Mali: une opération de maintien de la paix se précise

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Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, souhaite que les Casques Bleus remplacent la Misma au Mali (Photo: UN Photo/JC McIlwaine)
Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, souhaite que les Casques Bleus remplacent la Misma au Mali (Photo: Archives/UN Photo/JC McIlwaine)

De l’opération Serval aux Casques bleus. Selon le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, une opération de maintien de la paix sous tutelle des Nations unies pourrait être mise en place dès le mois de juin.

«Nous allons passer du cadre actuel […] à un nouveau dispositif diplomatique, une opération de maintien de la paix, qui devrait probablement être votée au mois d’avril et appliquée deux mois plus tard, et qui sera chapeautée par l’ONU et financée par les Nations unies», a ainsi déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Interrogé, ce mardi, devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, l’ancien Premier ministre a donc poursuivi la ligne directrice du président de la République française, François Hollande. «Les troupes françaises n’ont pas pour vocation de rester éternellement au Mali», a notamment déclaré M. Fabius.

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Toujours ferme sur le sujet, le chef de la diplomatie française avait d’ores et déjà déclaré que les forces déployées depuis le 11 janvier dernier dans le cadre de l’opération Serval se retireront progressivement du pays dès le mois d’avril.

La mise en place d’une opération de maintien de la paix au Mali permettrait ainsi d’épauler la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA), jusqu’alors composée de 6 300 soldats du Tchad et d’Afrique de l’Ouest. «Cette force de sécurisation reprendra la MISMA et pourra être étendue à d’autres», a ajouté M. Fabius.

Permettant notamment de palier aux contraintes financières actuelles de la Mission africaine, cette nouvelle opération onusienne pourrait mobiliser au total jusqu’à 10 000 hommes, selon le chef de la diplomatie française.

Le Burundi se joint à la MISMA

Par ailleurs, le Burundi devrait se joindre à la MISMA en envoyant des troupes dans les prochains jours. Une information saluée par le président français, François Hollande, qui recevait son homologue burundais, Pierre Nkurunziza, ce mardi, à Paris.

«Le chef de l’État a remercié M. Nkurunziza pour sa volonté de contribuer en troupes à la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA), nouvelle illustration de l’engagement du Burundi pour la sécurité du continent africain», a précisé la présidence française dans un communiqué.

François Hollande a également tenu à rappeler les engagements de la France au Mali. Si l’opération Serval avance à pas comptés dans le nord du pays, le président français n’est pas sans rappeler l’importance de la présence tricolore sur le sol malien.

«Nous sommes sur le point d’atteindre la dernière phase de notre opération et de laisser les Africains et ceux qui les soutiennent, au nom de la communauté internationale, prendre le relai dans le cadre d’opération de maintien de la paix. Là encore, si nous sommes dans cette région, ce n’est pas pour le seul Mali, c’est pour la sécurité de l’ensemble de l’Afrique et aussi de l’Europe. J’espère que chacun le comprend», a-t-il déclaré à l’issue d’une rencontre avec le président israélien, Shimon Peres, à Paris.

La question du développement au cœur de la reconstruction

Des déclarations qui font écho à celles de Laurent Fabius, ce lundi, sur les antennes de CNN. Après avoir évoqué l’efficacité militaire de l’opération Serval, le chef de la diplomatie française a noté l’ensemble des efforts à accomplir pour restaurer l’intégrité du Mali.

«Nous devons aussi faire des progrès sur le plan de la démocratie, et cela dépend de l’État malien qui doit déterminer un dialogue entre le nord et le sud. Et en même temps, le troisième aspect sur lequel nous devons insister, c’est la question du développement. Ce qui a été fait jusqu’à présent au Mali est du très bon travail», s’est-il félicité.

Intervenue il y a désormais plus de deux mois, la France tente donc de s’organiser pour passer progressivement le témoin aux autorités africaines et internationales. Quelque peu esseulée lors du lancement de l’opération Serval, l’armée française s’approche désormais d’une transition nécessaire pour le maintien de la paix et la reconstruction du pays.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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