Bientôt un téléphone rouge entre la Chine et la Corée du Sud

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Le téléphone rouge Moscou-Washington, datant de l'administration Carter, ici au Jimmy Carter library and Museum (Photo : WikiC)
Le téléphone rouge Moscou-Washington, datant de l’administration Carter, ici au Jimmy Carter Library and Museum (Photo: Archives/Wikimedia Commons)

Il n’y a peut-être plus de téléphone rouge entre les deux Corées, mais la Chine, elle, est prête à des discussions tripartites avec la Corée du Sud et les États-Unis et s’est entendue avec la Corée du Sud pour établir une ligne d’urgence directe entre Pékin et Séoul.

La Chine considère «favorablement» la tenue d’un dialogue tripartite, mais non officiel, avec la Corée du Sud et les États-Unis sur la question nord-coréenne, rapportait en effet jeudi l’agence sud-coréenne Yonhap.

Ces discussions, auxquelles prendraient part des représentants du gouvernement et des universitaires des trois pays, ont été proposées par le ministre des Affaires étrangères sud-coréen, Yun Byung-se.

Le but de ces rencontres serait de consolider la coopération politique des participants sur la question sécuritaire nord-coréenne.

Yun et son homologue chinois Wang Yi, qui se sont entretenus à Pékin mercredi 24 avril, se sont entendus pour ouvrir une ligne directe de communication disponible 24h sur 24 permettant aux deux parties de se consulter plus rapidement sur le problème nord-coréen.

Ironie du sort, la Corée du Nord avait annoncé le mercredi 27 mars que son armée coupait la ligne téléphonique d’urgence avec les forces armées de la Corée du Sud, rompant ainsi le dernier lien direct entre les deux pays.

Et, avant cela, à la mi-mars, le Nord avait interrompu le téléphone rouge entre Pyongyang et Séoul, lien de communication entre les gouvernements en cas d’urgence, qui datait de 1971 et qui avait auparavant été suspendue à cinq reprises par le Nord.

La ligne militaire suspendue le 27 mars servait quant à elle à organiser les mouvements de transports et de biens sur le complexe industriel de Kaesong, à l’arrêt maintenant que la Corée du Nord en a interdit l’accès aux travailleurs sud-coréens et en a retiré les travailleurs nord-coréens.

À défaut d’un téléphone rouge entre les deux Corées, le Sud disposera dorénavant d’une ligne directe avec Pékin.

La tension dans la péninsule coréenne ne cesse de grimper depuis le troisième test nucléaire de la Corée du Nord en février, Pyongyang ayant menacé Séoul et Washington à plusieurs reprises en représailles aux sanctions des Nations-Unies suite à l’essai nucléaire nord-coréen.

La Corée du Sud et les États-Unis ont proposé un dialogue à la Corée du Nord à condition qu’elle abandonne son programme d’armement nucléaire et, de son côté, la Corée du Nord a fait connaître, semaine dernière une liste de conditions préalables à un dialogue avec la Corée du Sud et les États-Unis, dont le retrait des sanctions onusiennes, ce que les États-Unis et ses alliés ont rejeté.

L’une des différences importantes entre cette crise et les précédentes est sans doute la position de la Chine qui, cette fois, non seulement a voté avec les autres membres du Conseil de sécurité les sanctions contre son allié nord-coréen, mais a clairement fait savoir qu’elle ne tolèrerait pas le «chaos» à sa porte.

Désolé! Il n’y a pas de Kim Jong-un au numéro que vous avez composé!

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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