Chine: 21 morts lors d’affrontements dans la région instable du Xinjiang

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Le nouveau leader chinois, Xi Jinping, doit faire face aux fortes tensions entre Han et Ouïghours dans la région autonome du Xinjiang (Photo: Archives/CCTV)
Le nouveau leader chinois, Xi Jinping, doit faire face aux fortes tensions entre Han et Ouïghours dans la région autonome du Xinjiang (Photo: Archives/CCTV)

Selon un bilan établi par les autorités chinoises, 15 civils, policiers ou agents municipaux ainsi que six militants ont trouvé la mort, ce mercredi, dans de violents affrontements, au cœur de la région instable du Xinjiang.

Six militants ont été tués lors de ces heurts alors que les forces policières ont procédé à huit arrestations, comme l’a confié à l’AFP M. Cao, un responsable du district de Barchuk. Selon le site internet de presse chinois Tianshan, une opération policière de recherches de caches d’armes aurait permis de repérer un groupe préparant des «actes terroristes».

«Trois travailleurs ont rencontré des personnes suspectes et des couteaux qui devraient être sous le contrôle de la police au cours d’une visite à leur famille dans le district de Barchuk», a ainsi évoqué le journal chinois. «Ayant informé la police de la situation, ils ont été pris en otage par des truands qui étaient cachés dans la maison. Les policiers locaux venus s’occuper de la situation ont été attaqués par les truands, qui ont tué les trois otages sur place et mis le feu à la maison», a-t-il précisé.

Régulièrement secoué par des troubles en raison des fortes tensions entre la communauté des Ouïghours, musulmans turcophones, et celle des Han, ethnie majoritaire en Chine, le Xinjiang a été le théâtre, à plusieurs reprises, d’affrontements violents et meurtriers entre les forces de l’ordre et des militants ouïghours, qualifiés de «terroristes» par les autorités.

En 2009, des émeutes sanglantes dans la capitale provinciale Urumqi avaient coûté la vie à près de 200 personnes alors que 1 600 autres avaient été blessées. Si Pékin a, par la suite, fait de nombreux efforts pour assurer le développement et la sécurité de la région, les conflits ethniques se sont poursuivis.

Dans cette immense région autonome, représentant un sixième du territoire chinois, la communauté ouïghour est majoritaire avec près de neuf millions de personnes. Plusieurs mouvements de protestation se sont érigés à l’encontre de Pékin pour dénoncer la répression culturelle et religieuse dont certains Ouïghours s’estiment victimes. Également dénoncé par les militants, la stratégie prônée par le gouvernement chinois a découlé sur une immigration massive de Han dans la région.


Nouvelles violences meurtrières en Chine dans la région autonome du Xinjiang – 24 avril 2013 (Vidéo: Euronews)

Une répression policière dénoncée par Amnesty International

Dans un rapport publié le 4 juillet dernier, Amnesty International a dénoncé le comportement de Pékin, accusé de mener une politique de répression et d’intimidation à l’égard de dizaines d’Ouïghours dans la région.

S’appuyant sur de nouveaux témoignages démontrant que le gouvernement chinois continue «d’intimider» les familles de personnes disparues qui ont révélé les abus commis pendant et après les violences de juillet 2009, l’organisation a également précisé que les autorités chinoises ont exécuté neuf personnes accusées d’avoir fomenté les violences et en ont arrêté et jugé plusieurs centaines d’autres.

Fin juillet 2011, 20 personnes avaient également trouvé la mort dans des affrontements dans la ville de Hotan, alors que, quelques jours plus tard, 14 personnes ainsi que cinq assaillants avaient péri dans des attaques à l’arme blanche perpétrées dans la ville de Kashgar.

Alors que Pékin avait envoyé une brigade d’élite de la police antiterroriste, les autorités de la ville de Kashgar avaient émis un communiqué accusant des extrémistes religieux prônant le «djihad» (guerre sainte) d’avoir fomenté ces attaques.

Selon le site internet de la ville, des suspects avaient expliqué après leur arrestation que le cerveau des attaques s’était entraîné au Pakistan. «Il était allé au Pakistan rejoindre l’Etim [Mouvement islamique du Turkistan oriental] et a été formé au maniement d’explosifs et d’armes à feu avant de revenir au Xinjiang», avait déclaré la municipalité. «Tous les membres de son groupe adhèrent à une idéologie religieuse extrémiste et prônent le jihad. Ils ont planifié de violentes attaques terroristes pour miner la stabilité […] et séparer le Xinjiang de la Chine», avait-elle ajouté.

Au travers des récentes attaques et de la répression menée par les forces de l’ordre, Pékin doit à nouveau faire face aux considérations autonomes de la région et au ressentiment de plus en plus prononcé d’une majeure partie de la communauté à l’égard des autorités chinoises.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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