Obama annonce 200 millions à la Jordanie pour l’aide aux réfugiés syriens

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Le cap du million de réfugiés a été franchi au coeur du conflit syrien (Photo: Nations Unies)
Le cap du million de réfugiés a été franchi au coeur du conflit syrien (Photo: Nations Unies)
À la conférence de presse conjointe avec le roi Abdullah II de Jordanie vendredi 22 mars à Amman, le président Omama a annoncé qu’il fournirait cette année, avec l’accord du Congrès américain, 200 millions $ d’aide additionnelle à la Jordanie pour lui permettre de continuer à venir en aide aux réfugiés syriens accueillis par le royaume hachémite.

Plus tôt, lors de la conférence de presse, le roi Abdullah avait souligné que la Jordanie accueille aujourd’hui, de loin, le plus grand nombre de réfugiés syriens. Les chiffres ont juste dépassé 460.000 Syriens. «C’est 10 pour cent de notre population. Et ces chiffres alarmants, si les taux continuent comme on le voit aujourd’hui, vont probablement doubler d’ici la fin de l’année.»

Pour mieux se faire comprendre du public américain, le souverain hachémite a comparé la situation à ce qu’elle serait si les États-Unis devaient accueillir un nombre de réfugiés représentant 10% de leur population : «Pour les Américains dans l’assistance, c’est l’équivalent de 30 millions de réfugiés à la frontière des États-Unis – et la possibilité que cela aille jusqu’à 60 millions d’ici la fin de l’année – par rapport, évidemment, à nos populations.»

Le camp de réfugiés dans le nord (le camp de réfugiés Zaatari) a aussi souligné l’hôte du président Obama, est aujourd’hui la cinquième plus grande ville en Jordanie. «Et, évidemment, cela représente un coût économique et financier en raison de l’afflux, en plus du déclin de l’économie qui est déjà sous des pressions extérieures considérables avec une région instable et une économie mondiale stagnante qui se remet encore [de la récession].

Reconnaissant la gravité du problème, Barack Obama a déclaré popur sa part: «Nous partageons les préoccupations de la Jordanie à propos de la violence qui déborde la frontière, alors je veux profiter de cette occasion pour préciser les États-Unis se sont engagés envers la sécurité de la Jordanie, qui est soutenu par notre alliance solide.»

«Comme il a été mentionné, au cours de cette crise, le peuple jordanien ont fait preuve de générosité extraordinaire, a poursuivi le président américain, mais les effets de pression tant de réfugiés, inévitablement, sont visibles. Tous les jours, les Jordaniens tendent la mains à leurs voisins, mais c’est un lourd fardeau. Et la communauté internationale doit intensifier son aide afin de s’assurer qu’ils [les Jordaniens]puissent aident ce fardeau.»

«Nous sommes déjà le principal donateur d’aide humanitaire au peuple syrien. Une partie de cette aide a aidé des gens, ici, en Jordanie«, a souligné le président Obama en annonçant les 200 millions additionnels en soutien budgétaire pour la Jordanie qu’il entend obtenir du Congrès.», précisant que «Cela signifiera plus d’aide humanitaire dans les services de base, notamment l’éducation pour les enfants syriens si loin de chez eux et dont les vies ont été bouleversées.»

Obama, inquiet des lendemains du conflit

Par ailleurs, Barack Obama s’est dit très inquiet que la Syrie devienne une enclave des extrémistes,

«Et bien, je suis très inquiet que la Syrie une enclave de l’extrémisme, parce que les extrémistes prospèrent dans le chaos. Ils se développent dans l’espace [qui a été le théâtre ]d’un échec. Ils prospèrent dans les vides de pouvoir. Ils n’ont pas beaucoup à offrir quand il s’agit de réellement construire des choses, mais ils sont très bons pour exploiter des situations quand plus rien ne fonctionne. Ils comblent alors ce vide.», a-t-il dit en conférence de presse vendredi.

«Ce à quoi nous devons passer beaucoup de temps à réfléchir, c’est aux lendemains du conflit», a poursuivi le président américain «[…] et comment cela fonctionne-d’une manière qui sert réellement le peuple syrien – et, soit dit en passant, sert le peuple syrien à partir de tous les horizons, de toutes appartenances religieuses. Parce que l’une des choses que nous savons qui se passe dans cette région, c’est que si nous ne parvenons pas à créer un modèle dans le monde arabe où les gens peuvent vivre côte à côte – indépendamment du fait qu’ils sont chiites ou sunnites ou druzes ou Alaouites – quelle que soit la manière dont ils adorent leur Dieu – si nous ne créons pas cette possibilité, ces problèmes vont se produire encore et encore et encore et encore.»

Et de conclure Barack Obama, «ce genre de lignes de fracture sectaires et tribales […] Elles ne créent pas d’emplois. Elle ne mettez pas de nourriture dans la bouche des enfants. Elles ne fournissent pas une éducation. Elles ne créent pas une économie florissante.»

Revenant, à la faveur d’une question lors de la conférence de presse à l’utilisation de l’arme chimique en Syrie, le président américain a aussi réitéré la position que les États-Unis avaient avait déjà exprimé : «Nous avons demandé [une enquête]et nous savons que l’ONU va maintenant aller de l’avant avec une enquête sur ce qui s’est passé. Nous surveillons la situation nous-mêmes. J’ai dit publiquement que l’utilisation d’armes chimiques par le régime d’Assad changerait la donne de notre point de vue, car une fois que vous laissez cette situation déraper, elle échappe à tout contrôle, il est très difficile d’arrêter, et cela peut avoir des répercussions énormes dans toute la région.

Finalement, interrogé sur la possibilité, pour hâter la fin du conflit que la Jordanie offre de nouveau l’asile politique au leader syrien, le roi Abdullah a déclaré  que c’était une possibilité qui devrait être discuté en temps opportun avec la communauté internationale, si cela peut hâter la fin du conflit.

«Je pense que la question de l’asile est quelque chose à quoi Assad doit répondre lui-même. Tout d’abord, s’il est intéressé par l’asile et serait-il intéressé à venir en Jordanie?», a dit le roi, ajoutant : «Évidemment, de notre point de vue, comme nous le disions, nous avons besoin d’une transition politique inclusive le plus rapidement possible, alors, si la question de l’asile se pose, c’est quelque chose que, je pense, où chacun d’entre nous aurait à mettre nos idées en commun et déterminer si oui ou non, si cela met fin rapidement à la violence, c’est quelque chose qui mérite d’être poursuivie. Donc, c’est une question qui est un peu au-delà de mes compétences, à ce stade, mais quelque chose que, je suis sûr, si jamais la question se pose, nous discuterons au niveau de la communauté internationale.»


La conférence de presse conjointe du président Obama et du roi Abdullah II de Jordanie, 22 mars 2013 (Vidéo: White House)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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