Syrie: la prise de Raqa, une avancée inédite pour les rebelles

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Alors que la statue d'Hafez al-Assad a été détruite par les rebelles, plusieurs affiches de Bachar al-Assad ont également été attaqués (Photo: OSDH)
Alors que la statue d’Hafez al-Assad a été détruite par les rebelles, plusieurs affiches de Bachar al-Assad ont également été attaqués (Photo: OSDH)

Si la communauté internationale peine à trouver un consensus pour résoudre le conflit syrien, les affrontements se poursuivent à l’intérieur du pays. Suite à une offensive rebelle, ce lundi, la ville de Raqa pourrait devenir la première capitale provinciale à tomber aux mains des insurgés.

Pour Rami Abdel Rahmane, ce n’est plus qu’une question d’heures. Selon le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, Raqa va devenir la première capitale d’une province hors du contrôle du régime.

«Les rebelles contrôlent presque entièrement la ville. Il y a encore quelques foyers de résistance des forces du régime, en particulier le siège de la sécurité militaire et le bâtiment du parti Baas», a ainsi précisé l’OSDH.

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Dans cette ville du Nord du pays, les combats se poursuivent donc entre rebelles et forces du régime. L’aviation de l’armée syrienne effectuerait ainsi des raids au-dessus de la ville pour disperser les rebelles, selon l’OSDH.

L’organisation syrienne évoque également des dizaines de morts et de blessés au cours de ces affrontements. Parmi ceux-ci, un chef de la police syrienne aurait perdu la vie tandis que deux autres hauts responsables de la sécurité d’État et de la sécurité politique auraient été arrêtés.

Une statue de Hafez al-Assad détruite

Pour autant, les djihadistes du Front al-Nosra et d’autres groupes insurgés semblent avoir pris le contrôle de la majeure partie de la ville. Sur une vidéo mise en ligne par des militants, on peut voir qu’une statue de Hafez al-Assad, ancien chef d’État et père de Bachar al-Assad, a été détruite. Plusieurs centaines de manifestants ont également clamé leur haine à l’égard du président actuel.

Cette offensive rebelle dans la ville de Raqa, située sur l’Euphrate, à proximité de la frontière turque, intervient quelques jours après plusieurs opérations menés aux abords de la ville. Après avoir coupé toutes les voies d’approvisionnement d’armes et de renforts de l’armée vers la ville, les insurgés ont pénétré dans l’aéroport militaire de Menagh, à 30 km au nord-ouest de la ville. Ils ont également fait sauter un pont au sud-est d’Alep pour empêcher l’arrivée de renforts vers le principal aéroport du nord du pays.

Les États-Unis refusent d’armer les rebelles

La preuve, une fois de plus, de la détermination tenace des rebelles syriens face au régime de Bachar al-Assad. Face à cela, la communauté internationale reste profondément divisée sur la stratégie à adopter pour résoudre ce conflit.

S’il a maintenu son refus d’armer les insurgés, le secrétaire d’État américain, John Kerry, a promis, ce lundi, lors d’une visite en Arabie Saoudite, que les États-Unis continueraient «d’œuvrer pour renforcer l’opposition syrienne».

Un soutien qui reste toutefois minime pour les insurgés. Armés notamment par l’Arabie Saoudite et le Qatar, ils poursuivent leur lutte interminable avec le régime syrien. Mais si les victimes se multiplient de jour en jour (plus 70 000 selon l’ONU), la communauté internationale semble bien impuissante face à une guerre civile de près de deux ans. En attendant, l’opposition poursuit sa rébellion et le régime, sa répression.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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