L’Iran refuse l’accès à son site militaire de Parchin

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Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, regrette l'absence de progrès concernant le site de Parchin (Photo: AIEA)
Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, regrette l’absence de progrès concernant le site de Parchin (Photo: AIEA)

Face à la demande de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Téhéran a rappelé, ce mardi, son refus de faire visiter son site militaire de Parchin, soupçonné d’accueillir des tests nucléaires.

«L’Iran poursuivra sa coopération avec l’AIEA à l’intérieur du cadre déjà établi». Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Ramin Mehmanparast, a été clair, ce lundi. Téhéran n’infirmera pas sa position sur la visite de son site militaire de Parchin. En tout cas, pas avant l’établissement d’un consensus avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

M. Mehmanparast a notamment réclamé «un accord général dans lequel ils [les responsables de l’AIEA, ndlr]reconnaissent nos droits au nucléaire pacifique et en contrepartie nous prendrons les décisions pour répondre à leurs inquiétudes».

Car face à la demande expressive de l’agence onusienne, Téhéran maintient le cap. «Les pas faits par les deux parties doivent être réciproques», a notamment martelé le porte-parole de la diplomatie iranienne.

«Un accès au site de Parchin sans autre délai»

Des déclarations qui font écho à celle du chef de l’AIEA, le Japonais Yukiya Amano. Ce dernier a réitéré, ce lundi, sa demande d’accès au site de Parchin. Une requête balayée par Téhéran.

«Je demande de nouveau à l’Iran de fournir sans autre délai un accès au site de Parchin, qu’un accord soit trouvé ou non sur une approche structurée», a ainsi déclaré M. Amano, d’après le texte de son discours au conseil des gouverneurs de l’AIEA, réuni à huis clos à Vienne depuis lundi.

Car l’impatience se mêle désormais à l’inquiétude du côté de l’agence internationale. Et pour cause, les négociations sur le programme nucléaire iranien entamées il y a plus d’un an avec Téhéran n’aboutissent toujours pas. «J’aimerais être en mesure de faire état de réels progrès à la prochaine réunion du conseil en juin», a déclaré M. Amano.

«Je voudrais clarifier le fait qu’un document sur une approche structurée n’est pas une fin en soi. […] Nous ne devons pas perdre de vue l’objectif qui consiste à régler toutes les questions en suspens concernant le programme nucléaire iranien», a-t-il ajouté.

Des accusations de tests d’explosion conventionnelle

L’AIEA soupçonne en effet l’Iran d’avoir procédé à Parchin à des tests d’explosion conventionnelle applicable au nucléaire mais aussi d’avoir fait disparaître toute trace compromettante sur place. L’accès à ce site était, jusqu’à présent, inclus dans des discussions sur une «approche structurée», qui permettrait à l’agence onusienne d’avoir un accès plus large à des sites, documents ou individus.

À l’image de la communauté internationale, l’AIEA craint que le programme nucléaire civil mené par l’Iran ne soit réalisé à des fins militaires, en vue d’acquérir l’arme nucléaire. Pour l’instant, Téhéran exclut toute visite sous prétexte que la base militaire de Parchin n’entre pas dans le cadre des enquêtes des inspecteurs de l’ONU.

L’enrichissement d’uranium à des fins militaires ?

Le chef de l’AIEA attend néanmoins que l’Iran change son fusil d’épaule et fasse preuve de transparence dans ce dossier. Ce qui constituerait déjà un geste fort. «Fournir un accès au site de Parchin serait une mesure positive qui contribuerait à témoigner de la volonté de l’Iran de coopérer avec l’agence sur la nature même de ses inquiétudes», a assuré M. Amano.

Dans un rapport de novembre 2011, l’AIEA avait dressé une liste d’éléments, présentés comme crédibles, indiquant que l’Iran avait travaillé à la mise au point de l’arme atomique avant 2003 et peut-être ensuite. Des accusations démentis en bloc par Téhéran.

En attendant, la réunion, la semaine dernière à Almaty, entre l’Iran et le groupe 5+1 a été jugé «utile» par les grandes puissances. Si aucune réelle avancée n’a été observée, la réouverture des négociations a permis de redonner l’espoir d’un accord éventuel dans les prochaines semaines. Une nouvelle rencontre est d’ailleurs prévue dès le mois d’avril.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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