Fusion du front rebelle syrien al-Nousra et d’Al-Qaïda en Irak

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Le drapeau du groupe «État islamique en Iraq»(Photo: ISI)
Le drapeau du groupe «État islamique en Iraq»(Photo: ISI)

Mise à Jour 10/04/13

Le Front djihadiste Al-Nosra a annoncé mercredi 10 avril qu’il prêtait allégeance au chef d’Al-Qaïda mais entendait garder son identité en refusant le parrainage de la branche irakienne du réseau extrémiste, rapporte l’AFP.

«Nous, le Front Al-Nosra, prêtons allégeance à cheikh Ayman al-Zawahiri […]», a dit le chef d’Al-Nosra, Abou Mohammed al-Joulani, dans un message audio diffusé sur des forums jihadistes.

Tout en prêtant ainsi allégeance à Al-Qaïda, il s’est toutefois démarqué de l’annonce de parrainage faite par la branche irakienne du réseau la veille.

«Nous informons que ni le commandement d’Al-Nosra, ni sa Choura [conseil consultatif], ni son responsable général n‘étaient au courant de cette annonce. Elle leur est parvenue via les médias et, si le discours attribué est authentique, nous n’avons pas été consultés», assure le chef d’Al-Nosra.

Le chef de «L’État islamique d’Iraq» (ISI), la filiale d’Al-Qaïda en Iraq, Baker Abou al-Baghdadi, a annoncé que le le Front al-Nosra en Syrie et son groupe fusionnaient et que les deux groupes seraient maintenant être appelés «État islamique en Iraq et dans le Levant», rapporte ce vendredi 9 avril le «Site intelligence group», un organisme voué à la surveillance des sites islamistes sur l’internet.

La fusion officielle du groupe iraquien avec le front Al-Nosra qui est tête de la lutte en Syrie contre le régime d’Al-Assad représente un nouveau défi pour les nations qui appuient la lutte des insurgés syriens.

Al-Bgghdadi, le chef de l’État islamique d’Iraq, a déclaré que son groupe avait finançait depuis les premiers jours du soulèvement, il y plus de deux ans, les cellules de combattants du front Al-Nousra,un groupe de rebelles syrien désigné comme terroriste par les États-Unis.

«Il est maintenant temps de déclarer devant le peuple du Levant et du monde que al-Nusra n’est qu’une extension de l’État islamique d’Irak et une partie de celui-ci», a déclaré al-Baghdadi, ajoutant «Nous avons donc déclaré la radiation du nom d’État islamique d’Irak et du nom al-Nusra pour les regrouper sous un seul nom, l’État islamique d’Iraq et du Levant».

La présence d’islamistes au sein de la rébellion syrienne pose un problème pour les puissances occidentales et leurs alliés arabes, qui favorisent le renversement d’Assad, mais sont alarmés par la montée en puissance des combattants sunnites djihadistes musulmans dont l’idéologie farouchement anti-chiite alimentent les tensions sectaires au Moyen-Orient.

Dans sa déclaration que rapporte le Site intelligence group, le chef islamiste a dit que son groupe avait déployé des combattants aguerris et envoyé des fonds à des cellules locales d’Al-Nusra, mises en place en Syrie pour préparer le terrain pour l’insurrection armée , que son groupe s’était abstenu d’annoncer ce lien entre lui et la rébellion syrienne pour des raisons de sécurité.

Depuis cette annonce, il n’y a eu, pour le moment aucune annonce du groupe Al-Nosra lui même.

En Syrie, le Front Al-Nosra est en tête de la rébellion contre le régime Al-Assad.

Il s’est fait remarqué par de puissantes attaques à la bombe dans la région de la capitale, Damas, et dans celle d’Alep, la grande métropole du nord de la Syrie. Il s’est ensuite déployé à l’échelle nationale et plusieurs rebelles, voyant en lui la force de combat la plus efficace contre les troupes d’El-Assad, se se sont joints au groupe qui a joué cette année un rôle de premier plan dans la capture de territoire dans le nord, le sud et l’est de la Syrie.

En un seul jour de novembre, par exemple, rapporte le Site intelligence group, al-Nosra avait revendiqué la responsabilité de 45 attaques dans les provinces de Damas, Deraa, Hama et Homs, qui auraient tué des dizaines de personnes, dont 60 dans un seul attentat suicide.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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