Filières de recrutement de jeunes combattants islamistes: coup de filet en Belgique

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Fouad Belkacem, alias Abou Imran, porte-parole de Sharia4belgium, arrêté par les autorités belges (Photo: Archives / Radio-télévision belge)
Fouad Belkacem, alias Abou Imran, porte-parole de Sharia4belgium, arrêté par les autorités belges mardi 16 avril (Photo: Archives / Radio-télévision belge)

Coup de filet, mardi 16 avril, en Belgique, contre les filières de recrutement de combattants pour la Syrie: 48 domiciles ont été perquisitionnés dans le cadre d’une vaste opération liée au mouvement radical Sharia4Belgium dans les régions d’Anvers et de Bruxelles.

Les 225 policiers mobilisés n’ont pas trouvé d’armes ni d’explosifs, mais ont pu saisir des ordinateurs, des téléphones portables et plus de 30 000 euros.

Six personnes ont été interpellées, dont Fouad Belkacem, porte-parole du groupe islamiste Sharia4Belgium, qui purgeait une peine à domicile avec surveillance électronique après avoir été condamné pour incitation à la haine raciale, qui a été mis en examen dès ce mardi et placé en détention provisoire.

Le parquet a requis l’inculpation des personnes interpellées pour «participation à un groupe terroriste», punissable en Belgique de 10 années de prison, a révélé un magistrat du parquet, Eric Van der Sypt.

Une enquête centrée sur Sharia4Belgium

L’enquête qui a mené au coup de filet de mardi a été centrée sur Sharia4Belgium, une organisation salafiste belge radicale, dont porte-parole est Fouad Belkacem alias Abou Imran.

Le salafisme un mouvement sunnite fondamentaliste revendiquant un retour à l’islam des origines, qui prétend constituer la continuation sans changement de l’islam des premiers siècles et qui comporte une mouvance djihadiste.

Sharia4Belgium dénonce la démocratie et appelle à faire de la Belgique État islamiste.

Le groupe salafiste a fomenté des troubles à Anvers, où ils est basé, et à Bruxelles, notamment lors de la sortie du film l’«Innocence des musulmans». Il avait aussi  déjà menacé sur son site internet le ministre de la Défense, Pieter De Crem, de mort, en raison de la participation belge en 2011 à l’opération Aube de l’Odyssée en Libye.

Son leader et porte-parole, Belkacem, prêche la peine de mort pour les personnes LGBT (lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres) et a déjà déclaré qu’il priait pour Oussama ben Laden.

Belkacem, n’est pas un enfant de choeur : vol avec effraction et résistance à l’arrestation, incitation à la haine contre les non-musulmans, possession de drogues illégales.

En 2012, finalement, il été condamné à deux ans de prison pour incitation à la haine et à la violence envers les non-musulmans.

Le 7 octobre 2012, Sharia4Belgium avait annoncé sur son site web que leur organisation a été dissoute, mais les enquêteurs belges sont convaincus que le groupe est toujours actif et a organisé le recrutement et l’envoi en Syrie de 33 combattants, a révélé mardi 16 avril un responsable de la Police judiciaire d’Anvers, Stanny De Vlieger.

D’ailleurs, pas plus tard que le 3 avril dernier, sur son compte Twitter, l’orgnisation postait un message disant «Site bientôt en ligne à nouveau, les avocats en discussion avec webs.com» [l’hébergeur de son site].

 

«L’instruction montre que les membres de Sharia4Belgium auraient rejoint en Syrie des groupes de combattants aux idées salafistes djihadistes inspirées par Al-Qaïda et qu’ils participeraient à des combats et même à l’enlèvement et à l’exécution de ce qu’ils appellent des mécréants », a indiqué le parquet fédéral.

Le problème touche aussi le Canada

Cette vague d’arrestations en Belgique survient alors que le départ de volontaires pour combattre aux côtés des islamistes touche aussi d’autres pays comme la France,les Pays-Bas et, bien sûr, le Canada.

En Belgique, il y a eu le cas, très médiatisé, de deux jeunes Anversois, Brian De Mulder (19 ans) et Jejoen Bontinck (18 ans), partis à l’insu de leurs proches au début de l’année se battre en Syrie. Un Français de 38 ans proche des milieux islamistes bruxellois, Raphaël Gendron, a aussi perdu la vie dimanche dernier en Syrie.

