Toutes les communications entre les armées du Nord et du Sud de la Corée sont coupées

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La Corée du Nord fait un pas de plus sur le chemin de la guerre et coupe les communications militaires (Photo: Archives/KCNA)
La Corée du Nord fait un pas de plus sur le chemin de la guerre et coupe les communications militaires (Photo: Archives/KCNA)

Un pas de plus vers la guerre: la Corée du Nord a annoncé ce mercredi 27 mars que son armée coupait la ligne téléphonique d’urgence avec les forces armées de la Corée du Sud, rompant ainsi le dernier lien direct entre les deux pays, rapporte l’agence officielle nord-coréenne, KCNA.

«À partir de maintenant, toutes les communications militaires Nord-Sud sont coupées», a indiqué KCNA, citant un haut responsable militaire, ajoutant «Dans une situation où une guerre peut éclater à tout moment, il n’est plus besoin de maintenir», précisant que la ligne sera suspendue «aussi longtemps que dureront les actes hostiles et anachroniques du Sud».

À la mi-mars, le Nord avait interrompu le téléphone rouge entre Pyongyang et Séoul, lien de communication entre les gouvernements en cas d’urgence, qui datait de 1971 et qui avait auparavant été suspendue à cinq reprises par le Nord.

La ligne militaire suspendue ce mercredi servait quant à elle à organiser les mouvements de transports et de biens sur le complexe industriel de Kaesong,  géré par les deux pays et créée en 1984 comme symbole de la coopération entre les deux Corées.

L’origine des tensions remonte à début décembre, après le tir réussi d’une fusée que la Corée du Nord avait présenté comme le lancement d’une satellite de surveillance alors que la communauté internationale y voyait un tir de missile balistique.

Depuis début mars et l’adoption de nouvelles sanctions par l’ONU en réponse au test nucléaire mené le 12 février dernier par la Corée du Nord, le régime de Pyongyang s’est engagé dans une escalade de menaces et d’invectives dirigées contre la Corée du Sud et, surtout, les États-Unis, les menaçant régulièrement de «frappes stratégiques» et de «guerre totale».

Aujourd’hui, comme c’est le cas tous les jours depuis plusieurs mois, les textes de l’agence de presse gouvernementale nord-coréenne se font l’écho de la rhétorique belliqueuse des dirigeants nord-coréens : «Le premier ministre visite des unités de la Défense sur les îlots de Jangiae», «La Corée du Nord prévient les États-Unis et la Corée du Sud contre le terrorisme politiquement motivée contre la République démocratique de Corée», «La Corée du Nord dénonce les crimes (sic) des services de renseignements sud-coréens», « La Corée du Nord informe le Conseil de Sécurité du danger imminent de guerre nucléaire dans la péninsule coréenne».etc.

En outre, ce mercredi, l’agence officielle nord-coréenne annonce que le Bureau politique du Comité central du Parti du Travail de Corée (PTC) a publié mardi une décision sur la tenue d’une réunion plénière du Comité central, soulignant que «les membres du parti, le personnel de service et tous les autres se sont tournés vers la juste lutte contre les États-Unis», ajoutant que «Le Bureau politique du Comité central du PTC [a décidé]de tenir sa séance plénière à la fin de mars pour discuter et décider d’une question importante pour faire avancer victorieusement la révolution coréenne et faire un virage drastique dans l’accomplissement de la cause révolutionnaire.»

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Personne ne sait jusqu’où le régime de Pyong yang ira sir la voie de la guerre mais Washington s’est dit «préoccupé par toute menace brandie par les Nord-Coréens» et «prêt à répondre à toute éventualité».

La Corée du Nord avait d’ailleurs placé mardi son artillerie et ses unités stratégiques de missiles longue portée, en ordre de combat.

Ces unités doivent se tenir prêtes à «attaquer toutes les bases militaires américaines dans la région Asie-Pacifique, y compris sur le continent nord-américain, Hawaî et Guam, ainsi qu’en Corée du Sud».

C’est dans ce contexte explosif que le moindre incident pourrait être l’étincelle qui met le feu aux poudres. D’ailleurs, le jet d’une grenade par un soldat sud-coréen à la frontière, mercredi avant l’aube, a provoqué une mise en alerte côté Sud, de courte durée, mais une mise en alerte quand même.


Corée du Nord : bruit de bottes (Vidéo : Euronews)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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