Corée du Nord: Séoul ne se laissera pas faire

7
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lève la main, avec d'autres fonctionnaires, pour adopter une déclaration lors d'une réunion plénière du comité central du Parti des Travailleurs au pouvoir, à Pyongyang, le 31 mars 2013. (Photo: KCNA)
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lève la main, avec d’autres fonctionnaires, pour adopter une déclaration lors d’une réunion plénière du comité central du Parti des Travailleurs au pouvoir, à Pyongyang, le 31 mars 2013. (Photo: Archives/KCNA)

Face aux menaces persistantes de Pyongyang, la Corée du Sud a promis, ce lundi, «une riposte violente et immédiate» en cas de «provocation» de la part de son voisin nord-coréen. De quoi renforcer une tension déjà palpable dans la péninsule coréenne avec le récent déploiement de chasseurs américains F-22.

À l’issue d’un entretien avec de hauts responsables militaires et son ministre de la Défense, la présidente sud-coréenne, Park Geun-Hye, est montée au créneau pour dénoncer la stratégie belliqueuse de Pyongyang à l’égard de Séoul.

«Je pense que nous devrions opposer une riposte violente et immédiate sans aucune autre considération politique si [le Nord]s’aventure à une provocation contre notre population», a-t-elle déclaré, mettant ainsi en garde le régime de Kim Jong-Un en cas de lancement des hostilités.

«En tant que commandant en chef des armées, j’ai confiance dans les décisions de l’armée en cas d’attaques surprises de la part de la Corée du Nord, ils sont en première ligne face aux menaces du Nord», a ajouté la chef d’État sud-coréenne, ce lundi.

Des déclarations qui interviennent alors que la situation s’envenime au cœur de la péninsule coréenne. Ce lundi, un porte-parole des forces américaines a assuré à l’AFP que des chasseurs furtifs F-22 Raptor étaient arrivés la veille en Corée du Sud pour participer à l’exercice annuel conjoint «Foal Eagle», mené jusqu’au 30 avril prochain par les États-Unis et la Corée du Sud.

NOTRE DOSSIER SUR LA CORÉE DU NORD >>


De son côté, Pyongyang a affirmé, ce samedi, être «en état de guerre» avec son voisin sud-coréen. La veille, Kim Jong-Un a donné l’ordre aux unités concernées de se préparer à des frappes de fusées stratégiques contre les États-Unis et les bases américaines dans le Pacifique et en Corée du Sud.

Ces menaces faisaient suite au survol du territoire sud-coréen par des bombardiers américains B-52 et B-2, dans le cadre de l’exercice «Foal Eagle». D’après le US Strategic Command, il s’agit de témoigner «de l’engagement des États-Unis et de sa capacité à défendre la République de Corée et de fournir la dissuasion [nucléaire] élargie à nos alliés dans la région Asie-Pacifique».

Cet exercice conjoint est vivement décrié par Pyongyang, assurant qu’il s’agit d’une provocation manifeste à l’égard du régime nord-coréen. Pour autant, à l’image de Séoul, Washington n’entend pas céder aux pressions devenues récurrentes de la part de la Corée du Nord.

«Les Nord-Coréens doivent comprendre que ce qu’ils font est très dangereux […] Nous devons dire clairement que nous prenons très au sérieux les provocations de la Corée du Nord et que nous y répondrons», a ainsi déclaré au Pentagone le secrétaire américain à la défense, Chuck Hagel.

La Corée du Nord affirme sa puissance nucléaire

De son côté, Pyongyang poursuit sa démarche belliqueuse de jour en jour. À l’issue d’une réunion du comité central du parti unique, le parti du Travail, ce comité présidé par Kim Jong-Un a décidé, ce dimanche, que le droit de la Corée du Nord à posséder des armes nucléaires «devrait être inscrit dans la loi» et que son arsenal serait amélioré «en qualité et en quantité».

Ce lundi, l’Assemblée suprême du peuple, le Parlement nord-coréen, a adopté à l’unanimité une ordonnance attestant de la «consolidation de la position d’État disposant d’armes nucléaires pour l’autodéfense», d’après l’agence de presse gouvernementale KCNA. Ce texte officialisant le statut de puissance nucléaire de la Corée du Nord a été entériné en compagnie de deux autres lois, traitant du développement dans le domaine spatial et de la mise en place d’un bureau d’État chargé de ce développement.

De nombreux spécialistes s’accordent pour dire que les menaces nord-coréennes ne déboucheront pas sur une attaque à destination de Séoul ou Washington, puisqu’elle conduirait le régime de Pyongyang à sa propre perte. Mais cette atmosphère de tension palpable laisse craindre un éventuel débordement dramatique qui pourrait s’avérer irréversible.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

Discussion7 commentaires

  1. Monique Dagenais

    Les États-Unis en état d'alerte concernant une attaque nucléaire
    * 'Red Dawn' scenario is kid's play compared with this scenario

    Les autorités américaines s'inquiètent que la Corée du Nord pourrait utiliser son "lanceur spatial" pour exploser un engin nucléaire à haute altitude sur les États-Unis, la création d'une impulsion électromagnétique qui pourrait détruire des parties importantes du réseau électrique ainsi que des infrastructures critiques du pays.http://www.wnd.com/2013/04/u-s-on-alert-for-overhead-nuclear-blast/#OqasPWUCAR0L1gkW.99