La Corée du Nord annonce qu’elle va redémarrer le réacteur nucléaire de Nyongbyon

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La Corée du Nord avait désactivé le lréacteur nucléaire de Nyonbyon en 2008 (Photo: KCNA)
La Corée du Nord avait  désactivé le le réacteur nucléaire de Nyonbyon en 2008 qu’elle avait arrêté en 2007 (Photo: KCNA)

La Corée du Nord annonce son intention de redémarrer un réacteur nucléaire arrêté en 2007 malgré les résolutions de l’ONU lui interdisant tout programme atomique.

Ce mardi 2 avril le régime de Pyonyang a indiqué qu’il «réaménageait et redémarrait» toutes les installations de son complexe nucléaire de Yongbyon dont un site d’enrichissement d’uranium et un réacteur de cinq mégawatts.

Ce réacteur était la seule source de plutonium pour le programme nucléaire militaire du Nord, qui disposerait déjà, en outre, de suffisamment de plutonium pour produire entre quatre et huit bombes.

Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a pour sa part déploré cette annonce, qu’elle qualifie de «très regrettable», et appelé la Corée du Nord à «honorer les accords et les engagements du passé». «Nous allons suivre la situation de près», a précisé un porte-parole du ministère.

Un porte-parole de la diplomatie chinoise a de son côté fait part des «regrets» de la Chine et appelé à la «retenue», tout en rappelant l’attachement de Pékin à la «dénucléarisation» de la péninsule coréenne.

Cette décision est conforme à la volonté du régime de «renforcer [son]arsenal nucléaire à la fois en qualité et en quantité» et nécessaire à la résolution de «graves» pénuries d’électricité, a expliqué un responsable nord-coréen cité par l’agence de presse officielle du régime communiste, KCNA.
En 2007, la Corée du Nord avait accepté d’arrêter ses activités atomiques en échange d’une aide économique et de garanties de sécurité.

Le processus de dénucléarisation semblait bien engagé depuis la désactivation de Yongbyon en juillet 2007 et la démolition de sa tour de refroidissement en juin 2008.

Toutefois, le régime nord-coréen avait toujours refusé les inspections de ses installations et s’était retiré en décembre 2008 des négociations sur son programme avec le groupe des Six (la Chine, les États-Unis, le Japon, la Russie et les deux Corées).

En 2010, le régime de Pyonyang avait révélé qu’il travaillait sur la construction d’un réacteur nucléaire fonctionnant à l’uranium enrichi, officiellement pour une utilisation civile.

Puis, en février 2012, il avait affirmé qu’il comptait suspendre ses programmes nucléaire et de tests de missiles après un accord passé avec les États-Unis sur des aides alimentaires, mais cet accord a pris le 13 avril de la même année avec un tir raté de fusée , considérée par la communauté internationale comme un tir de missile balistique déguisé.

La mention, dans la déclaration de mardi du régime nord-coréen d’un «réaménagement» ou d’une «modification» de certains équipements du complexe de Yongbyon fait craindre qu’ils ne soient convertis en une unité d’enrichissement capable de produire de l’uranium à usage militaire.

Bon nombre d’analystes croient que le régime de Pyongyang mène depuis plusieurs années des activités d’enrichissement sur des sites secrets et que le troisième essai nucléaire a été conduit à partir d’une bombe à l’uranium.

Les États-Unis et la Corée du Sud ont prévenu la Corée du Nord qu’ils riposteraient fermement à toute «provocation».

Les États-Unis ont envoyé, ce qui est inhabituel, de bombardiers B-52 et B-2, ainsi que de chasseurs F-22 participer aux exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud.

Le Pentagone a aussi annoncé lundi avoir positionné au large des côtes sud-coréennes deux destroyers capables d’intercepter des missiles balistiques. le USS McCain et le USS Decatur, ainsi qu’un radar de défense antimissile balistique pour détecter depuis le Pacifique d’éventuels lancements de missiles nord-coréens.

