de choses qui s’y passent», a-t-il affirmé.

Une manière de poser les bases de sa future visite sur le sol hébreu. «Quand je consulterai «Bibi» [le surnom du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu]comme je l’ai fait ces dernières années sur ce sujet, mon message sera le même que précédemment: si nous pouvons le régler diplomatiquement, ce sera une solution plus durable», a déclaré Barack Obama.

«Les États-Unis ont bien sûr des capacités significatives»

Pour autant, le président américain a tenu à se montrer ferme quant aux décisions à prendre. S’il tentera, tant que possible, de résoudre les tensions actuelles par des concertations et des efforts communs avec Téhéran, il a également assuré qu’il conserverait «toutes les options sur la table».

«Quand je dis que toutes les options sont sur la table, toutes les options sont sur la table et les Etats-Unis ont bien sûr des capacités significatives», a-t-il ajouté. Avec fermeté, le chef d’État américain a ainsi montré, dans cet entretien télévisé, ses inquiétudes vis-à-vis des agissements de Téhéran à l’égard de son programme nucléaire.

Si le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, assure que l’enrichissement d’uranium est mené à des fins énergétiques pour le pays, la communauté internationale réfute cette version, assurant que l’Iran pourrait masquer le développement de l’arme atomique sous son programme nucléaire civil.

Une théorie notamment soutenue par le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak. «Les dirigeants iraniens veulent parvenir à créer une zone d’immunité grâce à un grand nombre de sites nucléaires bien défendus. Ils pensent que les Etats-Unis auront ensuite des problèmes pour les attaquer», a-t-il déclaré, ce lundi, lors d’une réunion de la commission de la Défense et des Affaires étrangères du Parlement, précisant qu’«il est possible que nous soyons en mesure de voir quelle direction il [le dossier iranien, ndlr]va prendre d’ici la fin de l’année».

L’Iran ne pourra pas se cacher selon le renseignement américain

Pour le chef du renseignement américain, James Clapper, Téhéran pourrait bel et bien mener un programme d’enrichissement d’uranium à des fins militaires. «Nous estimons que l’Iran développe des capacités nucléaires pour renforcer sa sécurité, pour le prestige et l’influence régionale mais aussi pour avoir la possibilité développer des armes nucléaires, si jamais cela était son choix», précise-t-il dans un rapport remis au Sénat américain, ce mercredi.

Pour autant, il assure que si la volonté iranienne d’acquérir l’arme nucléaire est avérée, cela ne pourra pas passer inaperçu aux yeux du monde. «Nous estimons qu’il ne pourra détourner de façon sûre du matériel et produire de l’uranium de qualité militaire sans que ses activités soient découvertes», ajoute-t-il dans son rapport sur les menaces à la sécurité.

En attendant, les négociations peinent à avancer sur ce dossier épineux. Si le groupe 5+1 (États-Unis, France, Chine, Russie, Grande-Bretagne et Allemagne) doit reprendre ses discussions avec l’Iran dans les prochaines semaines, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) reste en désaccord chronique avec Téhéran, l’accès au site militaire de Parchin lui ayant été refusé une nouvelle fois le 5 mars dernier.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

Discussion2 commentaires

  1. L’acharnement du régime américain a mettre le moyen orient à feu et à sang, à exporter la guerre partout où il ne peut pas importer du pétrole, à quelque chose d’impressionnant, vous ne trouvez pas ?