Syrie: l’opposition s’étonne du refus américain d’étendre le bouclier antimissile

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La Russie tend la main à l'opposition syrienne...qui la repousse!
Le chef démissionnaire de l’opposition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib, a rappelé, ce mardi, lors du sommet de la Ligue Arabe à Doha, sa volonté de voir l’OTAN intervenir « pour protéger des vies » (Photo: Archives/politaia)

Au lendemain du refus de Washington de voir l’OTAN fournir des batteries de missiles Patriot aux rebelles, le chef démissionnaire de l’opposition, Ahmed Moaz al-Khatib, s’est inquiété, ce mercredi, d’une telle décision, encourageant, selon lui, Damas à y voir un signe que «tout est permis» dans le pays.

«Il y a une volonté internationale pour que la révolution ne triomphe pas», a martelé Ahmed Moaz al-Khatib. «Mais le peuple qui a défié l’injustice et la tyrannie va poursuivre son chemin» jusqu’à la victoire, a-t-il ajouté, à Doha, lors de la cérémonie d’ouverture de la première ambassade de la Coalition nationale syrienne (CNS).

Le chef démissionnaire de l’opposition s’est également dit «surpris» de voir la Maison Blanche décliner la demande d’aide aux rebelles syriens, formulée à nouveau, ce mardi. «Le refus des Etats-Unis d’utiliser les missiles Patriot pour protéger une partie du territoire syrien encourage Damas à poursuivre sa politique irresponsable», a-t-il assuré.

Des déclarations qui répondent à celles de Jay Carney. Ce mardi, le porte-parole de Washington a rappelé que l’OTAN «n’a pas l’intention d’intervenir militairement en Syrie». Quelques heures plus tard, c’est au tour d’Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’OTAN, d’assuré que l’Alliance n’avait pas l’intention d’élargir le champ d’action de ce bouclier antimissile. Plusieurs batteries sont déjà présentes du côté turc de la frontière pour parer à tout missile tiré depuis le territoire syrien.

«Nous n’avons aucune intention offensive, notre objectif est d’assurer une protection effective du territoire et du peuple turcs», a ajouté M. Rasmussen, rappelant ainsi l’aspect délicat d’une intervention de la communauté internationale en Syrie.

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En attendant, l’opposition au régime de Bachar al-Assad tente de faire face à ses divergences internes. Si Ahmed Moaz al-Khatib a présenté sa démission du poste de président de la CNS, il a tenu à inaugurer, ce mercredi, à Doha, la première «ambassade» de l’opposition syrienne. Alors que celle du régime syrien est fermée au Qatar, M. al-Khatib a dirigé cette cérémonie en compagnie du ministre d’État des Affaires étrangères du Qatar, Khaled Al-Attiya.

Un évènement qui intervient au lendemain de la première journée du sommet de la Ligue arabe, à Doha, où la Coalition d’opposition a pu siéger pour la toute première fois, en lieu et place du régime de Bachar al-Assad.

Favorisée par le soutien qatari, cette obtention du siège syrien a d’ores et déjà fait réagir les partisans du président syrien. Dans un communiqué, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a tenu à témoigner du mécontentement de Moscou à l’égard de ce choix. «La décision prise par la Ligue sur la Syrie est illégale et infondée, parce que le gouvernement syrien était et reste le représentant légal auprès de l’Onu», a-t-il précisé.

Même son de cloche du côté de l’Iran. Faisant parti des principaux alliés du régime syrien, Téhéran a fait état du caractère «dangereux» de la présence de l’opposition syrienne au sein de la Ligue arabe. «Confier le siège de la la Syrie à la Ligue arabe à ceux qui n’ont pas le soutien du peuple établit un mode de fonctionnement dangereux pour le monde arabe qui peut créer un précédent à l’avenir pour d’autres membres de la Ligue arabe», a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdullahian. «C’est une violation des normes internationales, l’échec total de la Ligue arabe dans la région», a-t-il ajouté dans des propos rapportés par l’agence de presse étudiante ISNA.

Pas de quoi, cependant, freiner les intentions de la rébellion syrienne. Ahmed Moaz al-Khatib a ainsi rappelé la volonté de la CNS, principale instance d’opposition reconnue par la communauté d’internationale, de siéger aux Nations Unies en lieu et place du régime de Bachar al-Assad. Si aucune solution militaire et politique n’apparait pour mettre fin à la tragédie touchant le pays depuis plus de deux ans, la bataille diplomatique ne cesse de s’intensifier jour après jour. Pour un résultat des plus minimes.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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