Mali: plus que 3 000 soldats français en juillet

0
Soldat français et africains au Mali (Photo: ECPAD)
Selon le président du Sénat français, Jean-Pierre Bel, les forces françaises devraient être réduites à 3 000 unités d’ici au mois de juillet (Photo: Archives/ECPAD)

Si l’Opération Serval se poursuit dans le nord du Mali, les autorités françaises, maliennes et africaines se tournent progressivement vers une transition militaire et démocratique afin d’assurer la reconquête entière du pays et la tenue d’élections au cours de l’été.

«Pour le mois de juillet, on peut estimer qu’il restera à peu près 3 000 hommes de l’armée française au Mali», a ainsi estimé le président du Sénat français, Jean-Pierre Bel. Présent, lundi soir, lors d’une réunion organisée par le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, à propos de l’intervention française au Mali, M. Bel a rappelé que le retrait des forces françaises devrait se faire «de manière échelonnée».

Dans un communiqué publié par le gouvernement français, Jean-Marc Ayrault a précisé que la réunion a permis de faire le point notamment «sur la mission de formation EUTM Mali déployée par l’Union européenne, et sur les perspectives de transformation de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA) en Mission internationale des Nations Unies de stabilisation au Mali (MINUSMA)».

NOTRE DOSSIER SUR LE MALI >>

Cette intervention onusienne devrait prendre forme dès le mois de juillet afin de remplacer progressivement l’intervention française et africaine par une «mission de stabilisation», chapotée par les Nations Unies. Car pour Edmond Mulet, sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, il ne s’agit pas de mettre en place une opération visant à séparer les belligérants d’un conflit. «Les membres du Conseil de sécurité et les Etats membres sont très clairs pour que le Mali étende son autorité sur tout le territoire du Mali. La souveraineté du Mali est l’objectif principal de cet appui international», a-t-il déclaré, lors de son voyage à Bamako, le 17 mars dernier.

La menace islamiste est toujours d’actualité

En attendant de recouvrer l’intégrité du pays, les forces françaises et africaines poursuivent leurs opérations militaires dans le nord du pays. Car la neutralisation des groupes terroristes n’est pas encore aboutie. Si la mort d’Abou Zeïd, l’un des chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), a été confirmée, de nouveaux accrochages ont eu lieu, ce week-end dans la ville de Gao. Un militaire malien, quatre islamistes et un civil ont trouvé la mort lors de l’attaque d’un camp de l’armée malienne, revendiquée par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO).

Face à ces menaces répétées, les autorités maliennes tentent d’appréhender l’avenir du pays à l’issue des combats. Parmi ces priorités fixées, la tenue d’un scrutin démocratique se précise pour cet été. «Le gouvernement malien est déterminé à organiser les élections présidentielles et législatives à la période indiquée [juillet]par le président de la République», a ainsi affirmé, ce lundi, le Premier ministre malien, Diango Cissoko.

Il a également précisé qu’«un comité interministériel de suivi de la préparation de ces élections, [qu’il] préside également, vient d’être créé», ainsi qu’un «projet de chronogramme […] élaboré par le Ministère de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du Territoire».

Pour autant, le chef du gouvernement malien a assuré que «la libération totale des zones occupées et leur sécurisation, dans un délai très court, ainsi que la mobilisation à temps des ressources financières nécessaires à la tenue de ces élections restent des défis majeurs à relever». Une manière de ne pas précipiter la transition militaire, politique et sociale que doit observer le Mali dans les mois et les années à venir.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

Les commentaires sont fermés.