Arrivée d’un avion d’aide humanitaire en République centrafricaine

0

Deux semaines après la prise de pouvoir par la coalition rebelle de la Séléka, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a annoncé mardi 9 avril l’arrivée à Bangui, la capitale centrafricaine, d’un avion-cargo transportant 23 tonnes d’articles médicaux essentiels, notamment obstétricaux.

Il s’agit de la seconde livraison d’aide humanitaire importante en République centrafricaine.

Depuis le renversement du régime du président Bozizé, qui s’est réfugié au Cameroun lorsque que les rebelles se sont emparés de la capitale le 24 mars dernier, le pays a été en proie à l’insécurité et aux pillages. Les hôpitaux et les centres de santé ont alors subi de de lourdes pertes d’articles de première nécessité et d’équipement médicaux.

«Cette distribution marque une étape essentielle dans le rétablissement de l’accès des enfants et de l’ensemble de la population à des soins médicaux», a déclaré le représentant de l’UNICEF à Bangui, Souleymane Diabaté, dans un communiqué de presse publié le 9 avril, ajoutant: «Mais ce n’est que le sommet de l’iceberg, si on considère les besoins existants. Les pillages ont été très nombreux dans un pays où les conditions de survie des enfants sont déjà parmi les plus difficiles du monde.»

Des personnes déplacées en République centrafricaine lors de précédentes flambées de violence. Photo: Archives/ H. Caux, HCR)
Des personnes déplacées en République centrafricaine lors de précédentes flambées de violence. Photo: Archives/ H. Caux, HCR)

Dans son communiqué, l’UNICEF estime «que l’ensemble de la population centrafricaine – près de 4,6 millions de personnes, dont plus de 2,3 millions d’enfants –, est directement touchée par le conflit en raison de l’effondrement des services de base et de l’ordre public.»
À peine 13% des 172 millions de dollars demandés au titre de l’aide humanitaire d’urgence ont été reçus à ce jour, alors que la situation risque de s’aggraver souligne l’agence onusienne.

La Centrafrique suspendue de la Francophonie

Par ailleurs, le Conseil permanent de la Francophonie (CPF), présidé par le sénégalais Abou Diouf, a annoncé cette semaine la suspension de la République centrafricaine, tout en reconnaissant la décision prise par les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) d’instaurer «un dispositif institutionnel de transition» en Centrafrique.

En annonçant sa décision, le Conseil de la Francophonie, a rappelé que, pour préserver la démocratie,« la Francophonie condamne les coups d’État et toute autre prise de pouvoir par la violence, les armes ou quelque autre moyen illégal.»

Les membres du CPF ont toutefois convenu de réexaminer leurs positions lors de la prochaine session, fixée au 28 juin 2013, «en fonction des avancées constatées dans le processus de transition démocratique» en République centrafricaine.

Point de la situation en Centrafrique

Le chef rebelle Michel Djotodia, qui s’était autoproclamé président, mais n’avait pas été reconnu par la communauté internationale, a dû accepter le 4 avril dernier les termes d’un processus proposé par les chefs d’État d’Afrique centrale qui s’étaient réunis la veille en sommet extraordinaire à N’Djamena, au Tchad.

Le processus de transition démocratique prévoit la création d’un Conseil national de transition (CNT), qui doit être formé par toutes les composantes de la société centrafricaine.

Le Conseil sera chargé de désigner un président intérimaire pour une période qui ne devrait pas excéder 18 mois, et de rédiger une nouvelle Constitution. Il jouera aussi jun rôle législatif.

Le nouveau gouvernement centrafricain, formé il y a une semaine par Nicolas Tiangaye, ne devrait pas pour autant être dissout et le processus de transition pourrait permettre à Michel Djotodia de rester au pouvoir s’il devenait le président désigné, des élections n’étant prévues qu’en 2015.

Pendant ce temps, sur le plateau de TV5 Monde aujourd’hui, le premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye a dû admettre que les pillages se poursuivaient, impliquant, entres autres, des rebelles de la Séléka.


Le premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye sur TV5 Monde (Vidéo : TV5)

À lire aussi:

Près de 40 000 réfugiés centrafricains dans les pays voisins, selon le HCR >>

Processus de transition en Centrafrique: la Séléka doit partager le pouvoir >>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.