Au Canada, cette semaine encore, le Toronto Star rapportait que c’était encore un jeune Canadien qui aurait conduit l’attaque menée dimanche 14 avril par un commando de shebabs à Mogadiscio, en Somalie, qui a fait une quarantaine de morts.

Début avril, la télévision publique canadienne de langue anglaise identifiait les deux Canadiens tués qui avaient participé en janvier dernier à l’attaque et à la prise d’otages par un groupe islamiste sur le site gazier algérien d’In Amenas, qui s’était terminé dans un bain de sang, faisant des dizaines de morts.

Les Canadiens figurant parmi les ravisseurs islamistes tués étaient deux jeunes étudiants de London, en Ontario, âgés d’environ 24 ans. L’un d’eux, Xristos Katsiroubas, était issu d’une famille grecque orthodoxe, mais se serait converti à l’islam. Tous deux étaient amis et vivaient dans un quartier résidentiel multiethnique de classe moyenne.

Dans le cas d’un troisième jeune canadien, Aaron Yoon, 24 ans, compagnon des deux ravisseurs canadiens d’In Amenas, originaires, comme lui, de London, Ontario, et qui a été condamné en juillet dernier à deux ans de prison en Mauritanie pour des activités terroristes, les documents de la cour disent qu’il a a été recruté par un islamiste, Mohammed El-Hafed, qui lui a fait écouter des cassettes de djihadistes, puis lui a demandé de rejoindre les camps.

Encore la semaine dernière, nous était révélé l’identité d’un quatrième jeune Canadien parti pour participer à l’attaque terroriste d’In Amenas, issu quant à lui d’une famille musulmane dévote, Mujahid Enderi, alias Ryan, qui était disparu depuis l’an dernier.

Autre cas particulièment troublant, début avril en Belgique: pendant les vacances de Pâques, deux jeunes mineurs de 16 ans, scolarisés à Bruxelles, auraient réussi à rejoindre la Syrie en passant par l’aéroport de Bruxelles sans être du tout inquiétés.

Ces deux jeunes avaient «une scolarité exemplaire» et «personne n’avait repéré de signe avant-coureur», a affirmé mardi la direction de leur école.

Le gouvernement belge réagit

Les autorités belges multiplient maintenant  les initiatives pour endiguer les départs. Une adresse mail a été créée pour les familles concernées, et une «task force» rassemblant les services de sécurité du pays et les autorités locales a été mise sur pied en mars.

En Belgique, le gouvernement veut maintenant renforcer le volet préventif en luttant contre la radicalisation avec l’aide des intervenants de terrain, dans les écoles et dans les mosquées. Il doit aussi examiner cette la possibilité de renforcer les contrôles aux frontières et devra intensifier la collaboration avec les principaux pays de transit. 

Un exemple à suivre pour le Canada? À vous de juger!


Dans cette vidéo de Sharia4Belgium, Abu Fariz explique que la démocratie n’est pas pour les musulmans et Fouad Belkacem explique que la Belgique doit devenir un État islamique

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Discussion2 commentaires

  1. Mais QUI veut vraiment suivre un tel mode de vie ; la charia ??
    très heureuse qu'ils se fassent prendre, il n'y a pas beaucoup de "religion" actuellement sur terre qui soit davantage en retards sur l'évolution,
    Ça ne m'inquiète pas parceque je ne pense pas qu'ils recruteront beaucoup de gens,
    en tout cas pas beaucoup de femmes !!

  2. ils se posent toujours en victime en plus !!
    toujours à 'chiailler' partout plutot que de juste respecter la façon de vivre des gens dans les pays qu'ils décident d'aller vivre,
    en plus ce sont des dangers publique,
    que ceux d'entre eux qui sont correctes me pardonnent je pense aux extrémistes, aux chialeurs etc
    ET J'EN AI PLUS QU'ASSER qu'on ne puisse même plus protester contre ces gens ; JE SUIS CHEZ-MOI c'est À VOUS de vous conformer à NOS règles !
    Nos règles qui sont, soit dit en passant, loin d'êtres attardées !
    Sur la rue quand j'en croisais je souriais et jamais JAMAIS ils ne rendent le sourire, ils sont toujours à nous regarder d'un oeil non avenant.