On devrait voir des Casques bleus de l’ONU au Mali dès juillet (PHOTOS)

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L’ONU dit pouvoir compter sur  la présence complète de sa mission de stabilisation au Mali en juillet pour être en mesure de  prendre la relève de la mission africaine Misma et de l’armée française, a déclaré samedi à Bamako Edmond Mulet, sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, précisant toutefois que ce déploiement devrait être précédé par un vote au Conseil de sécurité de l’ONU.

Il ne s’agit pas, a déclaré Edmond Mulet, d’une force d’interposition, qui ferait tampon entre le Nord et le Sud. Les membres du Conseil de sécurité et les États membres sont très clairs pour que le Mali étende son autorité sur tout le territoire du Mali, a souligné le sous-secrétaire aux opérations de la paix des Nations-Unies.

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, avait déclaré mardi 12 mars qu’une opération de maintien de la paix sous tutelle des Nations unies pourrait être mise en place dès le mois de juin. «Nous allons passer du cadre actuel […] à un nouveau dispositif diplomatique, une opération de maintien de la paix, qui devrait probablement être votée au mois d’avril et appliquée deux mois plus tard, et qui sera chapeautée par l’ONU et financée par les Nations unies», avait dit le ministre français des Affaires étrangères.

Interrogé, ce mardi, devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, l’ancien Premier ministre avait poursuivi la ligne directrice du président de la République française, François Hollande. «Les troupes françaises n’ont pas pour vocation de rester éternellement au Mali», avait alors réitéré Laurent Fabius, précisant que les forces déployées depuis le 11 janvier dernier dans le cadre de l’opération Serval, quand la France a dû intervenir seule devant l’urgence de la situation, se retireront progressivement du pays dès le mois d’avril.

Quant à la Misma, la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine, elle déploie actuellement environ 6 300 soldats d’Afrique de l’Ouest et du Tchad, qui s’ajoutent ainsi aux quelque 4 000 soldats français. La mise en place d’une opération de maintien de la paix au Mali permettrait ainsi d’épauler la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine, avait alors souligné le ministre français des Affaires étrangères.

La force de stabilisation pourrait déployer jusqu’à 10 000 hommes aux forces africaines et au contingent tchadien, qui n’est pas sous commandement de la Misma mais combat tout de même aux cotés des Français et des Maliens.

Pour sa part, le premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, en visite au Canada et au Québec, a dit lui aussi vendredi 15 mars, lors d’une conférence de presse conjointe avec la première ministre du Québec Pauline Marois, que «ce processus à la fois militaire, ce processus à la fois politique, doit conduire au retrait progressif des troupes françaises, qui devrait commencer fin avril, relayé donc je l’ai dit par les troupes africaines, et ce qui devrait également conduire à un changement au niveau des Nations Unies pour transformer la résolution qui avait donc été adoptée et qui pourrait déboucher sur une opération de maintien de la paix […]».

Par ailleurs, à l’issue d’une rencontre de travail avec le premier ministre français, la première ministre du Québec a d’ailleurs offert les services du Directeur général des élections du Québec pour aider à la tenue d’élections libres au Mali en juillet prochain.

Le ministre malien des Affaires étrangères à New-York

Pendant ce temps, le ministre des Affaires érangères du Mali, Tiéman Coulibly, était à New-York, où il s’est justement entretenu au siège des Nations Unies avec le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et le Secrétaire général adjoint chargé des Opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous.

Tiéman Coulibala y aussi évoqué, en marge de ces rencontres, l’existence d’éléments du Polisario dans les rangs du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest(Mujao).

Le Front Polisario, de l’abréviation espagnole de Frente Popular de Liberación de Saguía el Hamra y Río de Oro (Front populaire de Libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro), est un mouvement politique et armé du Sahara occidental, créé en 1973 pour lutter contre l’occupation espagnole.

Le Polisario existe toujours et il  est opposé depuis 1975 au Maroc pour le contrôle du Sahara occidental.

Quant à lui, le ministre malien a annoncé son intention de se rendre prochainement au Maroc pour évoquer la situation au Sahel et remercier les autorités marocaines pour leur soutien au peuple malien.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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