Jamais nous n’accepterons que la Corée du Nord devienne une puissance nucléaire, déclare Kerry

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Le secrétaire américain, John Kerry, et la première ministre sud-coréenne,  Park Geun-hye, à Séoul le 12 avril (Photo: State Department)
Le secrétaire américain, John Kerry, et la première ministre sud-coréenne, Park Geun-hye, à Séoul le 12 avril (Photo: State Department)

«Jamais nous n’accepterons que la Corée du Nord devienne une puissance nucléaire», a déclaré ce vendredi 12 avril avec fermeté le secrétaire d’État américain, John Kerry, lors d’une conférence de presse conjointe à Séoul avec son homologue sud-coréen.

Le secrétaire d’État américain, après deux jours à Londres, où il a pu rencontrer ses homologues à l’occasion de la rencontre des ministres des Affaires étrangères du G8, les 10 et 11 avril, était aujourd’hui en Corée du Sud où il a eu des rencontres avec les dirigeants sud-coréens, notamment la nouvelle première ministre de la République de Corée, Park Geun-hye, le le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Yun Byung-soi.

À la conférence de presse d’aujourd’hui, le secrétaire américain a été très clair sur la question de l’accession de la Corée du Nord au statut de puissance nucléaire : «Ni les États-Unis, ni la République de Corée et la communauté internationale – nous sommes tous unis dans le fait que la Corée du Nord ne sera pas acceptée en tant que puissance nucléaire. Le discours que nous avons entendu de la Corée du Nord est tout simplement inacceptable à tous égards, et je suis ici pour faire part clairement aujourd’hui, au nom du Président Obama et des citoyens des États-Unis et au nom de notre accord bilatéral de sécurité [avec la Corée du Sud], que les États-Unis, si nécessaire, défendrons leurs alliés et se défendrons.»

Plus tard, à une question d’un journaliste de la télévision sud-coréenne sur l’ouverture des États-Unis à un dialogue avec la Corée du Nord et la nécessité pour les États-Unis de se montrer conciliants, John Kerry a tenu à préciser que, « […] si la Corée du Nord décide de tirer un missile Musudan [NDLR : missile de moyenne portée] ce qu’ils ont menacé de le faire, cela indiquerait, vraiment, qui se montre encore une fois provocateur… avec un point d’exclamation (sic)!

«Notre espoir est que nous pouvons revenir à des pourparlers», a encore ajouté le secrétaire américain à la question de l’ouverture des États-Unis au dialogue «Maintenant, demandez-vous, quelles seraient les conditions de ces pourparlers? Très simple: ils [les Nord-Coréens]doivent simplement être prêts à respecter les obligations et normes internationales qu’ils ont acceptées, et qu’il soit clair qu’ils vont passer à la dénucléarisation dans le cadre des négociations et que ces négociations puissent commencer.»

Le secrétaire américain a souligné également que «Les États-Unis et la République de Corée veulent tous deux voir une péninsule coréenne pacifique, ce qui signifie qu’elle doit être exempte d’armes nucléaires.».

Abondant dans le même sens que son homologue américain sur la question nord-coréenne, le chef de la diplomatie sud-coréenne, Yun Byung-soi, a tenu toutefois à souligner que l’alliance entre les États-Unis et son pays n’est pas seulement confinée à l’Asie, mais qu’elle est un partenariat mondial, affectant la paix et la prospérité dans le monde. «À cet égard,», a déclaré le ministre sud-coréen, «nous avons discuté de la coopération dans les domaines de la cybersécurité, le développement, la science et la technologie spatiales, ainsi que des sujets allant de quotas de visas professionnels pour les professionnels coréens, le changement climatique et les questions du Moyen-Orient, y compris la Syrie, sans oublier la prochaine visite de la première ministre sud-coréenne à Washington.

La question des capacités nucléaires de la Corée du Nord

La question des capacités nucléaires de la Corée du Nord et du rapport du renseignement militaire américain affirmant que les Nord-Coréens sont en mesure de lancer un missile nucléaire (rapport dont un membre du Comité des Forces armées a fait état hier) est aussi revenue sur le devant de la scène à la conférence de presse d’aujourd’hui.

«Maintenant, en ce qui concerne le type d’armes qu’ils [les Nord-Coréens]ou les menaces qu’ils peuvent faire permettez-moi de dire clairement – et c’est l’évaluation du Pentagone que je vous donne – il est inexact de dire que la RPDC [la Corée du Nord]a entièrement testé, mis au point ou fait preuve des capacités qui sont énoncées dans ce rapport», a déclaré John Kerry, ajoutant «Donc, nous ne fonctionnons pas avec la présomption qu’ils ont cette capacité entièrement testée et disponible. Mais de toute évidence, ils ont procédé à un essai nucléaire, il existe donc un certain genre de dispositif. Mais cela est très différent de la miniaturisation et de la prestation et de la capacité de livraison [d’un engin nucléaire].»

Pour le secrétaire américain, comme pour bien des observateurs, le plus grand danger serait un dérapage suite à une erreur : «Le plus grand danger, c’est que quelque chose se passe et qu’il y ait une réponse à ce quelque chose, et qu’alors puis les choses deviennent hors de contrôle.».

C’est pourquoi, a encore précisé le secrétaire d’État américain, le président Obama a ordonné qu’un certain nombre d’exercices militaires soient annulés, soulignant que les États-Unis avaient justement pris soin d’éviter la provocation et étaient, dans cette affaire, à la recherche d’un moyen raisonnable de résoudre ce conflit…pourvu que la Corée du Nord sache, elle aussi, se montrer raisonnable.

Le plus grand danger ici, nous en convenons tous, est une erreur. Le plus grand danger, c’est que quelque chose se passe et il y a une réponse à cela quelque chose, et puis les choses en quelque sorte par inadvertance devait devenir hors de contrôle

Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères a déclaré quant à lui, à propos du rapport du renseignement militaire, qu’il semble y avoir beaucoup de points de vue différents concernant le rapport de la DIA [la Defense Intelligence Agency, le renseignement militaire américain], mais qu’il croyait pour sa part que la capacité nucléaire de la Corée du Nord était assez élevée.

Le périple en Asie du secrétaire américain, du 12 au 15 avril, l’amènera maintenant, après la République de Corée, en Chine, le 13 avril, puis au Japon, le 14, et le secrétaire d’État américain rentrera ensuite à Washington le 15.


La Corée du Nord ne sera pas acceptée comme puissance nucléaire, déclare Kerry (Vidéo: Channel 4 Newes)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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