La Corée du Nord donne le feu vert à son armée pour lancer des frappes nucléaires

Le général Chang Wanquan, en 2012, au centre (Photo: People's Liberation Army)
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Le général Chang Wanquan, en 2012, au centre (Photo: People's Liberation Army)
Le général Chang Wanquan, en 2012, au centre (Photo: Archives/Armée populaire de libération)

Remis à jour 04/04/13, 9h48

La Corée du Nord a monté encore d’un cran dans l’escalade des provocations en annonçant jeudi (heure de Corée) avoir approuvé le projet d’opérations militaires contre les États-Unis, y compris d’éventuelles frappes nucléaires.

L’état-major général de l’armée nord-coréenne déclare informer officiellement Washington que les Américains seront «écrasées» par des «moyens de frappe nucléaire», rapporte l’agence officielle KCNA.

«L’opération impitoyable [des forces nord-coréennes] a été définitivement examinée et ratifiée», clame l’armée nord-coréenne, selon qui une guerre pourrait éclater aujourd’hui ou demain, ajoutant: «Les États-Unis feraient mieux de réfléchir sur la grave situation actuelle», ajoute-t-elle, estimant que les vols de bombardiers B-52 et B-2 américains au-dessus de la Corée du Sud étaient à l’origine de l’aggravation de la crise.

Le régime de Pyongyang a menacé de s’en prendre à Guam et Hawaï et est en mesure de frapper en Corée du Sud et au Japon où sont respectivement stationnés 28 500 et 50 000 militaires américains.

Qui veut la paix prépare la guerre

Face à la menace nord-coréennes, les États-Unis veulent la paix, mais préparent la guerre. Ils font appel à la Chine pour calmer le jeu, tout en renforçant leurs capacités de défense et celle de leurs alliés dans cette région du monde.

Mardi 02 avril, le secrétaire américain à la Défense a eu une conversation au téléphone avec le nouveau ministre de la Défense chinois. Aujourd’hui, il a rencontré son homologue sud-coréen pour l’assurer de son soutien, tandis que le Pentagone a annoncé qu’il envoyait un autre système de défense antimissile balistique terrestre sur l’île de Guam, tout en fournissant de nouveaux équipements de ciblage pour les avions de chasse sud-coréens.

Conversation avec le général chinois Chang Wanquan

Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a discuté au téléphone mardi 02 avril avec son homologue chinois, le général Chang Wanquan, de la menace de la Corée du Nord, de frapper les bases américaines à Hawaï et à Guam.

Dans la situation actuelle dans la péninsule coréenne, la Chine est sans doute la seule puissance qui puisse se faire écouter de la Corée du Nord figurer et le secrétaire Hagel a soulevé la question hier, quand il a appelé le nouveau ministre chinois de la Défense nationale, le général Chang Wanquan, pour le féliciter pour sa nomination.

«Le secrétaire a souligné la menace croissante pour les États-Unis et nos alliés que pose la poursuite agressive par la Corée du Nord de programmes d’armes nucléaires et de missiles balistiques et a exprimé au général Chang l’importance d’un dialogue et d’une coopération sino-américaine durable coopération sur ces questions», a fait savoir le porte-parole du Pentagone, George Little, dans un communiqué publié aujourd’hui, 3 avril.

Félicitant le général Chang pour son nouveau poste, le secrétaire Hagel a dit qu’il attend avec impatience de connaître les résultats de la visite en Chine du chef d’État-major interarmées, Martin Dempsey, plus tard ce mois-ci, et a a invité le général Chang à visiter les États-Unis popur y poursuivre des consultations militaires de haut-niveau.

George Little a déclaré que les deux dirigeants ont exprimé leur intention de travailler ensemble :

«Le secrétaire a discuté de l’importance d’un dialogue soutenu, de la coopération, et de la réduction des risques», a déclaré le porte-parole du pentagone.

Plus tôt, Hagel et le vice-secrétaire à la Défense Ashton Carter avait rencontré au Pentagone le ministre philippin des Affaires étrangères Albert Del Rosario. «Le Secrétaire a déclaré qu’il était satisfait des progrès réalisés en vue d’accroître la présence de l’armée américaine aux Philippines», a dit George Little. «Ils ont discuté du renforcement des capacités américaines pour appuyer les Forces armées des Philippines et […] des questions de sécurité régionale […] et la Corée du Nord», a précisé le porte-parole.

