Syrie: l’opposition demande aux États-Unis le déploiement d’un bouclier antimissile

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La Russie tend la main à l'opposition syrienne...qui la repousse!
Le chef démissionnaire de l’opposition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib, a rappelé, ce mardi, lors du sommet de la Ligue Arabe à Doha, sa volonté de voir l’OTAN intervenir « pour protéger des vies » (Photo: Archives/politaia)

Lors du 24ème sommet de la Ligue arabe, organisé mardi et mercredi à Doha, au Qatar, le chef démissionnaire de l’opposition syrienne, Ahmed Moaz Al-Khatib, a renouvelé sa demande d’aide aux «pays frères et amis» pour faire chuter le président Bachar al-Assad.

Démissionnaire mais pas résigné, Ahmed Moaz Al-Khatib a offert son premier discours, ce mardi, lors du sommet de la Ligue arabe de Doha, invitant les alliés de l’opposition à s’impliquer davantage pour soutenir la rébellion actuelle.

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S’il discutera «ultérieurement» de sa récente décision de quitter la Coalition nationale syrienne (CNS), M. Al-Khatib s’est tout de même présenté à ce sommet, plusieurs dirigeants de pays arabes ou de l’opposition ayant insisté sur l’importance de sa présence.

Après avoir obtenu ce fameux siège de représentant de la Syrie au sein de la Ligue arabe, le chef démissionnaire de l’opposition a tenu à rappeler sa volonté de voir la Coalition siéger aux Nations Unies, en lieu et place des dirigeants du régime de Bachar al-Assad. Il a, pour cela, appelé les «pays frères et amis» à aider la CNS à «occuper le siège de la Syrie à l’ONU et dans les organisations internationales».

Un «droit absolu à l’autodéfense»

Accueilli sous les applaudissements en compagnie du nouveau Premier ministre de la Coalition, Ghassan Hitto, Ahmed Moaz Al-Khatib a également estimé que «le rôle des États-Unis doit être plus important que cela». Il a ainsi évoqué son entretien avec le secrétaire d’État américain, John Kerry, au cours duquel il a «demandé […] l’extension du déploiement du bouclier antimissile Patriot pour qu’il couvre le nord de la Syrie», ajoutant que John Kerry «a promis d’étudier [sa]requête».

Mais si M. Al-Khatib a assuré qu’il attendait «toujours une décision de l’OTAN pour protéger des gens, pas pour combattre mais pour protéger des vies», l’Alliance a refusé sa demande dans la foulée, précisant qu’elle n’avait pas l’intention de s’impliquer militairement sur le territoire syrien.

En plus des appels répétés de «soutien sous toutes les formes» à l’intention des rebelles, le chef démissionnaire de l’opposition a tenu à réaffirmer l’autonomie de la Syrie. «Le peuple syrien choisira celui qui le dirigera, et la manière dont il sera gouverné, et aucun pays étranger ne le fera à sa place», a-t-il martelé.

Pas question, donc, de voir des pays voisins faire preuve d’ingérence dans la gestion politique de l’opposition. Une référence toute trouvée aux «alliés» comme le Qatar, critiqué ouvertement pour son implication présumée dans la désignation du nouveau Premier ministre de la Coalition.

Interrogé sur la chaine Al-Jazeera, Ahmed Moaz Al-Khatib avait justifié son choix de démissionner de la CNS, notamment pour «protester contre les puissances mondiales qui ne pensent à résoudre la crise [syrienne]qu’en fonction de leurs souhaits, de leurs intérêts ou selon leurs méthodes, sans tenir compte de la souffrance quotidienne du peuple».

Le Qatar comme principal soutien de l’opposition

S’il demande ainsi un renforcement de l’aide internationale accordée à la rébellion, il ne démord pas que c’est au peuple syrien de choisir son avenir. Une vision appuyée par l’émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani. Lors de son discours, ce mardi, ce dernier a appelé à «une solution politique en Syrie, à condition qu’elle n’implique pas un retour en arrière», jugeant ainsi inconcevable de maintenir Bachar al-Assad au pouvoir.

Face aux réticences algériennes et irakiennes, l’émir qatari a tenu à justifier l’octroi du siège de la Syrie à l’opposition par «la légitimité populaire dont elle jouit en Syrie et du soutien dont elle bénéficie à l’extérieur». Ce siège syrien était jusqu’alors vacant depuis novembre 2011, le régime étant sanctionné pour la répression sanglante menée dans le pays.

Mais si la Coalition de l’opposition tente de retrouver une unité extrêmement fragile, la presse officielle syrienne n’a pas tardé à réagir à sa présence lors du sommet de la Ligue arabe. Pour le quotidien Techrine, proche de Damas, «l’État syrien sous la direction de Bachar el-Assad existe toujours pleinement à travers son peuple, son armée, ses institutions, ses services, ses autorités législative, exécutive et judiciaire».

Le journal a également ajouté que «ce vol commis par l’émirat du Qatar et d’autres collaborateurs, ainsi que par d’autres régimes arabes traîtres, en accordant à la coalition sponsorisée par Doha le siège de la Syrie à la Ligue arabe, est un crime du point de vue légal, politique et moral».

«Honte à vous, frères arabes, réunis dans la Ligue des loups», a, pour sa part, réagi l’organe du parti au pouvoir Al-Baas. Quand la guerre diplomatique s’ajoute au conflit militaire, l’issue de cette tragédie semble, pour l’heure, bien introuvable.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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