Des centaines de Sud-Coréens piégés par la Corée du Nord au parc industriel de Kaesong

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Le complexe industriel de Kaesong, en Corée du Nord (Photo: Mimura, WikiC)
Le complexe industriel de Kaesong, en Corée du Nord (Photo: Mimura, WikiC)

Mise à Jour 03/04/13, 14h00

Kim Hyung-suk, porte-parole du ministère de l’Unification sud-coréen, chargé des relations entre Séoul et Pyongyang, a déclaré ce matin qu’une partie des employés déjà présents dans le complexe ont pu quitter les usines, mais les 179 travailleurs sud-coréens qui devaient se rendre au complexe de Kaesong sont toujours bloqués à la frontière.

Le Nord, selon ce porte-parole, a indiqué ce matin qu’il n’autoriserait que les départs depuis Kaesong et interdirait les trajets vers le site. Donc, contrairement aux évènements de 2009, alors que des travailleurs sud-coréens étaient resés piégés sur le site trois jours, le Nord ne retiendra donc pas contre leur gré les travailleurs sud-coréens qui doivent rentrer chez eux.

Le ministre de la défense sud-coréen, Kim Kwan-jin, avait averti pour sa part ce mercredi 3 avril que toutes les options, y compris militaires, seraient envisagées si la sécurité des Sud-Coréens qui se trouvaient toujours dans la zone de Kaesong, en Corée du Nord, était menacée.

La Corée du Nord a augmenté la pression sur Séoul en restreignant la liberté de mouvement dans le parc industriel de Kaesong, exploité conjointement par les deux Corée, mais qui se trouve sur le territoire du Nord, piégeant ainsi des centaines de travailleurs sud-coréens du mauvais côté de la frontière, du côté nord et bloquant l’accès à des centaines d’autres qui devaient s’y rendre travailler.

Au début des années, le complexe industriel de Kaesong avait été établi conjointement par les deux Corée.

Situé à 10 km de la frontière entre les deux Corée, mais du côté nord, le parc industriel est le résultat d’un effort de coopération économique entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.

Sa construction a commencé en juin 2003. En août 2003, les deux Corée ont ratifié une entente économique destinée à faciliter les investissements. Et, finalement, le parc a ouvert ses portes en décembre 2004.

Chaque jour, des centaines de Sud-Coréens franchissent la frontière pour se rendre à leur travail dans le parc de Kaesong.

On ne sait pas pour l’instant si le régime de Pyongyang veut véritablement mettre à éxécution ses menaces de fermer la zone industrielle de Kaesong, qui génère 2 milliards $ par an en échanges commerciaux pour le Nord et 80 millions de dollars en salaires en espèces qui vont directement à son gouvernement.

Pyongyang a restreint les mouvements des travailleurs au parc industriel de Kaesong après que les États-Unis eurent déployé encore plus de ressources militaires en Corée du Sud, en réponse à la décision de la Corée du Nord de redémarrer le réacteur nucléaire de Nyongbyon, utilisé pour produire du plutonium pour son programme d’armement nucléaire.

À 20h54, heure de Montréal, 861 travailleurs sud-coréens étaient encore dans la zone qui abrite 123 entreprises sud-coréennes en territoire nord-coréen. Ces entreprises, qui fabriquent, notamment, des appareils électroménagers de bas de gamme, procurent aussi du travail à plus de 50.000 Nord-Coréens.

De ce nombre446 travailleurs sud-coréens devaient franchir la frontière pour rentrer en Corée du Sud mercredi, mais n’ont pas encore reçu l’autorisation du Nord leur permettant de rentrer chez eux, selon le ministère sud-coréen de l’Unification.

En 2009, la Corée du Nord avait déjà fermé sa frontière dans un geste de colère pour protester contre la tenus d’exercices militaires américano-sud-coréens. Des centaines de travailleurs sud-coréens étaient alors restés bloqués dans Kaesong pendant plusieurs jours jusqu’à ce que le parc reprenne ses activités normales.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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