Côte d’Ivoire: le gouvernement appelle au calme après les violences post-électorales

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Le président ivoirien Alassane Ouattara (d), aux côtés de sa femme Dominique (c) et du président de la commission électorale, Youssouf Bakayoko (g), le 21 avril 2013 à Abidjan (Photo: Archives/Issouf Sanogo/AFP)
Le président ivoirien Alassane Ouattara (d), aux côtés de sa femme Dominique (c) et du président de la commission électorale, Youssouf Bakayoko (g), le 21 avril 2013 à Abidjan (Photo: Archives/Issouf Sanogo/AFP)

Secoué par des heurts dans plusieurs localités du pays, le gouvernement ivoirien a «fermement condamné» ces violences, ce mercredi, lançant également un appel au calme pour permettre la publication complète des résultats des élections locales et régionales, déroulées ce dimanche.

«Nous appelons les citoyens au calme et à respecter les résultats des urnes proclamés par la CEI [Commission électorale indépendante]», a déclaré devant la presse la porte-parole adjointe du gouvernement, Affoussiata Bamba-Lamine. «Nous condamnons tous les actes de violences, de quelque bord qu’ils soient», a-t-elle précisé à l’issue du Conseil des ministres, ajoutant qu’ «il y a beaucoup de passions autour des élections locales, nous le déplorons, nous le regrettons».

Principaux acteurs des violences actuelles, les partisans des deux grands partis de la coalition gouvernementale, le Rassemblement des républicains (RDR) du président Alassane Ouattara et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ex-chef d’État Henri Konan Bédié, ont poursuivi leurs contestations, ce mercredi, comme l’a constaté l’Agence France Presse.

Trois jours après la tenue des élections locales et régionales dans l’ensemble du pays, le quartier de Koumassi, à Abidjan, a, de nouveau, vu s’opposer des partisans du maire sortant, Raymond N’dohi, et des partisans de son rival, Bacongo Cissé, du RDR. Des habitants du quartier ont fait état de violences perpétrées par des «jeunes […] armés de gourdins et de machettes», alors que les «forces de l’ordre ont jeté des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants».

Des heurts qui avaient débuté dès mardi soir à l’annonce des résultats électoraux de la municipalité. Selon Inza Diomandé, porte-parole de la CEI, les urnes ont également été détruites par «près de 200» casseurs au centre de compilation des résultats de Treichville, un quartier populaire d’Abidjan. «Malheureusement les forces de l’ordre n’ont pas pu contenir les casseurs», a regretté ce porte-parole.

D’autres quartiers d’Abidjan ainsi que Yamoussoukro ont été touchés par ces violences, à l’issue desquelles aucun bilan officiel n’a, pour l’heure, été donné. Pour autant, on parle, du côté des autorités, d’une cinquantaine de blessés.

«Neuf communes» du pays ont été touchées à des degrés divers par des cas de destructions ou vols d’urnes, d’après une source au sein de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), qui a appuyé les forces de sécurité ivoiriennes le jour du vote.

Le FPI pro-Gbagbo «ne reconnaîtra pas les résultats»

Dénonçant une «parodie de scrutin émaillée de violences extrêmes» et marquée par «la fraude» dans «de nombreuses localités», le Front populaire ivoirien (FPI) de l’ancien président Laurent Gbagbo avait décidé de boycotter ce scrutin, à la participation limitée à seulement 30% selon la CEI.

Deux ans après la fin d’une crise post-électorale ayant fait quelque 3.000 morts et conduit à l’arrestation de l’ex-président Gbagbo, le porte-parole du FPI, Richard Kodjo, a annoncé, ce mercredi, que le parti «ne reconnaîtra pas les résultats» de ce vote et qu’il «lance un appel à tous les démocrates, à toutes les forces de progrès afin qu’ils s’unissent sur une plateforme de lutte contre le régime liberticide de M. Alassane Ouattara».

Dans le même temps, l’ancien président Gbagbo a appris, ce mardi, la confirmation des sanctions que lui impose l’Union Européenne notamment le gel des avoirs et l’interdiction de voyager.


Élections ivoiriennes : Dépouillement sous tension – 23 avril 2013 (Vidéo: Alqarra TV)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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