Syrie: vers une intervention de la Ligue arabe pour «arrêter le massacre»?

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Le président israélien, Shimon Peres, s'est exprimé au Parlement européen, ce mardi, à Strasbourg (Photo: Parlement européen)
Le président israélien, Shimon Peres, s’est exprimé au Parlement européen, ce mardi, à Strasbourg (Photo: Parlement européen)

Dans quelques jours, le conflit syrien va tristement fêter son deuxième anniversaire. Alors que les combats se poursuivent, notamment à Alep et à Homs, le président israélien, Shimon Peres, a appelé, ce mardi, à une intervention de la Ligue arabe «pour arrêter le massacre».

À circonstance exceptionnelle, présence exceptionnelle. Pour la première fois depuis près de 30 ans, un président israélien s’est exprimé devant le Parlement européen. L’occasion pour Shimon Peres de se montrer ferme à l’égard de la situation en Syrie.

«La Ligue arabe peut et doit former un gouvernement provisoire en Syrie pour arrêter le massacre et empêcher la Syrie de s’effondrer», a ainsi déclaré le chef d’État israélien, ajoutant que «les Nations unies doivent soutenir une force de casques bleus arabes».

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Alors qu’un nouveau gouvernement doit être formé en Israël dans les prochaines semaines, le président Peres a maintenu qu’une intervention de la Ligue arabe est «la meilleure solution» face à son homologue syrien, Bachar al-Assad. «On ne peut rester les bras croisés alors que le président syrien massacre son propre peuple et ses enfants», a-t-il assuré.

En revanche, il a totalement rejeté l’idée d’une intervention de la part de la communauté international. Et pour cause, il estime qu’elle «serait perçue comme une ingérence étrangère».

Des déclarations qui font écho à celles effectuées, ce lundi, dans une entrevue accordée à Paris-Match. Shimon Peres avait alors déclaré que la Ligue arabe était la plus habilitée pour stopper la tragédie syrienne.

«Pour ma part, je crois que la meilleure façon de l’arrêter serait de faire intervenir la Ligue arabe. La Syrie en est membre, et les Nations unies devraient la mandater pour faire cesser ce bain de sang, élaborer un gouvernement de transition, organiser des élections», assurait-il.

Le président israélien a également martelé que «Bachar al-Assad sera limogé par son propre peuple, ce qui est la meilleure solution. Il n’a pas de futur parce qu’il a tué trop de gens […] dans le but d’en avoir un».

Les rebelles tentent de reprendre le quartier de Bab Amro, à Homs

Si l’avenir du pays s’écrit en pointillés, c’est aussi et surtout à cause de l’absence quasi-totale de dialogue entre les représentants de chaque partie. Alors que plusieurs rapprochements timides ont été tentés entre le régime de Bachar al-Assad et les représentants de l’opposition, cette lente diplomatie ne peut masquer la férocité des combats.

Des combats qui se poursuivent puisque de nouveaux bombardements ont eu lieu à Homs, dans l’ouest du pays. «Les forces régulières installées, à l’Université d’al-Baas, bombardent violemment aux roquettes des secteurs de Bab Amro», quartier symbolique de la rébellion, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Au cœur de ce quartier repris par l’armée il y a un an et contesté par les insurgés, des affrontements ont également lieu entre soldats et rebelles syriens. Contrôlée à 80% par les forces du régime, la ville de Homs est le théâtre, depuis plusieurs jours, d’une intervention des forces syriennes contre les quelques enclaves rebelles restantes.

L’aéroport d’Alep, au cœur des affrontements

S’appuyant sur des militants et des sources médicales, l’OSDH a également précisé que des combats ont eu lieu à quelques encablures de Damas, à proximité d’une zone rurale où les rebelles sont retranchés.

Même constat du côté d’Alep, dans le nord du pays. Terrain de conflit depuis plusieurs semaines, l’aéroport de la ville est férocement disputé par les deux camps. Si les forces de Bachar al-Assad le contrôlent toujours, des assauts rebelles ont eu lieu sur les bases aériennes de Nairab et de Mannagh et contre le terrain d’aviation de Kweires.

Il n’y a pas de trêve pour la violence en Syrie. De jour en jour, le bilan humain s’alourdit. Ce lundi, ce sont encore 148 personnes qui ont trouvé la mort. Face à un tel bain de sang, Shimon Peres appelle à une intervention extérieure de la Ligue arabe. Mais pour l’instant, le peuple syrien reste dans l’impasse.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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