Washington répond aux menaces nord-coréennes en renforçant sa défense anti-missile

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Face à la menace nord-coréenne d’une attaque nucléaire préventive, le secrétaire à la Défense, Chuck Hagel, a annoncé, ce vendredi 15 mars, que les États-Unis ont décidé de renforcer leur défense antimissile en déployant 14 intercepteurs supplémentaires sur la côte Ouest américaine, à Fort Greely, en Alaska, et à la base aérienne de Vandenberg, en Californie.

Les Américains font ainsi passer leur nombre d’intercepteurs de missiles de 30 à 44, augmentant de 50% leurs capacités de défense anti-missile.

Le régime de Pyongyang n’est pas jugé encore capable de menacer directement le territoire américain, mais il a manifestement effectué des progrès ces derniers mois en lançant avec succès en décembre un missile balistique, puis, seulement deux mois plus tard, en réalisant un troisième essai nucléaire.

« La Corée du Nord […] a récemment fait des progrès dans ses capacités et s’est engagé dans une série de provocations téméraires et irresponsables», a déclaré le secrétaire américain à la Défense.

Les États-Unis ignorent ce qui se passe dans les cercles du pouvoir nord-coréen et ne sont pas en mesure non plus d’exercer de pressions diplomatiques sur le régime de Pyongyang. Sa seule force de dissuasion reste donc sa supériorité militaire écrasante.

Les États-Unis ont aussi le devoir de protéger d’une attaque nord-coréenne leurs deux principaux alliés en Asie, la Corée du Sud et le Japon.

La défense anti-missile américaine

Les missiles américain intercepteurs basés au sol sont conçues pour faire exploser les ogives des missiles ennemis en vol. Le système, en place depuis 2004, dispose de 26 intercepteurs à Fort Greely en Alaska et quatre à Vandenberg Air Force Base en Californie.

La rhétorique belliqueuse de la Corée du Nord a incité les États-Unis à accélérer le projet d’ajouter 14 autres intercepteurs, qui était déjà dans les cartons.

Un an après après être arrivé à la tête de son pays, Kim Jong Un, s’est montré encore plus belliqueux que son père, au grand dam de certains responsables américains qui avaient espéré un nouveau départ dans les relations avec la Corée du Nord.

Le déploiement des nouveaux intercepteurs débutera sous peu et sera achevé d’ici la fin de 2017. La Défense a aussi commencé la recherche d’un troisième site potentiel sur la côte ouest pour d’autres intercepteurs basés au sol.

Le secrétaire américain, Chuck Hagel, a aussi déclaré que les Etats-Unis vont également déployer un système supplémentaire de radar de détection anti-missile précoce au Japon, destiné à protéger les États-Unis et leurs alliés en Asie.

Par contre, on ne sait pas encore quel sera l’impact de l’ajout de ces 14 intercepteurs et d’un nouveau système de détection précoce aura sur le budget du Pentagone.

Les missiles intercepteurs sont fabriqués par Orbital Sciences, Boeing est l’entrepreneur général pour l’ensemble du programme et, bien sûr, plusieurs autres entreprises de l’industrie de la Défense sont impliquées dans le projet. Le radar de détection anti-missile précoce, quant à lui, est fabriqué par Raytheon.

Nul doute qu’il faut prendre les menaces nord-coréennes au sérieux mais, de toutes façons, «Notre politique est de rester en tête de la menace – et de continuer à veiller à ce que nous soyons en avance sur le développement potentiel de missiles balistique intercontinentaux iraniens ou nord-coréens», déclarait un peu plus tôt cette semaine le sous-secrétaire à la Défense, James Miller.

Le secrétaire à la Défense Chuck hagel annonce le renforcement de la défense anti-missile(Vidéo: TPC)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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