Enquête sur les armes chimiques: l’ONU lance un nouvel appel à la Syrie

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Le Secrétaire général Ban Ki-moon (au pupitre) s'adresse aux journalistes avant de s'entretenir avec Ake Sellström (à gauche), le chef de la mission d'enquête sur les allégations d'emploi d'armes chimiques en Syrie (Photo: Eskinder Debebe/ONU)
Le Secrétaire général Ban Ki-moon (au pupitre) s’adresse aux journalistes avant de s’entretenir avec Ake Sellström (à gauche), le chef de la mission d’enquête sur les allégations d’emploi d’armes chimiques en Syrie (Photo: Eskinder Debebe/ONU)

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a lancé de nouveau le 29 avril un appel au gouvernement syrien pour qu’il permette l’accès sans entraves à l’équipe des Nations Unies chargée d’enquêter sur les allégations d’emploi d’armes chimiques lors du conflit, rapporte le service d’information de l’ONU.

Mise à jour du 30/04/2013 à 18h00

Des armes chimiques ont bien été utilisées en Syrie mais des questions subsistent, a déclaré mardi 30 avril Barack Obama, réaffirmant que le recours à ce type d’armes changerait la donne du conflit, rapporte Reuters.

«Nous avons maintenant des preuves que des armes chimiques ont été utilisées en Syrie, mais nous ne savons pas par qui, ni quand, ni comment», a expliqué le président américain lors d’une conférence de presse à la Maison blanche.»

«Une enquête crédible et complète exige un accès sans entraves à tous les sites où des armes chimiques auraient été utilisées. J’exhorte une fois de plus les autorités syriennes à permettre le déploiement de cette mission dans les meilleurs délais et sans conditions préalables », a déclaré le Secrétaire général en conférence de presse, juste avant de s’entretenir avec le chef de cette mission d’enquête, Åke Sellström.

Le scientifique suédois Åke Sellström a été nommé il y a un mois à la tête de la mission d’établissement des faits, mise sur pied à la demande du gouvernement syrien avec pour objectif initial d’enquêter sur les allégations d’utilisation d’armes chimiques dans la région de Kfar Dael, située dans le gouvernorat d’Alep, mais il n’est pas parvenu à une entente avec la Syrie sur la façon de mener l’enquête.

«Je prends au sérieux les récentes informations fournies par les États-Unis au sujet de l’emploi d’armes chimiques en Syrie. Les activités sur place sont essentielles si les Nations Unies veulent […] dissiper tous les doutes entourant cette question», a renchéri Ban Ki-moon.

Pendant qu’ils attendent le feu vert des autorités syriennes pour enquêter en Syrie même, M. Sellström et ses collègues tentent tout de même de réunir et d’analyser les informations disponibles.

Journée du souvenir pour les victimes de la guerre chimique

Covention sur les armes chimiques (Crédit:OPCW)

Aujourd’hui est également la Journée du souvenir dédiée à toutes les victimes de la guerre chimique, observée chaque année le 29 avril. « Alors que nous examinons ces allégations, j’encourage toutes les parties concernées à nous permettre de faire la lumière sur les destructions haineuses causées par les armes chimiques », a plaidé le Secrétaire général.

Par ailleurs, le service d’information de l’ONU rapporte que, dans un message à cette occasion, le Secrétaire général a exhorté la communauté internationale à intensifier ses efforts pour débarrasser le monde des armes chimiques, ainsi que des autres armes de destruction massives. «Cette année, la Journée est célébrée à un moment où le spectre des armes chimiques hante à nouveau le monde. Les allégations selon lesquelles ces armes odieuses, qui frappent sans discrimination, auraient été récemment utilisées en Syrie nous rappellent que la Convention sur les armes chimiques conserve toute son importance.»

Notant que 80% des agents de guerre chimique avaient été détruits de façon vérifiable, le Secrétaire général a estimé que ces progrès constants témoignaient de l’efficacité de la Convention et des travaux de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques «Mais comme le montre l’actualité, nous devons rester vigilants. La menace des armes chimiques demeure réelle, et huit États ne sont pas parties à la Convention. Tant que celle-ci ne sera pas universelle et que les derniers stocks n’auront pas été détruits, nous n’aurons pas payé notre dette aux victimes de la guerre chimique.»

Il y a 188 États parties à la Convention sur les armes chimiques, toutefois, 2 États l’ont signée, mais pas encore ratifiée alors que 6 ne l’ont tout simplement pas signée: l’Angola, l’Égypte, la République populaire démocratique de Corée, la Somalie, le Soudan du Sud et… la Syrie.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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