Le secrétaire d’État américain tente de ranimer le processus de paix au Moyen-Orient

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Le secrétaire d'État américain, John Kerry, et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Ramallah, le 7 avril (Photo : Department of State)
Le secrétaire d’État américain, John Kerry, et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Ramallah, le 7 avril (Photo: Department of State)

Le secrétaire d’État américain, John Kerry, s’est rendu à Ramallah ce dimanche pour des discussions avec les dirigeants palestiniens et lundi il se rend à Jérusalem y rencontrer les responsables politiques israéliens dans l’espoir de trouver un moyen de ramener les parties à la table des négociations.

La veille, samedi 6 avril, le secrétaire d’État américain avait rencontré à Istanbul, en Turquie, de hauts responsables turcs pour discuter d’un large éventail de questions bilatérales et mondiales, y compris la crise en Syrie et la paix et la sécurité régionales.

Ces rencontres ont pour but sont d’assurer le suivi des discussions du mois dernier alors que le secrétaire américain tente maintenant de voir comment il pourrait aider les parties à revenir à la table des négociations et rétablir un dialogue conduisant à la paix.

«Nous demeurons résolus à travailler avec les parties à parvenir à une paix durable par des négociations directes.», avait déclaré à ce sujet John Kerry avant son départ.

Rencontre avec Mahmoud Abbas

Dimanche 7 avril, donc, le secrétaire américain était l’hôte du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour les troisièmes entretiens du dirigeant américain en un peu plus d’un mois avec le leader palestinien.

John Kerry et Mahmoud Abbas ont ainsi pu poursuivre les discussions ouvertes à la fin mars lors de la visite historique du président Barack Obama au Moyen-Orient et dans les territoires.

La rencontre de 80 minutes, qualifiée de «constructive», a porté, tel que prévu, sur la manière de créer un climat propice à la relance des négociations entre Israël et la Palestine.


John Kerry rencontre Mahmoud Abbas à Ramallah (Vidéo: Jewish News One)

Toutefois, le président palestinien n’a que réaffirmé des positions déjà connues, réitérant ses demandes de gel de la colonisation israélienne et la libération des prisonniers palestiniens les plus anciens détenus en Israël.

Mahmoud Abbas demande aussi que les négociations se fasse sur la base des lignes de 1967, ce qui supposerait un retrait israélien de toute la Cisjordanie et de Jérusalem-Est occupés depuis la victoire israélienne lors de la Guerre des Six Jours de 1967.

(NDLR: La ligne dont il est question ici correspondrait aux frontières nord, sud et ouest du territoire de Cisjordanie où vivent majoritairement des résidents palestiniens. Il n’a jamais été question d’une frontière internationale ou permanente à proprement parler mais simplement d’une ligne d’armistice temporaire dont le sort reste à déterminer.)

Normalisation des relations Israël-Turquie

À Istanbul, la veille, le secrétaire d’État américain avait exhorté Israël et la Turquie à accélérer la normalisation de leurs relations, amorcée le mois dernier à l’occasion de la visite du président Obama, qui avait réussi à réconcilier les Turcs et les Israéliens, jadis alliés, mais en froid depuis la mort de ressortissants turcs lors de l’arraisonnement de la flottille partie de Turquie pour tenter de forcer le blocus de Gaza.

«La Turquie peut de nombreuses façons jouer un rôle clé, apporter une importante contribution au processus de paix […] un pays aussi dynamique et énergique que la Turquie peut avoir un impact profond sur le processus de paix», avait alors déclaré le secrétaire américain.

Mais la ministre israélienne de la Justice, Tzipi Livni, chargée du dossier des négociations avec les Palestiniens, ne l’entend pas ainsi et a exclu que la Turquie joue un rôle actif dans l’immédiat dans la relance du dialogue entre Israéliens et Palestiniens: «Le processus politique doit se dérouler de façon directe entre nous et les Palestiniens», a-t-elle déclaré à la radio israélienne.


John Kerry presse la Turquie et Israël de normaliser leurs relations (Vidéo: Euronews)

Par ailleurs, lors de son passage à Istamboul, le secrétaire d’État américain a mis en garde les Iraniens contre toute tentative de gagner du temps dans les négociations engagées avec les grandes puissances sur le dossier nucléaire alors que, de son côté, lors du discours d’ouverture de la commémoration annuelle de la Shoah dimanche soir, le premier ministre israélien a averti qu’Israël ne pouvait pas «abandonner son sort aux mains d’autres pays», même «nos meilleurs amis», face au nucléaire iranien.

Les autres étapes de la tournée de John Kerry

Après Jérusalem, le chef de la diplomatie américaine se rendra ensuite à Londres, au Royaume-Uni, les 10 et 11 avril,  pour la réunion des ministres des Affaires étrangères du G8, où il rencontrera ses homologues pour discuter d’un large éventail de sujets spécifiques à chaque pays, ainsi que de sujets d’intérêt régional et transnational.

Puis, du 12 au 15 avril, le secrétaire américain se rendra en Asie-Pacifique, où il examinera une série de questions bilatérales et multilatérales avec ses homologues de la République de Corée (Corée du Sud), de la Chine et du Japon.

Le secrétaire d’État compte, à cette occasion, réaffirmer l’engagement de l’administration à élargir et à renforcer l’économie américaine, ainsi que la sécurité et les intérêts stratégiques des États-Unis dans la région Asie-Pacifique.

John Kerry arrivera à Séoul le 12 avril, passera à Pékin le 13 avril, et se rendra à Tokyo le 14 avril pour finalement s’envoler de Tokyo pour rentrer à Washington le 15 avril.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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