Géorgie: aucune résolution militaire avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud

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Excluant toute résolution militaire avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, le ministre géorgien de la Défense, Irakli Alassania, a évoqué la nécessité de renforcer l'armée géorgienne (Photo: Archives/WikiCommons)
Excluant toute résolution militaire avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, le ministre géorgien de la Défense, Irakli Alassania, a évoqué la nécessité de renforcer l’armée géorgienne (Photo: Archives/WikiCommons)

Face au problème territorial en Abkhazie et en Ossétie du Sud, Tbilissi exclut toute intervention militaire pour régler ce différend tenace. C’est en tout cas ce qu’a affirmé, ce mardi, le ministre géorgien de la Défense, Irakli Alassania.

S’exprimant devant des journalistes, à Tbilissi, M. Alassania a martelé l’intention géorgienne de clarifier la situation actuelle en Abkhazie et en Ossétie du Sud sans la moindre manœuvre militaire, précisant que «la possibilité d’une escalade des conflits est minimale».

«Le principal est de garantir un processus de paix stable. Aussi, la Géorgie doit-elle faire des investissements humains dans ses relations avec les Abkhazes et les Ossètes. Je suis sûr que cela donnera des résultats. Nous n’avons tout simplement pas d’autre alternative», a assuré le ministre géorgien, cité par l’agence News-Georgia.

S’il a néanmoins mentionné la nécessité de renforcer l’armée nationale, Irakli Alassania a souligné le lancement d’échanges commerciaux avec le voisin russe. Parmi les priorités du nouveau gouvernement issu des élections législatives d’octobre 2012, cette ouverture vers Moscou intervient alors que les autorités géorgiennes et russes ont rompu toute relation diplomatique depuis août 2008 et la deuxième guerre d’Ossétie du Sud.

Aucune relation diplomatique avec Moscou depuis 2008

Carte des régions séparatistes en Géorgie (Photo: Archives/AFP)
Carte des régions séparatistes en Géorgie (Photo: Archives/AFP)

Après le démantèlement du bloc soviétique à l’issue de la Guerre Froide et l’indépendance de la Géorgie, obtenue en 1991, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud ont déclaré unilatéralement leur indépendance respective en 1992. Parmi les différents conflits ayant opposé Tbilissi à ses provinces séparatistes, le dernier en date a eu lieu en 2008 avec cette deuxième guerre, étendue ensuite à la province abkhaze.

Le 8 août 2008, la Géorgie a lancé une offensive militaire contre Tskhinvali, capitale de l’Ossétie du Sud, tuant des centaines de civils ainsi que des soldats russes déployés sur place. La riposte russe a conduit à la fin rapide des combats, débouchant, le 16 août 2008, sur un cessez-le-feu de circonstance.

Dix jours plus tard, Moscou a reconnu officiellement l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. De son côté, Tbilissi a alors considéré les deux républiques indépendantistes comme «territoires occupés» avant de rompre toute relation diplomatique avec Moscou.

Jeudi dernier, le vice-ministre de la diplomatie russe, Grigori Karassine, a mentionné le refus de Tbilissi d’écarter toute intervention militaire pour résoudre le conflit des deux républiques séparatistes.

«Malheureusement, le travail sur ce projet a de nouveau été bloqué par la partie géorgienne qui continue d’insister sur des engagements unilatéraux russes de ne pas recourir à la force. Pour nous, c’est inacceptable. De la sorte, c’est la partie géorgienne qui a bloqué le travail», a-t-il confié à l’issue du 23ème volet des négociations de Genève.

Une vision renforcée par le blocage récent d’un cargo turc, arraisonné le 20 mars dernier par les garde-côtes géorgiens alors qu’il faisait route d’Abkhazie vers le port de Trabzon. Tbilissi tenait ainsi à rappeler son interdiction pour tout navire de traverser les eaux abkhazes sans son autorisation, suite à l’indépendance auto-proclamée de la province.

Mais les récentes déclarations du ministre géorgien de la Défense laissent présager d’une avancée certaine dans les négociations diplomatiques de la région. En attendant la fin des invectives réciproques pour tenter de faire cohabiter les intérêts divergents de chacun des acteurs.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

DiscussionUn commentaire

  1. Phil Belanger

    "Le 8 août 2008, la Géorgie a lancé une offensive militaire contre Tskhinvali, capitale de l’Ossétie du Sud, tuant des centaines de civils ainsi que des soldats russes déployés sur place." Ça c'est la version russe des événements, très simplifiée.