Irak: un attentat fait 25 morts et 60 blessés lors d’un meeting électoral

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Plus d'un an après le retrait total des troupes américaines, l'Irak continue de vivre dans l'instabilité (Photo: Archives/Pardaphash)
Un nouvel attentat a fait au moins 25 morts et 60 blessés en Irak (Photo: Archives/Pardaphash)

Au moins 25 personnes ont péri et 60 autres ont été blessées samedi dans la ville de Baqouba à deux semaines jour pour jour d’un scrutin provincial dont la campagne est marquée par un regain de violences.

Lors de cet attentat-suicide perpétré à 60 km au nord de Bagdad, une grenade a d’abord été lancée dans la foule venue rencontrer Mouthanna Ahmed Abdelwahid, un candidat aux élections provinciales du 20 avril. Le kamikaze a ensuite fait exploser la charge qu’il portait sur lui.

Ahmad al-Hadlouj, 34 ans, a été blessé dans l’explosion. Il a indiqué à des médias locaux que plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées dans la rue pour le meeting électoral. Son père, un membre du bloc politique du candidat, a également été blessé.

«Ceci est notre sang (versé) pour le peuple, a déclaré al-Hadlouj. Nous allons poursuivre notre participation aux élections.»

L’attaque n’a pas été revendiqué, mais le mode d’action est identique à la façon de faire de la branche irakienne d’Al-Qaïda.

Baqouba, la capitale de la province de Diyala, est d’ailleurs réputée pour abriter des éléments de la branche irakienne d’Al-Qaïda. La province de Diyala est considérée comme l’une des plus dangereuses d’Irak, en raison de ses nombreux attentats suicide. Al-Qaïda Irak y mène une chaude lutte contre des tribus sunnites alliées aux Américains.

La campagne électorale de cette année se déroule dans un contexte plutôt tendu. L’Irak s’apprête en effet à commémorer les dix ans de la chute du régime de Saddam Hussein (le 9 avril, ndlr). Douze candidats ont été assassinés depuis le début de l’année, et le mois dernier 271 personnes ont été tuées dans des violences, faisant de mars le mois le plus meurtrier depuis août 2012.

De plus, la tension ne cesse de monter entre les sunnites et les chiites, les deux plus grandes communautés musulmanes du pays. La plupart des sources, dont la CIA et le Pew Research Center s’accordent à dire que les chiites constituent 65% de la population de l’Irak, et les sunnites 35 %.

Sous l’ère de Saddam Hussein, les sunnites occupaient les postes principaux dans les structures d’État du pays. Après l’invasion armée des États-Unis en 2003 et le renversement de Saddam Hussein, les sunnites ont perdu leur position dominante sous la pression des chiites qui ont occupé les postes clés, dont celui de premier ministre.

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Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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