Irak: violences et représailles font 110 morts en deux jours

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Mars 2013 a été le mois le plus meurtrier en Irak depuis août dernier (Photo: Archives/breakingnews,ie)
Mars 2013 a été le mois le plus meurtrier en Irak depuis août dernier (Photo: Archives/breakingnews,ie)

Selon des responsables irakiens, 110 personnes ont été tuées en deux jours de violence et d’affrontements, parmi lesquelles 92 ont péri lors des troubles liées aux manifestations et représailles anti-gouvernementales ayant émaillé le nord du pays.

Mise à jour du 24/04/2013 à 17h03

Le nouveau bilan des autorités fait état de 125 victimes lors des deux derniers jours de violences en Irak. Des responsables irakiens ont notamment évoqué la mort d’au moins sept personnes, ce mercredi, dans un attentat à la voiture piégée en soirée sur un marché de l’est de Bagdad.

 

Ce mercredi, 15 personnes, dont 12 membres des forces de sécurité et hommes armés, ont péri dans de nouvelles attaques apparemment lancées en représailles à des affrontements meurtriers la veille.

À Souleimane Bek, au nord de Bagdad, des hommes armés ont tué cinq soldats et blessé cinq autres, selon un haut officier de l’armée et un responsable administratif. Une patrouille de l’armée a déjà été la cible, ce mardi, d’une attaque de membres de tribus sunnites. Trois soldats kurdes irakiens ont été tués et 20 personnes blessées, selon Moulla Karim Shoukr, un haut responsable d’un parti kurde.

Du côté de Khales, au nord-est de Bagdad, un responsable de la police et une source médicale ont évoqué, ce mercredi, l’attaque par des hommes armés d’un point de contrôle tenu par des miliciens anti-Al-Qaïda. Quatre membres de la milice Sahwa ont ainsi été tués et cinq autres blessés, selon ces mêmes sources.

Point de départ de ces violences meurtrières, ce mardi, vingt-cinq manifestants sunnites et deux militaires ont trouvé la mort lors d’un assaut de l’armée irakienne contre un campement d’opposants au Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, près de Kirkouk, dans le nord du pays.

Tôt dans la matinée, les forces irakiennes sont intervenues dans ce campement, situé dans la localité d’Hawija, à environ 170 km au nord de Bagdad. À en croire le ministère de l’Intérieur irakien, cette intervention a été mise en place suite à l’expiration d’un ultimatum pour que les manifestants livrent les assassins d’un soldat tué la semaine dernière.

Un Premier ministre fragilisé, deux ministres sunnites démissionnaires

Après la fusillade mortelle, d’autres affrontements sanglants sous forme de représailles ont eu lieu dans le reste de la région. «Lorsqu’ils ont appris qu’il y a eu des morts et des blessés sur la place du sit-in, les membres des tribus des villages de la région ont attaqué les postes de contrôle de l’armée», a confié à l’AFP un porte-parole des manifestants, Abdel Malek Al-Joubouri. 13 d’entre eux ont perdu la vie selon des officiers irakiens.

À proximité de Ramadi, chef-lieu de la province sunnite d’Al-Anbar, dans l’ouest du pays, des manifestants armés ont tué six soldats alors qu’un septième a été enlevé, selon une source policière. De quoi porter ce tragique bilan à 92 victimes alors que 136 personnes ont été blessées lors d’affrontements et d’attaques impliquant des manifestants et des forces de sécurité, selon des responsables irakiens.

Accusé d’accaparer le pouvoir et de marginaliser la communauté sunnite, minoritaire en Irak, le Premier ministre chiite, Nouri al-Maliki, doit faire face à l’instabilité chronique du pays. Deux ministres sunnites ont même annoncé leur démission du gouvernement, ce mardi, en contestation à la répression menée par les forces de sécurité irakiennes. Une nouvelle preuve de la crise politique, identitaire et sociale que traverse le pays depuis de nombreuses années.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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