Nouvelles sanctions du Conseil de sécurité contre la Corée du Nord

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Le Conseil de sécurité des Nations unies renforce ses sanctions, notamment financières, à l'encontre de la Corée du Nord (Photo: Nations Unies)
Le Conseil de sécurité des Nations unies renforce ses sanctions, notamment financières, à l’encontre de la Corée du Nord (Photo: Nations Unies)

Face aux nouvelles menaces proférées par la Corée du Nord, le Conseil de sécurité des Nations unies a voté, ce jeudi, la mise en place d’une nouvelle résolution visant à renforcer les sanctions à l’encontre de Pyongyang.

La tension monte dans la péninsule coréenne. Devant les invectives lancées par le régime de Kim Jong-Un, la communauté internationale est montée au créneau, ce jeudi.

Votée à l’unanimité de ses quinze membres, la résolution 2094 du Conseil de sécurité des Nations unies prévoit notamment de tarir les sources de financement utilisées par Pyongyang pour nourrir ses ambitions militaires et balistiques.

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Cette résolution met également sous surveillance les diplomates nord-coréens et élargit une liste noire de particuliers et entreprises soumis à des gels d’avoirs ou à des interdictions de voyager.

Des inspections de cargaisons suspectes en provenance ou à destination de la Corée du Nord seront désormais obligatoires alors que les dignitaires du régime nord-coréen auront l’interdiction totale de se procurer une série de produits de luxe précisée par la résolution 2094. Une résolution à laquelle la Chine, jusque-là allié principal de Pyongyang, a grandement participé.

Accentuer «l’isolement de la Corée du Nord»

Annonçant leur «plus grande inquiétude» à l’égard de la menace nucléaire nord-coréenne, les membres du Conseil de sécurité ont également assuré qu’ils seraient prêts à prendre «d’importantes mesures supplémentaires», sans préciser la nature de celles-ci.

En «accentuant l’isolement de la Corée du Nord», ces nouvelles sanctions permettront ainsi de «frapper durement» la Corée du Nord, selon l’ambassadrice américaine à l’ONU, Susan Rice.

«Le monde entier est uni dans sa volonté de dénucléariser la péninsule coréenne», a-t-elle martelé, ajoutant que «défier la communauté internationale va coûter plus cher aux dirigeants nord-coréens».

La Corée du Nord «se réserve le droit de lancer une attaque nucléaire préventive»

Des déclarations qui interviennent quelques heures après les nouvelles invectives lancées par Pyongyang. Accusant les États-Unis de vouloir déclencher une guerre atomique, la Corée du Nord a menacé Washington d’une frappe nucléaire «préventive».

«Puisque les États-Unis s’apprêtent à déclencher une guerre nucléaire, [nos]forces armées révolutionnaires […] se réservent le droit de lancer une attaque nucléaire préventive pour détruire les bastions des agresseurs», a déclaré un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l’agence officielle KCNA.

Quelques jours seulement après les menaces lancées par le régime de Kim Jong-Un visant à dénoncer l’accord d’armistice de 1953, le porte-parole de la diplomatie nord-coréenne a également averti qu’une seconde guerre de Corée était «inévitable».

Et pour cause, Pyongyang s’insurge face à la volonté des États-Unis et de la Corée du Sud de maintenir leurs exercices militaires conjoints au large de la péninsule coréenne. De grandes manœuvres visant à prévenir une guerre totale qui irritent le régime nord-coréen.

Vers une guerre du Pacifique ?

Pour autant, le Rodong Sinmun, journal officiel du parti unique, a pour sa part menacé de l’arrivée d’une «guerre thermonucléaire». «La guerre ne serait pas confinée à la péninsule coréenne», a-t-il précisé, faisant écho aux déclarations de la diplomatie nord-coréenne à l’encontre de Washington.

Mais, pour Susan Rice, la Corée du Nord «n’obtiendra rien par la provocation». De son côté, l’ambassadeur chinois auprès de l’ONU, Li Baodong, a affirmé que «la priorité désormais est de faire baisser la tension, de calmer le jeu et de revenir sur la voie de la diplomatie», ajoutant que cette résolution est «une étape importante, mais nous avons besoin d’une stratégie globale».

Une stratégie globale pour faire face à la politique radicale et autoritaire menée par le président nord-coréen Kim Jong-Un, s’appuyant sur le troisième essai nucléaire, effectué en février, pour affirmer ses réticences à l’égard des sanctions de la communauté internationale.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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