L’opposition barheïnie appelle à poursuivre la lutte

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Le chef de Al-Wefaq, Ali Salmane (Photo: Mohamed CJ, Wiki)
Le chef de Al-Wefaq, Ali Salmane (Photo: Mohamed CJ, Wiki)

Le principal groupe de l’opposition chiite à Bahreïn a averti que le mouvement de contestation, déclenché en 2011, se poursuivrait malgré le dialogue national en cours avec le régime, selon ce que rapporte l’Ahlulbayt news Agency, l’ABNA, une «agence de presse» religieuse chiite militante basée en Grande-Bretagne et qui s’adresse, notamment, au public du Moyen-Orient et de l’Est africain.

Le groupe Al-Wefaq a déclaré que «le discours patriotique national ne s’arrêtera pas, parce que c’est ce dont le pays a besoin», ajoutant que «l’incitation du sectarisme et à la criminalité organisée et le mépris de l’identité et de l’histoire de Bahreïn doit se terminer.»

Al-Wefaq a appelé le ministère de la justice et des affaires islamiques à cesser de s’ingérer dans les questions liées au discours religieux «car ce n’est pas dans ses fonctions et qu’il n’a pas le droit de poursuivre et cibler toutes les opinions opposées à l’autorité.»

Le Wefaq, ou Al Wefaq National Islamic Society , la Société nationale islamique Al-Wefaq, chiite, est le plus grand parti d’opposition à la monarchie du Bahreïn, sunnite. Il s’agit du plus grand parti de cet État, à la fois en termes de membres que de sièges obtenus lors des différentes élections.

Dans le monde islamique, depuis toujours, orthodoxie sunnite s’oppose aux chiites, considérés par les sunnites comme des hérétiques.

La révolution pacifique pour des réformes est notre choix, cheikh Ali Salmane, le leader de Al-Wefaq, à l’ouverture du congrès général du parti jeudi soir 28 mars, à Saar, un village chiite près de Manama.

Des représentants du gouvernement, du Wefaq et d’autre groupes de l’opposition Wefaq, se réunissent deux fois par semaine depuis le lancement, le 10 février, d’un dialogue national pour sortir le pays de l’impasse politique.

Jusqu’ici, a indiqué cheiikh Ali Salmane, ce sont des séances préparatoires au dialogue et les négociationsne commenceront lorsque nous aborderons les principales revendications, notamment un gouvernement élu et les prérogatives du pouvoir législatif et judiciaire.

Nous voulons passer d’un système politique tribal, où une seule famille détient près de la moitié des postes ministériels, à un système où le peuple sera la source du pouvoir à travers des élections libres, a déclaré le chef du parti d’opposition, mais, à terme, Al-Wefaq vise à créer un État islamique pour remplacer la monarchie.

Une première tentative de dialogue national avait échoué en juillet 2011 quand ‘opposition s’étant retirée des pourparlers deux semaines après qu’ils aient débuté, s’estimant sous-représentée et marginalisée.

Malgré la répression brutale de la contestation de la mi-février à la mi-mars 2011 (selon la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), au moins 80 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation), des manifestations continuent d’avoir lieu régulièrement dans les villages chiites autour de la capitale, Manama.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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