Ban Ki-moon se déclare satisfait des efforts des dirigeants soudanais et sud-soudanais

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Le Président du Soudan Omar Al-Bachir et le Président du Soudan du Sud Salva Kiir en juillet 2011 (Photo: Isaac Billy/ONU)
Le Président du Soudan Omar el-Béchir et le Président du Soudan du Sud Salva Kiir en juillet 2011 (Photo: Isaac Billy/ONU)

Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l’ONU, dont la mission au Soudan a perdu 12 personnes dans des circonstances tragiques le 9 avril dernier, s’est déclaré «encouragé» par le dialogue entre les Présidents du Soudan du Sud et du Soudan, s’est réjoui de la reprise de la production pétrolière et a félicité les dirigeants des deux pays de leurs efforts pour régler la question frontalière.

Les membres de la Mission des Nations Unies au Soudan ont aussi aussi rendu hommage à leurs 12 collègues tués dans l’embuscade du 9 avril dans l’État de Jonglei.

Vendredi 12 avril, le président soudanais, Omar el-Béchir, avait rendu visite à Juba, la capitale du Soudan du Sud, à son homologue sud-soudanais, Salva Kiir.

Cette visite, perçue par les observateurs comme un signe d’apaisement est la première depuis un an et demi, la dernière visite remontant au 9 juillet 2011, jour de l’accession du Soudan du Sud à l’Indépendance.

Le Secrétaire général s’est déclaré pour sa part satisfait des efforts des dirigeants des deux pays.

Le contentieux entre les deux pays

Les relations entre les deux pays sont empoisonnées par les questions des redevances sur l’acheminement du pétrole, le tracé des frontières et l’action mouvements rebelles locaux.

Les deux pays ne s’entendent pas sur le montant des redevances que le Soudan du Sud, sur le territoire duquel se trouve la plupart des richesses pétrolières, doit verser au Soudan pour acheminer son pétrole à Port Soudan, en territoire soudanais, pour y être exporté.

Le tracé des frontières (une ligne de 2 000 km)depuis la partition est un autre sujet de discorde, tout particulièrement dans la région d’Abyei où, au printemps 2012, les deux pays se sont violemment affrontés pour le contrôle cette zone.

Enfin, l’action des mouvements rebelles locaux alimentent l’animosité entre les deux pays, Khartoum accusant Juba de soutenir les rebelles du Kordofan Sud et du Nil Bleu (deux États soudanais) et d’apporter son aide aux rebelles du Darfour, alors que, Juba, à son tour, accuse Karthoum d’attiser les violences interethniques dans l’État de Jonglei.

L’embuscade du 9 avril

C’est dans ce contexte que, mardi 9 avril, ont été tués cinq Casques bleus sept membres du personnel civil de la Mission des Nations Unies dans ce pays (MINUSS).

En juillet 2011 que le Conseil de sécurité, estimant une menace pour la paix et la sécurité dans la région la situation au Soudan du Sud , qui venait alors d’accéder à l’indépendance après 6 ans de combats, avait institué la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).

Dans le cadre de leur mission, les Casques bleus effectuent régulièrement des patrouilles dans ce secteur de l’État de Jonglei où ils ont été attaqués afin d’y assurer la protection des civils et escorter les convois d’aide humanitaire.

Les douze victimes sont tombées dans une embuscade tendue par des assaillants non identifiés à proximité du village de Gurumuk, dans l’état du Jonglei. Neuf autres Casques bleus et personnels civils ont été blessés et certains sont portés disparus.

Le Secrétaire général, sa Représentante spéciale pour le Soudan du Sud et le Conseil de sécurité avaient vigoureusement condamné cette attaque et exhorté les autorités du pays à faire traduire ses auteurs en justice.

La Mission des Nations Unies a donc rendu hommage aux 12 collègues tués dans une embuscade le 9 avril dans l’état de Jonglei. Parmi les victimes, se trouvaient cinq Casques bleus dont les corps ont été rapatriés en Inde, d’où ils étaient originaires. Les « soldats de la paix » ont été salués pour le courage dont ils ont fait preuve pour protéger le convoi civil qu’ils escortaient.

Ban Ki-moon satisfait

Le Secrétaire général s’est déclaré «encouragé» par les discussions constructives qu’ils ont eues sur la mise en œuvre des accords qu’ils ont signés à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 27 septembre 2012 et les invite à maintenir cet élan positif ».

En mars dernier, à Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie et siège de l’Union Africaine, les deux pays se sont mis d’accord sur un plan de sortie de crise pour la question pétrolière et, depuis samedi dernier, 6 avril, la production sud-soudanaise a repris.

Le Secrétaire général s’est donc félicité de la reprise de la production pétrolière, « signe important de progrès vers la normalisation des relations entre les deux parties ».

Après avoir suspendu ses exportations pétrolières l’an dernier, le Soudan du Sud avait accepté en mars dernier de les reprendre et le premier cargo devrait atteindre Port-Soudan le mois prochain.

Quant au conflit frontalier, les deux pays avaient décidé la création d’une zone tampon démilitarisée entre eux. Vendredi, lors de leur rencontre à Juba, les deux dirigeants se sont engagés à poursuivre leurs efforts pour résoudre la question d’Abyei.

Dans la déclaration d’hier, le Secrétaire général félicite donc «les deux Présidents pour leur décision de poursuivre leurs efforts afin de résoudre la question d’Abyei, conformément à la matrice de mise en œuvre » et les exhorte à régler leurs différends à ce sujet.

«À la fin du mois de mars, la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA) avait été en mesure de dépêcher la toute première mission de vérification du retrait des forces des deux pays de la zone démilitarisée située à proximité de leur frontière commune», rappelle le service d’information de l’ONU.

Le Conseil de sécurité avait en effet établi un Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance de la frontière, formé de représentants soudanais et sud-soudanais. Cette mission, selon la FISNUA, a confirmé « qu’il n’y avait pas de présence de forces armées » à Tishwin et à Kiir Adem, qui se trouvent à l’intérieur de la zone démilitarisée d’Abyei.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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