Syrie: les bombardements du régime font échouer la libération des otages philippins

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Une vidéo diffusée jeudi soir 7 mars montre six des observateurs philippins en habit militaire, l'un d'eux se présentant comme membre du «bataillon philippin au sein contingent de l'ONU» (Photo: OSDH/Youtube)
Une vidéo diffusée jeudi soir 7 mars montre six des observateurs philippins en habit militaire, l’un d’eux se présentant comme membre du «bataillon philippin au sein contingent de l’ONU» (Photo: OSDH/Youtube)

Un convoi de l’ONU est entré ce vendredi 8 mars dans le village syrien de Jamla pour y récupérer les otages retenus par des rebelles, mais a dû se retirer après un bombardement de l’armée syrienne sur un village proche, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

En effet, l’ONU espérait qu’un cessez-le-feu de quelques heures de l’armée syrienne permettrait la libération prochaine de ses 21 observateurs mais, «quand les véhicules de l’ONU sont entrés à Jamla, l’armée syrienne a bombardé un village voisin. Les véhicules de l’ONU se sont alors retirés de Jamla», a déclaré Rami Abdel Rahmane, président de l’OSDH, s’appuyant sur le témoignage d’un porte-parole du groupe rebelle responsable de l’enlèvement.

Le patron des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, a déclaré pour sa part à New York que Jamla était «soumis à un intense bombardement des forces armées syriennes», sans préciser s’il parlait du village où sont retenus les otages ou de la région toute entière.

Des négociations étaient en cours depuis jeudi pour obtenir la libération de 21 otages.

Dans le premier enlèvement du genre depuis le début du conflit il y a près de deux ans, des rebelles avaient enlevé 21 observateurs philippins de la Force de l’ONU chargée depuis 1974 de faire respecter un cessez-le-feu entre Israël et la Syrie sur la partie sud du plateau du Golan. Les responsables de la Force de l’observation du désengagement sur le Golan (FNUOD) avaient alors engagé des négociations pour obtenir leur libération.

La Brigade des martyrs de Yarmouk, le groupe rebelle qui les détient, avait d’abord déclaré à l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) qu’il exigeait pour la libération des otages le retrait de l’armée de Jamla.

Mais, un peu plus tard, dans un communiqué diffusé plus tard par SITE, le centre américain de surveillance de sites islamistes, les ravisseurs affirmaient plutôt que les observateurs de l’ONU avaient été «sauvés des bombardements » du régime, et qu’ils sont « sous notre protection jusqu’à ce que nous les conduisions dans des zones sûres» et les «soi-disant» ravisseurs, qui ne se conduisaient plus tout à fait en ravisseurs, appelaient même l’ONU à envoyer une équipe à laquelle ils seront remis.

Sur une des vidéos mises en ligne par les rebelles qui se sont emparés des 21 philippins, on peut voir trois des philippins portant une veste bleue, dont un affirme que l’Armée syrienne libre (l’armée rebelle) les traite bien, et qu’ils ne peuvent rentrer chez eux à cause des bombardements du régime.

Pendant ce temps, dans le nord-est de la Syrie, Raqa, première capitale provinciale à tomber aux mains des rebelles depuis le début du conflit, a été la cible d’intenses bombardements.


Vidéo de trois des 21 philippins retenus par des rebelles en Syrie (Vidéo: OSDH)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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