La communauté internationale appelle Pékin à intervenir

Les appels à Pékin pour tenter d’amadouer le régime de Kim Jong-Un se multiplient.

La France a souhaité que la Chine, qui a du pouvoir sur la Corée du Nord, intervienne dans la crise. le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a annoncé qu’il se rendrait en Chine à la fin de la semaine prochaine.

À Berlin, un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Andreas Peschke, a également appelé la Chine à jouer un rôle apaisant vis-à-vis de Pyongyang.

La Russie s’est dite elle aussi très préoccupée par la situation explosive, à proximité de ses frontières en Extrême-Orient.

La Russie a jugé «totalement inacceptable» «le non-respect par Pyongyang des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU». Les initiatives de Pyongyang «pour le moins compliquent, voire bloquent les perspectives de reprise des pourparlers à six», a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe.

La Chine a, pour l’instant, demandé à toutes les parties de garder leur calme et de faire preuve de retenue.

L’Union européenne, quant à elle,, a appelé Pyongyang jeudi 4 avril à ne pas «alimenter les tensions» et à se «réengager» en faveur de la paix et de la sécurité en renonçant au redémarrage de son réacteur nucléaire de la centrale de Yongbyon.

Le secrétaire général de l’ONU,Ban Ki-moon,  a pour sa part  demandé une levée rapide des restrictions contre les travailleurs sud-coréens du complexe industriel intercoréen de Kaesong, qui se trouve du côté nord de la frontière qui sépare les deux Corée.

Pyongyang emêche encore,  jeudi, pour la seconde journée consécutive, des centaines d’employés sud-coréens de se rendre travailler  à Kaesong où on retrouve 123 entreprises sud-coréennes, pour l’instant privés de leur main d’oeuvre sud-coréenne,

Rencontre avec le ministre sud-coréen de la Défense

Par ailleurs, aujourd’hui, mercredi 3 avril,le secrétaire américain à la Défense a rencontré au Pentagone son homologue sud-coréen, Yun Byung-soi.

L’engagement américain envers son alliance avec la Corée du Sud était le thème central de la réunion d’aujourd’hui.

«Le secrétaire a exprimé sa gratitude au ministre Yun pour l’accueil qu’il a réservé au secrétaire adjoint à la Défense Ash Carter lors de son récent voyage en Corée du Sud et a dit au ministre qu’il est encouragé par le niveau élevé de consultations entre les deux gouvernements», a déclaré le porte-parole du Pentagone, George Little, dans un communiqué publié après la réunion.

Chuck Hagel a assuré le ministre Yun durable que les engagements américains de défense mutuelle et de dissuasion élargie ne changeront pas et qu’il est de notre devoir de rester vigilants en cette période de tension accrue sur la péninsule coréenne», précise Little.

«Les deux dirigeants ont discuté de l’importance des récentes résolutions du Conseil de sécurité qui sont conçus pour limiter les progrès Corée du Nord dans ses programmes nucléaires et de missiles», a-t-il déclaré, ajoutant «Bien que le ministère de la Défense reste concentré sur la réalisation des engagements de sécurité, le Secrétaire Hagel a déclaré que des efforts diplomatiques sont fondamentaux pour encourager la Corée du Nord à s’engager sur le chemin de la paix.»

Renforcement (encore) des capacités militaire

En outre , ce mercredi, le Pentagone a annoncé son intention de fournir à la Corée du Sud les mises à niveau pour les pour 60 avions de chasse F-15 combattants déjà achetés par la Corée. Les mises à jour incluent les systèmes radar et de des équipements avancés de ciblage pour ces avions de combat destinés à remplacer sa flotte vieillissante de F-4 avions.

Le Pentagone a également annoncé mercredi qu’il envoyait un système de défense antimissile à l’île de Guam, dans le Pacifique, pour renforcer la défense contre la Corée du Nord.

Il s’agit cette fois du Terminal High Altitude Area Defense (THAAD) , un système de défense antimissile balistique terrestre qui comprend un lanceur monté sur camion, et qui sera un complément des missiles d’interception, du système de radar AN/TPY-2 suivi et du système de contrôle de tir intégré déjà en place.


Point de presse du porte-parole du Pentagone, George Little, le 2 avril (Vidéo: DoD)