Catherine Ashton presse l’Iran de répondre à l’offre des P5+1 sur le nucléaire

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Catherine Ashton, Haute représentante de l'Union européenne pour les questions de politique étrangère et de sécurité avec le ministre turc des Affaires étrangères le 3 avril à Ankara (Photo: Union européenne)
Catherine Ashton, Haute représentante de l’Union européenne pour les questions de politique étrangère et de sécurité avec le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, le 3 avril à Ankara (Photo: Union européenne)

L’Iran doit impérativement répondre à l’offre formulée par les grandes puissances pour que les négociations sur son programme nucléaire prévues vendredi et samedi au Kazakhstan aient une chance d’aboutir, a déclaré ce mercredi 3 avril la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, à Ankara.

La Haute représentante de l’Union Européenne pour les questions de politique étrangère et de sécurité, était en Turquie aujourd’hui, où elle a rencontré le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan et le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoğlu pour des discussions approfondies sur un large éventail de questions, y compris les relations bilatérales entre l’Union européenne et la Turquie ainsi que d’un certain nombre de questions de politique étrangère.

«J’ai très hâte de rencontrer le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères.La Turquie est un partenaire clé de l’UE dans la région, surtout lorsqu’il s’agit de défis difficiles de politique étrangère tels que la crise en Syrie. Je crois aussi que cette année nous avons une chance de créer une dynamique sur la bonne voie Turquie à l’UE», avait déclaré Catherine Ashton avant la visite.

À deux jours de la reprise des négociations avec l’Iran sur son programme nucléaire, que Mme Ashton mènera au nom des cinq membres du Conseil de sécurité de l’Onu (Etats-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne) plus l’Allemagne (P5+1), la chef de la diplomatie européenne s’est déclarée prudemment optimiste, ajoutant toutefois :«Mais je suis aussi pleinement consciente du fait qu’il est très important que nous obtenions une réponse (de l’Iran).»

Les négociations fin février dernier entre l’Iran et les six médiateurs internationaux sur le dossier nucléaire iranien n’avaient pas abouti et il avait été décidé de créer des groupes d’experts chargés d’étudier les initiatives formulées par les deux parties. Les résultats de ces études devant être présentés lors de nouvelles rencontres entre les médiateurs et l’Iran en mars à Istanbul et en avril à Almaty.

Lors des dernières discussions à Almaty, au Kazakhstan, en février, les grandes puissances avaient proposé à Téhéran d’assouplir les sanctions sur le commerce de l’or et autres métaux précieux, ainsi que l’embargo sur les importations de produits pétrochimiques iraniens, en retour de la suspension, par l’Iran, de son programme d’enrichissement de l’uranium à 20% dans son usine de Fordow.

Téhéran n’a pas formellement répondu à cette offre mais les négociateurs iraniens ont laissé entendre qu’il ne la jugeaient pas satisfaisante.

Lors de son passage aux Émirats arabes unis, le 2 avril, dans le cadre de sa tournée d’une dizaine de jours au Moyen-Orient et dans le Golfe persique, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, avait aussi pressé l’Iran de répondre aux inquiétudes que suscite son programme nucléaire : « […]nous sommes vivement préoccupés par les tendances qui se dessinent derrière les menaces qui pèsent sur la stabilité dans la région. Nous sommes déterminés à lutter ensemble contre la prolifération des armes nucléaires et nous demandons à l’Iran de répondre aux inquiétudes que suscite son programme nucléaire en collaborant pleinement avec l’Agence internationale de l’énergie atomique et en engageant un dialogue productif avec le groupe P5+1.», avait déclaré le ministre canadien.

Lors de la visite du président américain en Israël, le mois dernier, le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu s’était dit «prêt, s’il le faut» à attaquer les sites nucléaires iraniens.

Barack Obama, pour sa part, avait réitéré sa position, rappelant qu’il privilégiait une solution diplomatique pour endiguer la menace nucléaire de Téhéran, mais ajoutant néanmoins qu’il conservait «toutes les options sur la table».


La conférence de presse de Catherine Ashton, Haute représentante de l’Union européenne pour les questions de politique étrangère et de sécurité et du ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, le 3 avril à Ankara (Vidéo: Union Européenne)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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