Syrie: le régime et les rebelles s’accusent d’utiliser des armes chimiques

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Damas et l'opposition syrienne s'accusent mutuellement d'avoir eu recours à l'arme chimique (Photo: Archives/Oscar Ta/YouTube)
Damas et l’opposition syrienne s’accusent mutuellement d’avoir eu recours à l’arme chimique (Photo: Archives/Oscar Ta/YouTube)

Les forces gouvernementales et les insurgés s’accusent mutuellement d’avoir utilisé des armes chimiques, ce mardi, dans des attaques perpétrées à Alep, dans le nord du pays, et à al-Otaybah, dans la banlieue est de Damas.

Selon un photographe de Reuters, rapportant des propos de victimes à l’hôpital universitaire d’Alep ainsi qu’à l’hôpital al-Rajaa, les gens suffoquaient dans les rues et l’air sentait très fort le chlore.

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Aucun des deux camps ne remet en cause ces différentes attaques. Pour autant, chacun accuse l’autre de les avoir menées à l’aide d’armes non conventionnelles. Premier à avoir lancé les hostilités, le régime syrien a d’abord accusé les insurgés d’agir ainsi.

«Les terroristes ont lancé un missile contenant des produits chimiques sur la région de Khan al-Assal dans la province d’Alep, tuant 15 personnes, en majorité des civils», a affirmé l’agence de presse officielle Sana. Cette dernière a évoqué un premier bilan de 15 morts, réévalué par l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), faisant état de 26 victimes, parmi lesquels 16 soldats.

Des accusations démenties par l’opposition. Selon un porte-parole de l’Armée Syrienne Libre (ASL), Louay Muqdad, cité par l’AFP, l’armée régulière aurait visé Khan al-Assal en utilisant un missile de longue-portée. S’il n’a pas pu confirmer l’usage d’armes chimiques, Louay Muqdad a pour autant évoqué que ce missile contenait des matériaux non conventionnels.

Précisant que l’opposition syrienne ne disposait ni de missile de longue portée, ni d’arme chimique face au régime de Bachar al-Assad, le porte-parole de l’ASL  a assuré que, si tel était le cas, les insurgés ne les utiliseraient pas en prenant des rebelles pour cibles.

Par ailleurs, à la suite de bombardements à al-Otaybah, dans la banlieue de Damas, des opposants  au régime syrien ont diffusé lundi soir et mardi matin des vidéos montrant, selon eux, des hommes touchés par une attaque à l’arme chimique.

Moscou accuse les rebelles, Washington n’a «aucune preuve»

En attendant, la communauté internationale n’a pas tardé à réagir pour condamner ces différents agissements. S’appuyant sur les affirmations de l’agence Sana, Moscou, allié proche de Bachar al-Assad, a fait part de son inquiétude à l’égard des rebelles.

«Selon des informations en provenance de Damas, un cas d’utilisation d’armes chimiques par des opposants armés a été constaté dans la province d’Alep», a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, se disant «très préoccupé».

De son côté, Washington a affirmé ne disposer d’«aucune preuve» attestant de l’utilisation éventuelle d’armes chimiques par les rebelles syriens. Le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney, a ainsi traduit le scepticisme des États-Unis à l’égard des accusations portées par Damas.

Rappelant que le président américain a d’ores et déjà mis en garde le gouvernement syrien contre l’utilisation de son stock d’armes chimiques, Jay Carney a souligné sa «grave inquiétude» sur l’usage éventuel de ces armes par le régime de Bachar al-Assad, une situation qui serait «totalement inacceptable».

En marge des accusations successives et mutuelles, plusieurs dizaines de civils ont été blessées dans ces attaques à l’arme chimique. Des femmes et des enfants ont été touchés dans ces bombardements, comme le rapporte un photographe de Reuters. Une situation déplorable qui laisse craindre le franchissement d’une nouvelle étape dans l’escalade des violences perpétrées au cœur de cette tragédie syrienne.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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