Guantanamo, une violation flagrante du droit international, clame la commissaire de l’ONU

3
Le camp de détention Delta de Guantanamo Bay (Photo: US Department of Defense)
Le camp de détention Delta de Guantanamo Bay (Photo: US Department of Defense)

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navy Pillay, a appelé ce vendredi 5 avril les États-Unis à fermer leur prison de Guantanamo, à Cuba, où environ trente détenus sont en grève de la faim depuis février, disant que «l’incarcération indéfinie de plusieurs de ces prisonniers est une détention arbitraire et constitue une violation flagrante du droit international.»

«Je suis profondément déçue que le gouvernement américain n’ait pas été en mesure de fermer Guantanamo, alors qu’il s’est engagé à plusieurs reprises à le faire», a déclaré Navy Pillay.

«Il semblerait que près de la moitié des 166 détenus encore en détention soient éligibles a un transfert dans leur pays d’origine ou un pays tiers. Pourtant, ils restent en détention à Guantanamo Bay», a dit la Haut-Commissaire des Nations-Unies», ajoutant que «D’autres [prisonniers]auraient été désignés pour être détenus indéfiniment».

Certains d’entre eux «pourrissent» dans ce centre de détention depuis plus d’une décennie, a souligné Mme Pillay. «Cela soulève de graves questions de droit international et affaiblit gravement la prétention des États-Unis à être un défenseur des droits de l’homme, et sa position lorsqu’il s’occupe des violations des droits humains ailleurs.»

Commentant la grève de la faim des détenus de Guantanamo, la Haut-Commissaire a déclaré qu’«une grève de la faim est un acte désespéré, qui comporte un risque évident de dommages graves et durables. J’ai toujours incité les gens à penser à d’autres façons, moins dangereuses, de protester. Mais, étant donné l’incertitude et l’anxiété entourant leur détention prolongée et apparemment indéfinie à Guantanamo, il n’est guère surprenant que les frustrations débordent et qu’ils [les détenus]aient recours à de telles mesures désespérées.».

Aux dernières informations, le mouvement de grève de la faim, initié il y a plusieurs semaines, prenait encore de l’ampleur, alors que les avocats des détenus parlaient, au début de cette semaine, de 100 prisonniers qui feraient la grève de la faim sur les 166 que compte cette prison américaine.

Les autorités américaines, quant à elles, reconnaissaient que 37 prisonniers sur les 166 avaient arrêté de s’alimenter.

Pour l’avovat David Remes, qui défend 15 détenus, dont 13 grévistes, le mouvement de grève de la faim est «sans précédent par son ampleur, sa durée et sa détermination».

Incarcérés pour la plupart depuis 11 ans sans inculpation ni procès, cette grève de la faim serait, selon l’avocat, «l’expression ultime de leur désespoir», alors que s’éloigne pour eux toute perspective de sortir un jour.

Navy Pillay a aussi demandé ce vendredi à ce que des experts du Conseil des droits de l’homme de l’ONU aient accès à la prison de Guantanamo et puissent rencontrer privément les détenus.

«Personne ne suggère que les États-Unis doivent être «mous» vis-à-vis de personnes qui ont commis des crimes ou des atrocités», a encore dit la Haut-Commissaire des Nations-Unies. «Les normes internationales exigent que ces crimes soient punis. Néanmoins, les droits de l’homme sont universels et s’appliquent à tous, y compris à ceux suspectés d’avoir commis les crimes les plus graves, comme des actes terroristes.»


La Haut-Commissaire des Nations-Unies appelle les États-Unis à fermer la prison de Guantanamo (Vidéo : RT )

À lire aussi:

Le nombre de grévistes de la faim à Guantanamo pourrait atteindre 100 prisonniers sur 166 >>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Discussion3 commentaires

  1. Il me semble que la Haut-Commissaire de l'ONU n'as pas bcp de crédibilité pour critiquer les É.U. Elle l'a p-ê faite ailleurs, mais je ne l'ai pas bcp entendre critiquer d'autres pays tels que l'Arabie Saoudite, la Chine, le Hamas, ou autres.

  2. Je suis d'accord. Mais de l'autre côté, peut-être qu'on s'attend à mieux de la part des États Unis? Pour ma part, si des compagnies Russes agissent mal, je n'y fait pas trop de cas, masi quand des compagnies Canadiennes agissent mal en d'autres pays, cela m'affecte bcp. Je sais que la Haut Commissaire de l'ONU n'est pas Américain – seulement jusqu'à dernièrement, les EEUU ont été vu comme étant relativement exemplaire en ce qui concerne la justice sociale. Le monde voyait les EEUU comme étant pays de la liberté dans presque tous les sens. S'ils les voient agir différement, en certains moments, ils sont déçus.