Opération Attention en Afghanistan: le médical pour reconstruire la société (PHOTOS)

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À Kaboul ou à Mazar-e-Sharif (nord du pays), les militaires canadiens de l’Opération Attention participent à plusieurs types de formations. Dans ces deux villes, deux équipes sont en charge du médical. 45eNord.ca s’est rendu sur place en décembre dernier.

En partant de Kaboul, il faut prendre la voiture, l’avion et l’hélicoptère pour se rendre sur le camp Mike Spann, à Mazar-e-Sharif, à plus de 300 km au nord-ouest de Kaboul. Ici, c’est notamment un centre de formation militaire entier qui est en train d’être construit sous l’œil de Canadiens, Américains et Allemands. Le colonel Abdulftah Qteh, responsable des opérations du Centre d’instruction militaire régional – Nord dit se réjouir de la construction du site. Mais en plus de ce centre de formation, une équipe composée de militaires américains, allemands et canadiens sont chargés de veiller à la bonne mise en place du nouvel hôpital militaire régional – Nord.

Le lieutenant-colonel Simon Boucher, commandant de l’équipe de commandement du contingent canadien du Centre d’instruction militaire régional – Nord explique qu’avant que la rotation 2 n’arrive en octobre 2012, «il y avait une force d’environ 30 Canadiens qui faisaient du mentorat avec le personnel de l’école. Depuis que nous sommes arrivés, il y a juste un Canadien qui travaille avec eux-autres pour faire du mentorat au niveau de l’administration».

C’est justement le capitaine Williams Colas du 12e Régiment blindé du Canada qui est responsable de l’équipe de conseillers. Il explique que cela «fait plusieurs années que les Canadiens se sont investis dans la région pour former le personnel, pour leur donner les compétences académiques, les compétences techniques. Et désormais, ce personnel compétent, œuvre dans cet hôpital […] qui est maintenant rendu autonome. Nous, notre job, est simplement de les aiguiller, de les aider à finaliser certains petits problèmes administratifs».

Commandant en second de l’hôpital, le colonel Talash se dit satisfait du mentorat effectué par les forces de la coalition. «Cet hôpital a été le premier à passer sous contrôle afghan et nous en sommes très fiers. Nous avons de bons mentors.»

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Dans la capitale

Dans la capitale afghane, c’est à la nouvelle enceinte de Kaboul que 45eNord.ca s’est rendu. Ici, près d’une quarantaine de Canadiens travaillent a mettre en place des programmes pour l’Académie des sciences médicales des forces armées (ASMFA), l’école de soins de santé pour l’armée afghane).

«On a une équipe divisée en plusieurs spécialités, adjoint au médecin, infirmier et médecin, qui aide à bâtir un programme d’instruction. Notre rôle c’est de bâtir l’institution, il y a une autre équipe qui se charge de prodiguer les soins», précise le lieutenant-colonel Manon Asselin, de la 5e Ambulance de campagne, qui est commandant-adjoint de l’équipe de conseillers de l’ASMFA.

L’objectif à long terme est de faire en sorte que l’ASMFA devienne un centre d’excellence de l’Afghanistan en matière d’éducation et de formation médicales militaires.

Dans une salle de classe, 18 étudiants se pratique à la prise de sang sous l’œil d’aviseurs canadiens. Tous font partis du programme en soins infirmiers.

Sayeda Qeam est capitaine dans l’Armée nationale afghane, mais aussi anesthésiste à l’hôpital militaire national, dans le centre de Kaboul. Elle est la seule femme de l’hôpital à conduire.
Son rôle est de prendre en charge les militaires, leurs familles, mais aussi toute personne qui pourrait être blessée suite à un attentat par exemple.

«C’est comme une tradition que les femmes doivent travailler en gynécologie; qu’elles ne doivent pas travailler avec des hommes ou en chirurgie, nous a dit la jeune femme. Pendant deux ans, j’ai été la seule femme a travailler dans une unité de soins intensifs, mais un jour le chef de l’hôpital a dit vouloir plus de femmes. Maintenant, c’est bien ici.»

Sous l’ère des talibans (1996-2001), les femmes ne pouvaient pas travailler, étudier ou même sortir de chez elles.

Au retrait des troupes canadiennes en mars 2014 et du reste de la Coalition en décembre de la même année, tous souhaitent avoir réussi leur mission de mettre en place un système médical militaire durable en Afghanistan.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

Discussion2 commentaires

  1. Aline Fontaine

    Merci pour votre article,
    J’ai eu beaucoup de difficulté à penser que ma soeur se rendait en Afghanistan aider un peuple qui ne donne aucun droit aux femmes. Votre article est positif, informatif et réconfortant. Je sais qu’il y a tellement à faire mais au moins il y a espoir.

  2. Nicolas Laffont

    Bonjour Aline,
    espoir et crainte. Ces deux mots ne vont pas ensemble, mais ils se côtoient. Tous les espoirs sont permis, car, oui, la situation a bien changé depuis le règne des Talibans. L’anesthésiste que j’ai interrogé me disait qu’avant elle sortait pas de chez elle, maintenant elle travaille a l’hôpital, conduit une voiture, … Les choses avancent, doucement mais surement.
    Après, il faudra voir lorsque 2014 arrivera et c’est ce qui inquiète les femmes sur place. Partir, oui, mais partir vite, non.
    PS: un autre exemple que les choses changent: il m’est arrivé de voir dans les rues de Kaboul des femmes entièrement voilées, mais aussi des femmes coiffées a l’occidental, en jean… impensable il y a seulement dix ans! Ca prend du temps de changer toute une société et ca fait « seulement » dix ans. 🙂