Israël: nouveaux affrontements après la mort d’un prisonnier palestinien

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La ville d'Hébron, en Cisjordanie, au sud de Jérusalem, voisine du village natal d'Arafat Jadarat, le détenu palestinien décédé à la prison israélienne de Meggido (Photo: eman, WikiCommons)
La mort du détenu palestinien, Abou Hamdiyeh, originaire de la ville d’Hébron, en Cisjordanie, au sud de Jérusalem, a déclenché de nouveaux affrontements dans la cité palestinienne (Photo: Archives/Eman, WikiCommons)

Atteint d’un cancer à la gorge, un prisonnier de haute sécurité palestinien est décédé, ce mardi, à l’hôpital Soroka de Beersheva, dans le sud d’Israël. Alors que des mouvements de protestation ont eu lieu dans plusieurs établissements pénitentiaires ainsi qu’en Cisjordanie, l’Autorité palestinienne a d’ores et déjà pointé du doigt le gouvernement israélien pour sa responsabilité dans ce décès.

Mise à jour du 2/04/2013 à 13h54

Mardi soir, la police israélienne assure qu’un groupe armé de la bande de Gaza a tiré une roquette contre le territoire hébreu. La roquette est tombée dans une zone inhabitée du sud d’Israël, sans faire de victime ni de dégât majeur, a déclaré le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld, dans des propos rapportés par l’AFP.

Des témoins avaient fait état de bombardements, plus tôt dans la journée, assurant que trois obus de mortiers avaient été tirés en provenance de Gaza. De son côté, l’armée israélienne a précisé, dans un communiqué, qu’aucun projectile n’était tombé sur le sol israélien.

Agé de 64 ans, Maisara Abou Hamdiyeh a perdu la vie, ce mardi, quelques jours seulement après son transfert de la prison à l’hôpital Soroka de Beersheva. S’il s’était plaint de douleurs à la gorge depuis neuf mois, un cancer n’avait été décelé que dans les mois qui ont suivi.

Arrêté en 2002, cet ancien général des forces de sécurité palestiniennes avait été condamné à la prison à vie en 2007 pour tentative de meurtre. Il était notamment accusé d’avoir participé au recrutement d’activistes qui devaient commettre un attentat dans un café de Jérusalem en 2002, selon le service pénitentiaire israélien.

S’il avait fait de la lutte contre les autorités israéliennes son cheval de bataille, la force tragique du cancer aura mis un terme soudain à son combat de chaque instant. Un décès qui a entraîné une vague de réactions dans la région.

Des mouvements de protestation ont ainsi eu lieu dans au moins quatre établissements pénitentiaires du pays où se trouvent des prisonniers politiques palestiniens. Des renforts ont dû être déployés sur place pour tenter de rétablir l’ordre.

Des affrontements ont également éclaté à Hébron, ville du sud de la Cisjordanie d’où était originaire Maisara Abou Hamdiyeh. Des journalistes de l’Agence France Presse ont notamment rapporté que des heurts entre manifestants et forces de l’ordre avaient eu lieu dans les rues de la ville.

Cette contestation populaire intervient quelques jours après le décès, le 23 février dernier, d’un autre détenu palestinien, Arafat Jaradat, dans une prison israélienne. Si l’Autorité palestinienne avait alors accusé l’État hébreu de «tortures», ce dernier assure, pour l’heure, que les causes restent indéterminées.

«Un meurtre prémédité»

Ce mardi, les dirigeants palestiniens ont une nouvelle fois ouvertement fait part de leurs protestations à l’égard du gouvernement israélien. Pour les principaux mouvements palestiniens, le Fatah et le Hamas, ainsi que L’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le décès de Maisara Abou Hamdiyeh constitue un «meurtre prémédité».

Des déclarations soutenues par le président palestinien, Mahmoud Abbas. «La présidence palestinienne tient le gouvernement de Netanyahou pour responsable du martyre du prisonnier Maisara Abou Hamdiyeh aujourd’hui dans les geôles de l’occupant israélien», a affirmé, ce mardi, son porte-parole, Nabil Abou Roudeina.

Après avoir annoncé officiellement la nouvelle, le dirigeant de l’association des prisonniers palestiniens, Qadoura Farès, a également accusé les autorités israéliennes d’être responsables de la mort du prisonnier palestinien à cause du refus de le libérer, dans des propos rapportés par l’AFP.

Dans un communiqué publié, ce mardi, le service pénitentiaire israélien a, pour sa part, assuré qu’une procédure de libération était en cours mais que celle-ci n’avait pas abouti. «Il y a une semaine, les médecins ont indiqué qu’il était dans une phase terminale et l’administration pénitentiaire avait demandé à la commission des libérations de le relâcher mais cette procédure qui avait été lancée n’avait pas abouti», précise le communiqué.

Ce nouveau drame laisse resurgir les critiques et contestations sur les conditions de détention dans les centres pénitenciers israéliens. Alors que plusieurs détenus ont entamé ou poursuivi une grève de la faim, ces récents évènements ont amené les Nations Unies et l’Union européenne à témoigner de leur inquiétude respective sur la situation carcérale actuelle.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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