La Corée du Nord veut redémarrer le réacteur nucléaire de Nyongbyon (Vidéo: Euronews)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. Crever l’abcès nord-coréen

    Quiconque s’intéresse actuellement à la Corée du Nord de Kim Jong-un ne peut s’empêcher de penser aux pays de Staline et Mao qui inspirent toujours ce dictateur. Celui-ci agit cependant de plus en plus comme un Hitler des temps modernes que les puissances occidentales devront rapidement mettre au pas pour le plus grand bien de l’humanité.

    En février, la Corée du Nord a effectué son troisième essai nucléaire. Pyongyang dispose de suffisamment de matériaux fissiles pour construire huit bombes nucléaires. En se donnant une structure pour faire des tirs balistiques, ce pays est maintenant trop dangereux pour être ignoré. Le Conseil de sécurité de l'ONU a donc décidé le 7 mars d'imposer une nouvelle série de sanctions à la Corée du Nord. Ces sanctions n’ont visiblement pas la force nécessaire pour obtenir les résultats désirés. Après avoir annulé l'Armistice signé en 1953 avec la Corée du Sud, Kim Jong-un décrète l'État de guerre et menace de détruire Séoul. Il a même décidé unilatéralement la relance de toutes ses installations nucléaires, y compris sa centrale atomique de Yongbyon fermée depuis 2007. Cette action le met en contravention à des résolutions de l'ONU.

    Les invectives contre les États-Unis et les menaces de frapper les bases américaines dans le Pacifique ne visent qu’à faire peur à une population américaine impressionnable. Kim Jong-un veut obliger la seule superpuissance restante à ne pas utiliser son autorité pour remettre au pas sa dictature. Aux prises avec un pays qui n’a pas hésité à tuer pour faire valoir son point de vue dans le passé, la nouvelle présidente sud-coréenne ne peut que se montrer très ferme. Toute faiblesse de sa part sera considérée comme un appel a plus de menaces et de tyrannies. Une riposte de la Corée du Sud devrait être suffisamment puissante pour faire tomber le dictateur.

    Soyons clair, Kim Jong un, dépend totalement de l'aide alimentaire, technique et militaire chinoise. Toutes ses actions peuvent être directement reprochées à la Chine. Les manœuvres actuelles du régime ne trahissent pas tant ses intentions réelles que la misère d'une population véritablement incarcérée dans son propre pays. Les membres de leur famille en Corée du Sud pourraient profiter de cette crise pour franchir le 38e parallèle et faire cesser cette dictature assassine. Tous les 1,2 millions de soldats de l'Armée populaire de Corée ne sont peut-être pas prêts à mourir pour satisfaire les désirs de leur dictateur. Une révolte populaire pourrait empêcher Kim Jong-un de faire une bêtise pour préserver sa crédibilité et prévenir que les poussières radioactives de son pays après sa « guerre thermonucléaire » retombent sur une partie de la Chine et de la Russie.

    Aucune erreur n’est permise. Séoul, où sont 50 millions de Sud-Coréens, n'est qu'à 40 km de la zone démilitarisée entre les deux pays. Tout missile devra être abattu en vol avant qu’il ne quitte l’espace aérien nord-coréen. Si rien ne réussit, il restera au président Barack Obama de montrer quel chef de guerre il est. Il peut faire avec la Corée du Nord ce que la France a fait avec le Mali. Si le monde plie devant le dictateur nord-coréen, il devra se mettre à genoux devant l’Iran qui utilise les mêmes tactiques d’une manière plus intelligente. Rappelons que des bombardiers israéliens ont détruit en 2007 un réacteur nucléaire nord-coréen en train d'être installés en secret en Syrie. Cette action a terminé le programme nucléaire syrien. Pour rétablir un sain environnement mondial, les petites dictatures nucléaires devront possiblement être mises au pas une après l’autre au cours des prochaines années.