Des promesses de 3,7 milliards $ pour le Darfour à la Conférence de Doha

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Cérémonie d'ouverture de la Conférence internationale des donateurs pour la reconstruction et le développement du Darfour, à Doha, au Qatar (Photo: Albert González / MINUAD)
Cérémonie d’ouverture de la Conférence internationale des donateurs pour la reconstruction et le développement du Darfour, à Doha, au Qatar (Photo: Albert González / MINUAD)

Lors de la Conférence de Doha, la capitale du Qatar, les bailleurs de fonds internationaux ont fait lundi 8 avril des promesses de contributions d’un montant total de 3,7 milliards de dollars, soit la moitié de l’objectif des 7,2 milliards $que s’étaient fixés les organisateurs du forum.

De son côté, le Secrétaire général Ban Ki-moon a appelé ce même jour le gouvernement soudanais à faciliter l’accès des travailleurs humanitaires et le développement de projets au Darfour.

Les récentes violences au Darfour ont entraîné la mort de civils et le déplacement de quelque 100 000 personnes qui ont maintenant besoin d’assistance humanitaire et amené l’ONU à tirer la sonnette d’alarme sur la situation au Darfour.

«La stratégie de développement pour le Darfour reconnaît que, si les conditions ne sont pas idéales, la population est prête pour le changement. Nous partageons la responsabilité de garantir une paix durable et inclusive au Darfour. La résolution du conflit est primordiale pour la consolidation de la paix et la stabilité du pays dans son ensemble », a déclaré Ban Ki-moon depuis La Haye, où il était en visite.

Le nouveau chef de l’Opération hybride Union africaine-Nations unies au Darfour (MINUAD), Mohamed Ibn Chambas, entamait d’ailleurs sa mission ce mois-ci au Soudan, où il est arrivé lundi 1er avril.

Pendant plusieurs semaines, le nouveau chef de la MINUAD aura des rencontres avec les dirigeants soudanais, l’administration du Darfour, les représentants de l’Onu, les ambassadeurs étrangers et les employés de la MINUAD.

Le secrétaire de l’ONU a demandé au gouvernement du Soudan de faciliter le travail de la MINUAD , celui des agences humanitaires et des partenaires internationaux pour le développement, tout en respectant les droits de l’homme. « Le gouvernement du Soudan doit clairement démontrer son engagement à respecter ses engagements financiers pour soutenir la reconstruction et le développement au Darfour », a bien précisé Ban Ki-moon.

Les hostilités entre le gouvernement soudanais et une multitude de groupes de rebelles font toujours rage au Darfour depuis 2003. Selon l’Onu, les affrontements, la maladie et la famine ont fait environ 300 000 morts dans cette province, alors que les autorités soudanaises, quant à elles, ne font état que de 10 000 morts.

Le secrétaire général des Nations-Unies a rappelé, rapporte le service d’information de l’ONU, «que les efforts afin de parvenir à une solution politique au conflit, qui étaient au point mort depuis longtemps, avaient repris en juillet 2012 lorsque le Document de Doha pour la paix au Darfour a été signé par le gouvernement soudanais et le principal groupe rebelle, le Mouvement de libération et de justice.», auquel il importe de donner suite.

En mars 2013, un autre groupe frebelle du Darfour, une faction dissidente du Mouvement de justice et d’égalité du Soudan, s’est également joint au processus de paix et la télévision soudanaise annonçait hier que les autorités soudanaises et des représentants cette faction dissidente avaient signé un accord de paix le samedi 6n avril au Qatar.

Toutefois, ce n’est pas la première fois qu’un pareil accord est signé: en 2006, l’accord d’Abidjan n’a jamais été respecté, pas plus que les deux précédents accords de Doha, signés en 2009 et en 2011, Khartoum n’ayant pas, jusqu’à maintenant, vraiment appliqué les accords signés.

Par ailleurs, à Khartoum dimanche 7 avril, neuf officiers de l’armée soudanaise ont été condamnés à des peines allant de deux à cinq ans de prison pour leur rôle dans une tentative de coup d’Etat l’an dernier.

La peine la plus lourde, cinq ans, a été prononcée contre le brigadier général Mohammed Ibrahim qui, ironie du sort, avait joué un rôle dans le coup d’État de 1989 qui a porté au pouvoir l’actuel président Omar el-Béchir.


Des promesses de 3,7 milliards $ pour le développement du Darfour (Vidéo : Al-Jazzera)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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